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25 février 2014 2 25 /02 /février /2014 22:09

 

 

 

 

 

AFP le 25/02/2014 à 20:55

 

Le Parlement a autorisé mardi à une large majorité la prolongation au-delà de quatre mois de l'opération militaire française en Centrafrique, à l'issue d'un débat au cours duquel le gouvernement a souligné l'urgence de passer le relais aux Nations-Unies.

 

Les députés se sont prononcés par 428 voix pour, 14 contre et 21 abstentions, la plupart des groupes ayant décidé de voter la prolongation. Au Sénat, le vote a été acquis par 328 voix pour, 3 sénateurs ont voté contre et 15 se sont abstenus.

 

A Bangui, la présidente de transition centrafricaine Catherine Samba-Panza s'est aussitôt "réjouie que le peuple français accepte de voler au secours du peuple centrafricain".

 

La situation humanitaire est dramatique en RCA. Selon le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) de l'ONU, au moins 15.000 personnes, essentiellement des musulmans, sont encerclées et risquent d'être attaquées par des groupes armés dans l'ouest du pays.

Devant les députés, Jean-Marc Ayrault a appelé les Nations unies à faire "davantage et plus vite" pour prendre le relais de la France.

 

Tout en admettant que les difficultés restent "considérables" en RCA, le Premier ministre a souligné les "réels progrès" réalisés depuis décembre, et assuré que l'opération française a permis d'éviter "l'embrasement général" du pays.

 

"La France n'a pas vocation de se substituer aux forces internationales auxquelles il incombe d'assurer dans la durée" la sécurisation du pays, a-t-il affirmé, en soulignant l'urgence de mettre en oeuvre une opération de maintien de paix sous casques bleus de l'ONU.

 

La logique d'un soutien aux forces françaises engagées dans une opération plus complexe que prévu a prévalu chez les élus, malgré les échanges parfois houleux entre majorité et opposition.

 

Interrogations sur les effectifs

 

Début décembre, le président François Hollande avait prédit une opération "rapide". Mais le gouvernement avait reconnu depuis que ce serait "plus long que prévu". Si les violences ont baissé à Bangui, les représailles entre chrétiens et musulmans ont provoqué la fuite de dizaines de milliers de musulmans vers le nord.

 

"Nous sommes en relais d'une opération de maintien de la paix des Nations-Unies", a martelé Jean-Yves Le Drian. Il faut, selon le ministre de la Défense, "tout mettre en oeuvre" pour qu'une élection présidentielle puisse avoir lieu comme annoncé en février 2015 en Centrafrique.

 

"François Hollande n'est pas un bon chef des armées", a asséné l'UMP Christian Jacob. Le président du groupe d'opposition a accusé le chef de l'Etat d'avoir entraîné la France dans "un piège" dont on voit mal comment elle va se sortir. L'UMP a également dénoncé comme une "aberration" la baisse programmée des effectifs de l'armée de terre alors que ses soldats sont plus que jamais sollicités.

 

La durée de l'intervention française a également été au coeur du débat. "Qu'est-ce que deux mois et demi pour un pays plongé depuis des décennies dans un chaos politique ancien et complexe, qui a fini par ébranler l'unité même de son peuple?", s'est interrogé le chef de file des députés PS Bruno Le Roux. Soulignant que "la situation ne pourra s'améliorer durablement sans une aide internationale accrue", il a affirmé que "la France pallie au plus pressé" et regretté que "certains de nos partenaires freinent des quatre fers".

 

Les interrogations ont également été nombreuses sur les effectifs français déployés (bientôt 2.000 après un renfort de 400 soldats), jugés globalement insuffisants, et le montant de la facture dont la France doit pour l'instant s'acquitter seule.

 

Rejetant les critiques selon lesquelles la France est isolée en Centrafrique, Elisabeth Guigou (PS) a souligné que l'Union européenne devait commencer à déployer à partir de mars en RCA une force qui doit compter près d'un millier d'hommes.

 

A l'Assemblée, les centristes de l'UDI ont voté la prolongation tout en exprimant des "réserves". Soutien également des écologistes (EELV), qui ont cependant regretté "la lune de miel" de la France avec le Tchad. Et après des hésitations, les élus du Front de gauche ont finalement voté en ordre dispersé.

 

D'une manière générale, les parlementaires ont réclamé une plus forte implication de l'Union européenne et une accélération du processus des Nations unies pour déployer des casques bleus.

 

Copyright © 2013 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés

 

Centrafrique : les députés français autorisent la prolongation de Sangaris

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