Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 02:39

 

 

 

 

 

http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/   25.01.2014

 

Article paru vendredi dans l'Edition du Soir,  d'Ouest-France.

 

L’avènement de la rébellion nordiste en Centrafrique et sa prise du pouvoir à Bangui constituent-elles l’événement fondateur du mouvement anti-balaka (terme qui signifie sabre ou machette en langue mandja) ? La question mérite d’être posée. A la clé : la validation ou l’invalidation de la thèse qui voudrait que les combats entre rebelles de la Séléka et miliciens anti-balaka soient ceux de musulmans contre des chrétiens.

 

L’apparition des anti-balaka. 


L’existence de milices paysannes d’auto-défense (les anti-balaka sont littéralement ceux qui sont invulnérables au sabre ou à la machette) est antérieure au renversement du régime Bozizé, en mars 2013. Membre d’un des groupes anti-balaka de l’Ouham (nord de la RCA), Dieudonné témoigne : "Nous sommes des auto-défenses depuis que l’ancien président Bozizé avait dit de se défendre par nous-mêmes contre les bandits. Nous ici, nous sommes comme ça depuis 2009." 


Le père Jean-Marius Toussaint Zoumalde, un capucin du couvent Saint-Laurent de Bouar (nord-ouest) explique : "Auparavant, ils traquaient les coupeurs de routes parce l’armée et les gendarmes en étaient incapables. Maintenant, ils veulent se venger des exactions commises par les Sélékas." Ces coupeurs de route, les Zaraguinas, sévissent dans le nord et l’ouest depuis une quinzaine d’années; les forces gouvernementales ont toujours été incapables de les neutraliser. D’où la création de milices communales, comme les anti-balaka et les "archers" (des groupes réellement armées d'arcs!) qui protègent les troupeaux et les villages.

 
On aurait donc tort de croire que ces miliciens sont apparus en septembre dernier, après les exactions massives des rebelles de la Séléka.

 

Les anti-balaka, des chrétiens ? 


Depuis décembre et le début des affrontements directs à Bangui entre rebelles de la Séléka et anti-balaka, ces derniers sont présentés comme des milices chrétiennes. "Ce sont des animistes, pas des chrétiens. Leurs marabouts leur donnent des gri-gris pour les protéger des balles ; ils ont des pratiques occultes. Ce sont des jeunes qui protègent leurs villages et leur territoire depuis des années", corrige Toussaint Zoumalde.


En réalité, les anti-balaka sont issus de toutes les communautés, qu’elles soient chrétiennes, musulmanes ou peuhls. Toutefois, la plupart sont animistes. Ils passent des rites initiatiques. Ils sont bardés de gri-gris et d’amulettes qui les protègent des balles. Leur arme de prédilection ? Le "ga na pointe", un fusil de fabrication traditionnelle qui tire du "double zéro" (calibre 12).

 

Un mouvement récupéré ?

 
Le témoignage de Dieudonné est intéressant : "Nous voulons la sécurité chez nous en luttant contre les envahisseurs, c’est tout. Les anti-balakas qui racontent qu’ils sont pour Bozizé, c’est leur problème. On n’est pas tous comme ça", explique-t-il. 


Effectivement, les rangs des anti-balaka ont été grossis par l’arrivée début décembre de supporters de l’ex-président Bozizé dont le fils a été très actif et par le retour d’ex-membres des Forces armées (FACA) qui avaient fui au Congo et au Cameroun. Toutefois, ce voisinage, voire cette alliance de circonstance, n’est pas sans tensions, ainsi que l’a remarqué Toussaint Zoumlade à Bouar : "Les jeunes anti-balakas reprochent aux ex-FACA de n’avoir pas combattu la Séléka et de s’être enfuis."


Désormais, et on doit le regretter, tout opposant ou résistant à la Séléka est présenté comme un anti-balaka et est donc considéré comme un chrétien. C’est un raccourci rapide qui réduit les tensions à l’affrontement de deux groupes, alors que le "front" anti-séléka est assurément multiforme et guidé par des ambitions, politiques, sécuritaires…, bien distinctes.

Lu pour vous : RCA: les anti-balaka, milices vraiment chrétiennes?
Lu pour vous : RCA: les anti-balaka, milices vraiment chrétiennes?

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com