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10 février 2014 1 10 /02 /février /2014 01:30

 

 

 

 

 

http://www.leparisien.fr/   Publié le 09.02.2014, 09h58 | Mise à jour : 14h34

 

Au moins dix personnes ont été tuées à Bangui, capitale de la Centrafrique, dans un quartier du centre-ville où des pillages étaient en cours dimanche matin. Les violences ont éclaté samedi soir aux abords de la mairie du 5e arrondissement. Cinq personnes ont été tuées dans des circonstances encore non établies, puis trois autres dans des affrontements intercommunautaires et une neuvième par des soldats de la force africaine, selon ces témoins. 

 

L'ONG Human Rights Watch, qui a également fait état du lynchage à mort d'un musulman dimanche dans la matinée, près du marché central de Bangui. Un deuxième musulman a eu la vie sauve grâce à l'intervention de soldats de la Misca. Des soldats français et des gendarmes centrafricains ont pris position dans le 5e arrondissement livré aux pilleurs, au milieu de ruines de commerces encore fumantes. Le quartier était survolé par un hélicoptère de combat français, faisant baisser la tension sans arrêter les pillages.


«Dehors, les Rwandais !»


Selon des habitants, après la mort de cinq personnes samedi soir, une femme chrétienne de ce quartier mixte a été tuée par un musulman. Son agresseur a été capturé et tué, et son cadavre brûlé devant la mairie, où son corps calciné gisait au milieu de la route dimanche matin. Un deuxième civil musulman a ensuite été tué et son meurtrier s'apprêtait à jeter le cadavre dans un brasier quand les soldats rwandais de la Misca ont ouvert le feu, a raconté Innocent, un habitant du quartier. «Ils l'ont tué», accuse Innocent, au milieu d'une foule surexcitée criant "A mort les Rwandais".

 

«Les Rwandais sont tous des musulmans ! Dehors, les Rwandais !», hurlait une femme, tandis que crépitaient des rafales de kalachnikov - vraisemblablement des tirs de sommation de la Misca. Dans la mairie, une petite dizaine de soldats rwandais était retranchée : «La nuit, c'était terrible», confiait l'un d'eux. En fin de matinée, malgré les remontrances des militaires français, des bandes de jeunes pillards continuaient de venir se servir, certains équipés de brouettes ou de charrettes se glissant entre les blindés. 


Au fil des heures, le nombre de pillards n'a cessé d'augmenter : «Les Français ne vont pas nous tirer dessus», assurait en riant un jeune coiffé d'un bonnet.

 

Jean-Yves Le Drian en tournée africaine


Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian est attendu dimanche après-midi au Tchad pour une nouvelle tournée consacrée en grande partie à la crise centrafricaine. Il doit s'entretenir à N'Djamena avec le président Idriss Déby Itno, acteur militaire et politique majeur d'Afrique centrale, de la situation à Bangui, mais aussi de la réorganisation du dispositif français au Sahel, où l'armée tchadienne a combattu en première ligne aux côtés des Français lors de l'intervention au Mali début 2013. Jean-Yves Le Drian se rendra ensuite au Congo, dont le président Denis Sassou Nguesso est médiateur dans le conflit centrafricain, puis mercredi à Bangui pour sa troisième visite depuis le début, le 5 décembre, de l'opération Sangaris.


Le chef de la Misca menace de recourir à la force


Samedi, le commandant de la Misca, le général Martin Tumenta Chomua, a menacé les groupes armés de recourir à la force pour arrêter assassinats, lynchages et pillages. «Je demande à tous les hors-la-loi de déposer les armes, à tous les ex-FACA (forces armées centrafricaines, armée régulière) de rester cantonnés. Sinon, ils seront considérés comme des hors-la-loi, des bandits et trouveront en face d'eux les forces de la Misca pour mettre un terme à leurs agissements», a averti le général Tumenta Chomu, déclarant «désormais, on aura des bilans (de victimes) et des bilans lourds», sans donner davantage de précisions.


A Bangui, plus de la moitié de la population vit dans des camps de déplacés, victimes d'abord des exactions des rebelles majoritairement musulmans de la Séléka qui a pris le pouvoir en mars, puis de celles de milices chrétiennes "anti-Balaka" dans un cycle de violences et de représailles auquel la Misca et la force française Sangaris, déployée dans le pays depuis décembre, tentent de mettre fin.

 

 

LeParisien.fr 

 

Centrafrique : dix morts à Bangui, dans un quartier livré au pillage

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