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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 12:56

 

 

 

 

 

 

Publié le 28.02.2014, 10h05 | Mise à jour : 11h16

 

 

 Comme annoncé, le président François Hollande est arrivé vendredi matin à Bangui pour afficher son soutien aux soldats français engagés en Centrafrique où ils sont confrontés, selon Paris, à des «difficultés considérables»


Dès son arrivée, le chef de l'état français, qui se rend pour la deuxième fois dans la capitale centrafricaine en moins de trois mois, s'est dirigé vers la base de l'opération Sangaris, située dans l'enceinte de l'aéroport de Bangui où il a passé les troupes en revue. 

 

Il a fait un point de la situation avec le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, et le commandant de l'opération Sangaris, le général Francisco Soriano.


Lors de son séjour d'une journée, François Hollande va également s'entretenir avec la présidente centrafricaine de transition Catherine Samba Panza de l'avenir politique de la Centrafrique, où des élections générales doivent en principe être organisées au plus tard en février 2015. Il rencontrera des responsables religieux, qui tentent depuis des mois d'arrêter la spirale meurtrière des violences entre chrétiens et musulmans.


«L'enjeu de cette visite est de faire le point de ce qui a été accompli depuis trois mois et de fixer les prochaines missions» de Sangaris, a-t-il déclaré. Face à la persistance des violences, la France a dû réviser les objectifs initiaux de son intervention dans son ancienne colonie. «François Hollande pensait que la mission des militaires de Sangaris allait s'achever au bout de quelques mois. Erreur», titrait d'ailleurs vendredi Le quotidien de Bangui.


La mission des 1600 soldats de Sangaris devait à l'origine être brève. Mardi le Parlement français l'a prolongée, le gouvernement reconnaissant que les troupes étaient confrontées à des «difficultés considérables sur le terrain». Paris ne voulait pas augmenter ses effectifs en Centrafrique mais, le 14 février, la présidence a dû se résoudre à envoyer 400 soldats en renfort, arrivés jeudi à Bangui.


«Remettre en place l'autorité de l'Etat»

  
Cela fait bientôt un an que la Centrafrique a basculé dans le chaos, avec le renversement en mars 2013 du régime de François Bozizé par la coalition rebelle à dominante musulmane de la Séléka. Des mois d'exactions perpétrées en toute impunité par des combattants Séléka contre la population majoritairement chrétienne ont abouti à la formation de milices d'auto-défense anti-balaka, déclenchant un cycle infernal de violences interconfessionnelles.


Ces violences ont provoqué une crise humanitaire sans précédent avec des centaines de milliers de déplacés et entraîné l'exode de dizaines de milliers de civils musulmans terrorisés. Jeudi, le commandant de Sangaris, le général Francisco Soriano, avait souligné que les Centrafricains ne pouvaient pas «tout attendre de la communauté internationale» pour pacifier leur pays. «Les Centrafricains doivent participer à la reconstruction de leur pays. Nous faisons déjà beaucoup. Maintenant, on est passé dans des opérations de sécurité intérieure où il faut qu'on implique davantage la gendarmerie et la police centrafricaines», a-t-il expliqué, en reconnaissant que les membres des forces de sécurité centrafricaines n'étaient pas payés. 


Les soldats français, qui ont perdu trois hommes depuis décembre, et les 5700 miliaires de la force africaine (Misca) - 19 tués depuis décembre - ne parviennent pas à mettre fin aux violences. Si une apparente normalité est revenue dans un bonne partie de la capitale depuis les tueries massives de décembre, les violences et les assassinats sont encore quotidiens dans certains quartiers et les 400.000 déplacés de Bangui - la moitié de la population de la capitale - restent toujours entassés dans des camps de fortune. Et en province, des zones entières restent sous la coupe de bandes armées.

Centrafrique : François Hollande est arrivé à Bangui

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