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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 00:42

 

 

 

 

 

 

http://www.lavoixdunord.fr   PUBLIÉ LE 05/01/2014   Par ANNE COURTEL

 

Le 7 décembre, l’association tourquennoise Passe-moi le relais avait organisé une journée autour de la Centrafrique. Depuis la situation s’est aggravée et la diaspora centrafricaine vit dans l’angoisse.

 

Les Centrafricains de Tourcoing ont passé le pire Noël de leur vie, accroché à Facebook, aux informations, tiraillé entre l’angoisse et le désespoir. Ils ont essayé malgré tout de maintenir l’étoile de l’espoir. « J’ai fait un sapin de Noël pour ma fille, parce que je ne veux pas qu’elle subisse tout cela », sourit tristement Armande Love Malepa. Il y a deux ans, elle a créé Passe-moi le relais, une association qui veut rétablir des liens entre Tourcoing et Bangui. Les deux villes étaient jumelées dans les années 60, un lien tissé par le négoce du coton. La fin de l’industrie textile avait marqué la fin des relations. S’appuyant sur la communauté centrafricaine, Armande Malepa a voulu renouer le fil. Sans savoir que la crise allait bouleverser sa vie. « La dernière fois que je suis allée à Bangui c’était en juillet pour une mission humanitaire. On pouvait encore circuler librement. Il y avait bien quelques coups de feu, par moments, mais il n’y avait pas de tueries. »

Quelques mois plus tôt, Maguy Barthaburu de l’association Manassé basée à Roubaix, avait elle aussi rejoint les siens à Bangui. C’était le 19 mars. « On sentait de l’électricité dans l’air.» Le 24 mars, les rebelles de la Seleka envahissent la capitale, le président Bozizé s’enfuit au Cameroun. « Dès les premiers jours, il y a eu des exactions. Je revois encore des scènes. » Mais Maguy Barthaburu reprend l’avion. « En revenant ici le 7 avril, je me suis dit que cela allait se calmer. Malheureusement… »

 

Un sentiment d’impuissance

 

Depuis novembre, le pays est plongé dans la violence et les ressortissants dans la terreur. «Le jour même de Noël, il y a eu une alerte aux bombardements, dans le quartier de mes parents. Tout le monde était cloîtré. J’ai appelé ma mère, elle était terrifiée », raconte Armande Love Malepa. Depuis deux mois, la diaspora centrafricaine ne dort plus. « On n’a peur d’être réveillée au milieu de la nuit pour recevoir des mauvaises nouvelles. À un moment on tombe… », raconte Armande Love Malepa. « On a les infos par Facebook d’heure en heure et cela nous provoque des stress incroyables », témoigne également Maguy Barthaburu.

 

À la peur se mêle un sentiment d’impuissance. Toute la société centrafricaine est désorganisée et les colis arrivent difficilement. « C’est terrifiant pour nous d’être aussi loin. On essaie de mettre en place des actions de réconfort pour la population mais on a l’impression que nos efforts ne portent pas leurs fruits. C’est la désolation totale sur le terrain», témoigne Armande Love Malepa. Elle a essayé d’envoyer de l’argent à la famille « mais les banques ne sont ouvertes qu’une fois de temps en temps. Et les prix ont triplé. » Maguy Barthaburu raconte : « En Centrafrique, les gens n’ont pas l’habitude de faire des réserves, même au niveau financier. Ils vivent au jour le jour. Les gens n’ont pas mis des denrées ou de l’argent de côté. » De plus, beaucoup d’hommes, soutiens de famille, ont dû fuir…

 

Et au-delà de Bangui ?

 

Armande et Maguy estiment que l’aide humanitaire est insuffisante. « Les organismes se sont fait piller leur matériel logistique. Ils sont dans le même cas de figure que la population. » Si Bangui subit une violence intense, les deux femmes s’inquiètent de ce qui se passe dans le reste du pays. Peu d’informations filtrent. « Tout est focalisé sur Bangui et un peu sur Bossangoa où sont basées les forces françaises. » Armande essaie d’avoir des nouvelles de Bambari où vit une partie de sa famille. « C’est une des villes qui a été parmi les premières touchées. Il est temps que les gens réalisent que ce n’est pas une crise comme nous en avons déjà vécu. L’intervention française est arrivée très en retard. Nous sommes en train de payer la passivité des organismes internationaux. » Elles dénoncent également l’attitude de déni du président, l’appel aux soldats tchadiens proches de la Seleka… Et Maguy de glisser dans un souffle : « Je suis là et en même temps je ne suis pas là. Je suis là-bas. »

 

Quelle solidarité mettre en place?

 

Malgré la situation dramatique de la Centrafrique, les deux responsables d’associations ne veulent pas baisser les bras. « Quand on regarde ce qui s’était passé au Rwanda, on voit que la diaspora rwandaise a eu un grand rôle sur ce qui s’est passé aujourd’hui. Aujourd’hui Centrafricains de la diaspora, nous avons aussi un rôle à jouer pour le relèvement post-conflit. » Maguy Barthaburu et Armande Love Malepa veulent mobiliser toutes les énergies. « Au niveau de la région ici, nous avons pas mal de gens qui ont travaillé là-bas, ou ont des liens avec la Centrafrique. Ils sont prêts à nous soutenir dans nos actions. On avait commencé à monter un répertoire sur les amis de la Centrafrique en Nord - Pas-de-Calais. Notre vie est ici mais nos racines sont là-bas. On garde l’espoir. » Suite à la journée autour de la Centrafrique qui a eu lieu le 7 décembre à Tourcoing, des actions ont commencé à se mettre en place via la communauté urbaine et la ville de Tourcoing. Les associations veulent également organiser des repas sous forme de tables d’hôtes pour récolter des fonds. Le premier pourrait avoir lieu à Tourcoing et sera ouvert au personnel municipal.

Lu pour vous : Tourcoing : L’angoisse de la communauté centrafricaine

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