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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 18:47

 

 

 

 

 

Le HuffPost avec AFP  |  Par Geoffroy Clavel Publication: 25/02/2014 07h12 CET  |  Mis à jour: 25/02/2014 09h30 CET

 

CENTRAFRIQUE - Ni union sacrée, ni foire d'empoigne. Les débats au Parlement, qui seront suivis d'un vote en vue de prolonger l'intervention militaire française en Centrafrique, devraient être plus tendus qu'à l'accoutumée. Déclenchée le 5 décembre dernier sur décision du président de la République, l'opération Sangaris requiert désormais l'assentiment des parlementaires pour se prolonger au-delà de quatre mois. Le vote aurait dû intervenir fin mars-début avril, mais les travaux du Parlement seront suspendus à cette période en raison des élections municipales.

 

Si l'exécutif devrait obtenir logiquement l'assentiment de l'Assemblée nationale et du Sénat ce mardi 25 février, les craintes de voir l'opération Sangaris s'embourber dans une "guerre civile larvée" à Bangui vont néanmoins contraindre le gouvernement à redoubler de pédagogie sur ses objectifs et son calendrier militaire.

 

Début décembre, le président François Hollande avait promis une opération "rapide" pour faire cesser les violences inter-communautaires et ramener un minimum de stabilité en RCA. Mais la situation s'est rapidement révélée plus complexe que prévu et les 1.600 soldats français sur le terrain ne sont pas parvenus à faire cessez les exactions, nécessitant l'envoi en renforts de près de 400 soldats français.

 

Entre la mort accidentelle d'un soldat français et les violences inter-ethnies qui se poursuivent entre chrétiens et musulmans, le ton monte à l'Assemblée nationale, où certains dénoncent déjà "la précipitation" de l'exécutif.

 

"Le spectre du bourbier inquiète"

 

Présent ces derniers jours à Bangui dans le cadre d'une mission parlementaire, le député UMP et ancien ministre des Affaires européennes Pierre Lellouche critique "une lourde erreur du renseignement" qui a sous-estimé "le degré de violence auquel il fallait s'attendre", et une décision politique d'engager des troupes "très très improvisée". "Nos soldats sont pris dans ce qu'il faut appeler une sorte de guerre civile larvée, ou à tout le moins une épuration ethnique qui ne dit pas son nom", a-t-il déclaré à l'AFP.

 

"On nous avait promis une opération courte, nous avons la certitude que nous y sommes pour longtemps", constate le député UDI Philippe Folliot, qui était également à Bangui cette semaine. "L'exécutif s'est trompé sur le format en envoyant 1.600 hommes. Nous savons que c'est nettement insuffisant", soutient-il, tout en plaidant pour un vote favorable de son groupe. "Beaucoup s'interrogent" avant le vote de mardi, "le spectre du bourbier est quelque chose qui inquiète", souligne cet élu du Tarn.

 

A Bangui, le socialiste Jean-Paul Bacquet a constaté une situation "dramatique, où tout peut exploser d'un jour à l'autre". "Les soldats français sont d'une qualité professionnelle fantastique, mais on est en train de les conduire à la limite de l'épuisement", souligne ce député. Les élus PS voteront en bloc la reconduction de Sangaris, estime-t-il, parce qu'"il serait irresponsable de voter le retrait".

 

"On ne peut pas faire autrement [que de voter pour], évidemment qu'il faut prolonger le mandat des militaires", résume le député UMp Eric Woerth. Mais "rien n'a été réglé, le pays est toujours à feu et à sang". "On a évité un bain de sang, un massacre", mais "il n'y a pas d'Etat, aucun état: pas de justice pas de police, pas d'école, plus rien".

 

Un bilan plus que mitigé en Centrafrique

 

Résultat des courses: à gauche, les élus communistes devraient s'abstenir et les socialistes voter très majoritairement la reconduction de l'opération. A droite, les parlementaires devraient se partager entre abstention, vote pour et contre.

Au scepticisme des parlementaires, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault devrait opposer l'impératif humanitaire qui a permis à la France d'éviter un bain de sang généralisé à Bangui.

 

La présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, plaide d'ailleurs pour le maintien de Sangaris jusqu'aux élections prévues début 2015. "Ce n'est pas le moment d'abandonner la République centrafricaine", a-t-elle répété vendredi dans un entretien avec l'AFP et France Inter.

 

Si Sangaris a permis de faire baisser le niveau de violence à Bangui, le cycle des représailles entre chrétiens et musulmans a provoqué la fuite de dizaines de milliers de musulmans vers le nord et le risque d'une partition du pays. Une situation dramatique à laquelle s'ajoute l'explosion de la criminalité provoquée par les groupes armés.

 

Pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, le maintien et le renfort des effectifs français demeure "indispensable" en attendant que l'ONU prenne le relais. A terme, les Nations-Unies pourraient déclencher une véritable opération de maintien de la paix, avec près de 10.000 Casques bleus en Centrafrique. Mais il faudra pour cela obtenir le feu vert de l'Union africaine, qui traîne des pieds, de même qu'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Centrafrique: vote tendu au Parlement et critiques sur une "guerre civile larvée"

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