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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 11:26

 

 

 

 

 

http://www.metronews.fr/   : 28-02-2014 10:28

 

REPORTAGE - Plus d'un tiers des habitants de la capitale centrafricaine ont fui leur maison, par crainte d'exactions. Pour arrêter l'hémorragie et les faire revenir peu à peu, des quartiers s'organisent et imaginent des solutions nouvelles.

 

Chaque matin, après une toilette sommaire et un petit déjeuner sur le pouce, Thibault embrasse sa famille. Puis il parcourt neuf kilomètres à travers Bangui, sort ses clefs et ouvre la porte de... son domicile. Un rapide tour des lieux le rassure : les pillards ne se sont pas arrêtés chez lui cette nuit. Comme Thibault, environ 270.000 habitants de la capitale centrafricaine - soit plus d'un tiers de sa population - ne vivent plus chez eux mais sont hébergés chez des amis, de la famille ou, pour la plupart, dans un des 66 camps que compte la ville. Ils sont les déplacés de Bangui.


"Ils ne veulent pas rentrer chez eux car ils sont traumatisés, explique Ganakamba Thomas Simon, le maire du cinquième arrondissement. Ils ont vu les Séléka (musulmans) tuer, ils ont vu les anti-balaka (chrétiens) tuer, alors au moindre coup de feu aujourd'hui, ils paniquent." Cela, certains l'ont bien compris : les pillards. Ils sont devenus un tel fléau que dans certains quartiers, des clochettes ont été accrochées sur les fils des communications afin d'éviter qu'ils ne les volent. Et le soir, quand ils se mettent en chasse, ils appliquent un stratagème bien rôdé pour vider les maisons encore occupées de leurs habitants. "Ils lancent une rumeur disant que des groupes armées sont en route vers le quartier, témoigne Ganakamba. Puis si ça ne suffit pas à faire fuir les gens, quelques crépitements de kalachnikov dans la nuit feront le reste." Débandade assurée.


"Eviter de sédentariser les gens dans des camps"


Pour éviter que ses administrés en panique ne quittent tout bonnement la zone, le maire a eu une idée simple : créer un "sanctuaire" de proximité. Soit un camp d'accueil temporaire dans le quartier, pour que la population puisse trouver refuge la nuit sans trop s'éloigner. "Il faut à tout prix éviter de sédentariser les gens dans des grands camps, qui s'installent dans la durée et aboutissent à des situations humaines déplorables", martèle Ganakamba. Grâce à l'ONG Acted, le terrain réquisitionné d'une école a donc été équipé d'une quinzaine d'immenses tentes, gardées par des soldats de la force africaine Misca. Dans la nuit de mercredi à jeudi encore, 3000 habitants y ont posé leur natte, suite à des échanges de tirs. Au petit matin, ils ont regagné leurs foyers situés à quelques rues de là, pour vaquer à leurs occupations. Le concept s'avère efficace : le quartier a cessé de se vider. Et l'expérience, une première à Bangui, pourrait faire des émules.


Non satisfait d'avoir stoppé l'hémorragie, le maire a désormais une deuxième idée en tête : encourager le retour de ses administrés. Ceux-ci composent en effet la moitié des 70.000 déplacés du plus grand camp de la ville, M'Poko, à côté de l'aéroport. C'est qu'ils ont particulièrement souffert des violences inter-religieuses, notamment en décembre dernier. "Ni l'Etat, ni la Misca, ni l'armée française ne ramèneront la paix seuls, analyse Ganakamba. C'est à nous de nous prendre en main et de travailler ensemble pour ramener de la cohésion sociale". Avec les ONG et ceux de ses 27 chefs des quartiers qui sont restés comme lui, il a donc commencé à organiser d'autres projets. Médecins du monde a lancé le redémarrage progressif du centre de santé. D'autres organisations oeuvrent à la réouverture des écoles. Tout est fait pour que les habitants reprennent peu à peu pied dans leur maison, dans leur vie normale. "Personne n'a envie de rester en-dehors de chez lui", rappelle, Etienne, chef de quartier, qui cite à l'appui "un proverbe centrafricain : ta maison cache ta nudité." Traduction universelle: "Tu n'es bien que chez toi".

 

THOMAS VAMPOUILLE

Centrafrique : Hollande à Bangui, capitale hantée par les pillards

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