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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 23:54

 

 

 

 

 

http://www.lunion.presse.fr/  PUBLIÉ LE 19/01/2014 - MIS À JOUR LE 19/01/2014 À 15:47

 

Par Anaïs Gerbaud, avec notre correspondante locale

 

PAVANT (02). Expatriée centrafricaine et habitante de Pavant, Noëlla Fouriscot raconte sa jeunesse et le quotidien de sa famille dans ce pays en guerre.

 

Noëlla Fouriscot a passé les fêtes de fin d’année la peur au ventre. Sa mère, une partie de ses frères et sœurs, nombre de ses amis vivent à Bangui, la capitale centrafricaine. Dans sa maison à Pavant, chaque jour elle craint que sa famille ne lui annonce une mauvaise nouvelle.« C’est dur, je n’arrive pas toujours à les joindre ». Certains des siens, des oncles et tantes ont été tués ces derniers mois.

 

Âgée de 37 ans, elle est née et a grandi dans ce pays d’Afrique centrale, dans une famille de confession chrétienne. Arrivée en France il y a onze ans, elle a vécu plusieurs coups d’État ou périodes de troubles, comme en 1995 ou 2001. Mais elle n’a « jamais vu » une telle vague de violence.

 

« C’est par la télévision que j’ai le plus d’informations »

 

Tant de massacres et de pillages, elle n’aurait pas pensé que le pays en arriverait là. Dans les quartiers et les villages, chrétiens et musulmans vivent côte à côte. « Là-bas, on s’entend très bien avec les musulmans. On a grandi, mangé avec eux. Eux et la Séléka, ce ne sont pas les mêmes. »

 

Pourtant, sa mère continue à « protéger » ses voisins musulmans. Sur place, les habitants s’informent mutuellement de l’arrivée des bandes armées. En cas de danger, « des guetteurs se mettent au bout de la rue et passent le message, téléphonent »

 

« Mes sœurs et cousines ont été victimes de viols. Ils ont braqué l’une de mes sœurs, qui s’est installée dans une maison il n’y a pas très longtemps. Des gens ont mis toute la famille par terre. Ils leur ont dit : si vous ne sortez pas tout ce que vous avez, votre argent, on tire sur les enfants. Ils ont saccagé la maison. » 

 

Aujourd’hui, tous sont réfugiés au foyer rural de l’église. Au quotidien, les membres de sa famille doivent donc fuir les rebelles et changer d’endroit en permanence.

 

Elle nourrit beaucoup d’espoir dans l’intervention de l’armée française. « Je dis merci ».« Mais ils n’ont pas beaucoup de moyens, il aurait fallu une coalition de plusieurs pays d’Europe », commente son mari Roger.

 

Créer une association

 

« C’est par la télévision que j’ai le plus d’informations », dit-elle, à moitié rassurée par les dernières informations qui évoquent un retour au calme. « Ma belle-mère ne nous dit pas tout, poursuit son mari. Elle ne veut pas nous inquiéter. Et puis, ils sont peut-être sur écoute. »

 

Deux de ses sœurs sont en exil : l’une au Cameroun et l’autre au Tchad. L’aide humanitaire ne parvient pas jusqu’à sa famille. Sa mère est gravement malade, mais n’a pas accès aux soins. « Il faut beaucoup de moyens pour se faire soigner, même dans les hôpitaux publics. Quand j’étais là-bas, il ne fallait pas tout cet argent. C’est un pays qui ne fonctionne plus. »

 

Rester ici, sans pouvoir agir, Noëlla n’en peut plus. Elle a écrit au président du parti du Rassemblement démocratique centrafricain, « pour qu’il rétablisse la paix ». Le couple a envoyé des médicaments au pays. Expédié le 6 janvier, le colis est toujours bloqué à Roissy. Cette aide, l’expatriée veut la pérenniser dans la création d’une association humanitaire.

Lu pour vous : Récit d’une expatriée centrafricaine

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