Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 00:50

 

 

 

 

Mes Chers Compatriotes,

 

L'année qui s'annonce sera celle de tous les défis, de tous les espoirs pour l'unité de notre pays.

 

Dans ce contexte difficile, rappelez-vous qu'en 1958, un de nos valeureux compatriotes, un grand homme, animé par la passion et l'innocence du juste, fondait au coeur de l'Afrique un improbable projet de Nation : la République Centrafricaine. Barthélemy Boganda, incarne encore et plus que jamais l'exemple même de notre pacte national, la promesse d'un destin partagé, la promesse d'une unité parfaite.

 

Ce rêve d'unité est bien plus qu'un héritage. Il est notre combat quotidien, la lutte que nous devons mener sur les traces de ceux qui nous ont précédés dans notre longue marche vers une société plus juste, plus égalitaire, plus rassembleuse et plus fraternelle.

 

Aujourd'hui, nous avons perdu notre innocence, l'innocence d'un pays qui, chaque jour, s'enfonce un peu plus dans la pire des violences, la violence intercommunautaire et interconfessionnelle. Nous avons perdu notre innocence, l'innocence d'un enfant musulman, notre enfant, meurtri à coups de machette et dont le regard terrifié résume à lui seul tout le crime que l'on fait aux siens. Nous avons perdu notre innocence, l'innocence d'une femme battue, violée, assassinée pour les seuls motifs d'être femme et chrétienne.

 

Mes chers compatriotes, que nous arrive t-il ? Que se passe-t-il ? Quels sont ces démons qui semblent nous posséder ?

 

Avons-nous oublié que notre pays est né de la diversité de ses filles et de ses fils? Cette diversité, qu'elle soit ethnique ou religieuse, ne doit pas être un handicap. Bien au contraire : elle est une richesse et un pilier de la paix sociale dans notre pays. Nos origines peuvent être diverses. Et alors ? Nous habitons un seul et même pays. Chrétiens ou musulmans, nous sommes tous des enfants de Dieu. Ces convictions sont au coeur de notre projet républicain.

 

C'est dans cet esprit, comme la plupart d'entre vous, que j'ai été élevé et grandi dans la fierté d'être centrafricain.

 

Je suis un chrétien, fils de la Lobaye, issu de parents nés à M'Baïki. Cette région, comme beaucoup d'autres dans notre pays, a été et demeure le creuset de populations diverses venus du Nord, du Sud, de l'Est, de l'Ouest de notre pays et de bien au-delà . C'est là que des travailleurs Gbaya, Banda, Yakoma, ainsi que d'autres ont fait les beaux jours des grandes filières agricoles de notre pays. C'est là que des commerçants, souvent musulmans, formidables entrepreneurs, se sont imposés comme acteurs incontournables dans la production de notre café. C'est là que s'est forgé en moi l'absolue conviction que chrétiens, musulmans, toutes les composantes de notre pays, pouvaient vivre ensemble, marcher dans la même direction.

 

Mes chers compatriotes, nous sommes tous musulmans, nous sommes tous chrétiens. Nous partageons - tous- la même douleur, la même souffrance. Mais ne nous méprenons pas : les causes de ce conflit ne sont pas religieuses. Elles sont politiques. Nous sommes victimes, depuis des décennies, de l'avidité et de la médiocrité de nos dirigeants politiques. Nous sommes victimes d'un État fantôme qui a abdiqué devant ses devoirs et renoncé, délibérément, à exercer, ses responsabilités. Nous sommes victimes d'une classe politique qui, par cupidité et intérêt a renoncé à défendre notre indépendance, notre intégrité territoriale, et notre souveraineté.

 

Mes chers compatriotes, la crise que nous traversons est d'une gravité extrême. Le chaos centrafricain ne pourra être résolu, sans notre réaction décisive, sans notre volonté de se redresser. Cette volonté doit, avant tout, s'accompagner d'un désir de paix. Une paix sans laquelle rien ne sera possible. Mais elle doit être également une volonté de changement. Un changement par les centrafricains, pour les centrafricains.

 

Désir de paix. Volonté de changement. Tels sont les voeux que je formule pour notre pays en ce début d'année. Vous connaissez notre parti le MESAN. Vous connaissez ses valeurs, sa volonté de relever notre pays. Vous me connaissez. Je m'adresserai à vous régulièrement, obstinément, j'irai à votre rencontre. Avec vous, ensemble, nous serons les volontaires de la paix, les volontaires du changement. Que Dieu bénisse notre pays.

 

Jean-Baptiste KOBA

 

Président du MESAN

Voeux du nouvel an de Jean Baptiste KOBA Président du MESAN

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com