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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 16:38

 

 

 

 

 

Le président du Conseil national de transition (CNT), Alexandre-Ferdinand Nguendet commence lundi 13 janvier ses consultations en vue de la désignation d’un président de transition.

http://www.la-croix.com   13/1/14 - 09 H 00

 

Il remplacera le président Djotodia, qui a démissionné vendredi sous la pression de la communauté internationale.

 

Il ne pourra cependant pas être candidat à la présidentielle qui devra se tenir au plus tard au premier semestre 2015.

 

Le président centrafricain contraint de démissionner au Tchad

 

La situation semble temporairement s’apaiser en Centrafrique. Certes des pillages isolés de commerces se sont produits, dimanche 12 janvier dans la matinée dans Bangui, la capitale, après une nuit relativement calme mais sans commune mesure avec les scènes de violences qui avaient suivi l’annonce de la démission vendredi du président Michel Djotodia, qui s’est réfugié dimanche au Bénin. Profitant de ce calme relatif, le Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire) va débuter lundi ses consultations avec la classe politique et la société civile en vue de l’élection du successeur du président démissionnaire.

 

L’intérim, 15 jours au maximum, sera assuré par le président du CNT, Alexandre-Ferdinand Nguendet, une fois que la Cour constitutionnelle aura constaté la vacance du pouvoir. La Cour devrait l’annoncer lundi et le président du CNT sera alors chargé d’organiser l’élection d’un président de transition, lors d’une session spéciale : une tâche herculéenne. Il s’agit de trouver une personnalité compétente, intègre et respectée – et non ambitieuse –, qui devra pacifier et remettre en marche en quelques mois un pays très pauvre, déchiré par d’incessantes violences.

 

UN PAYS À LA DÉRIVE

 

La vice-présidente du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), Léa Koyassoum Doumta, syndicaliste et femme politique, a dressé dimanche lors d’un entretien avec l’Agence France-Presse un portrait-robot du futur président intérimaire particulièrement exigeant pour remplacer le démissionnaire Michel Djotodia. « Il doit être quelqu’un qui peut unir les Centrafricains, ramener la sécurité, calmer la tension, remettre tout le monde au travail, préparer le terrain à l’organisation d’élections libres, démocratiques, transparentes », a-t-elle expliqué. 

Et d’ajouter : il doit « rassurer les ex-Séléka (NDLR : combattants de Michel Djotodia) et les anti-balaka (NDLR : miliciens opposés à Michel Djotodia), qui sont des produits de la société centrafricaine. Ce sont nos enfants et c’est nous qui les avons créés. » 

 

Le nouveau président va effectivement hériter d’un pays à la dérive : climat de haine intercommunautaire, près d’un million de déplacés – sur une population totale de 4,6 millions d’habitants –, crise humanitaire sans précédent, administrations à l’arrêt, économie totalement désorganisée. Pour accomplir ce travail, et même s’il bénéficie du soutien – politique, militaire, financier – de la communauté internationale, il aura peu de temps.

 

DIFFICILE TRANSITION

Le calendrier de la transition stipule que les élections générales doivent être organisées au plus tard au premier semestre 2015. Mais la France, ancienne puissance coloniale et qui joue un rôle moteur dans la mobilisation de la communauté internationale sur la crise centrafricaine, veut qu’elles se tiennent bien plus tôt, avant la fin 2014.

 

Selon la Constitution de transition, élaborée après la prise du pouvoir en mars de Michel Djotodia qui a démissionné vendredi, le président de transition ne pourra être candidat à la prochaine présidentielle. Tous les ténors de la classe politique centrafricaine ont déjà fait savoir qu’ils ne brigueraient pas le poste de la transition pour cette raison.

 

Si aucun candidat n’était désigné, on aboutirait à une nouvelle paralysie de l’exécutif, après une présidence Djotodia marquée par de très mauvaises relations avec le premier ministre, Nicolas Tiangaye. Ce qui s’était traduit par une incapacité à s’attaquer à la crise qui mine les fondements de la société centrafricaine.

 

D.M. (avec AFP)

 

 

 

La Centrafrique à l'épreuve d'une transition périlleuse

 

Adrien Jaulmes  Le Figaro Mis à jour le 12/01/2014 à 22:14

 

La Centrafrique a un nouveau président pour quinze jours. Dans la salle immense et quasi déserte du Parlement de Bangui, un huissier annonce son entrée solennellement: «Son Excellence, le président de transition par intérim, Alexandre-Ferdinand Nguendet!»

 

Les quelques ambassadeurs et diplomates étrangers encore en poste ont été conviés dimanche à une allocution du nouveau chef de ce qui reste de l'État centrafricain. Après la démission forcée du président Michel Djotodia et de son premier ministre, Nicolas Tiangaye, au cours du sommet extraordinaire de N'Djamena, Alexandre-Ferdinand Nguendet, président du Conseil national de transition, se retrouve par le jeu de l'ordre protocolaire à la tête de la Centrafrique. Il est devenu dimanche le président éphémère d'un pays en complète faillite, déchiré par une guerre confessionnelle et placé de facto sous tutelle internationale. Son mandat ne doit pas dépasser deux semaines, délai imparti pour la nomination d'un nouveau président.

 

Mais Nguendet semble prendre très au sérieux ses nouvelles et brèves fonctions. Reçu à son retour de N'Djamena samedi par une garde d'honneur et un tapis rouge, il a prononcé le soir même un discours solennel à la nation, appelant chacun à déposer les armes. Il s'est rendu dimanche au tribunal de grande instance de Bangui, où la Cour constitutionnelle de transition en manteaux d'hermine a pris acte de la démission de son prédécesseur et l'a chargé de procéder à la nomination de son successeur. Puis traversant la ville en plein chaos à bord d'un puissant 4× 4 noir aux vitres teintées, escorté par des véhicules chargés de soldats en armes, il s'est adressé aux 150.000 déplacés entassés depuis un mois à l'aéroport M'Poko, leur garantissant la sécurité et les appelant à rentrer chez eux.

 

Censé mettre fin à l'incapacité des autorités centrafricaines de transition en remplaçant un président Djotodia détesté et impuissant par une personnalité crédible et efficace, le sommet de N'Djamena n'a réglé que la première partie de l'équation. En acceptant que le CNT sauve la face, en l'autorisant à procéder à Bangui à la désignation d'un nouveau président, les chefs d'État d'Afrique centrale ont contribué à l'ouverture d'une nouvelle phase tragicomique.

 

 

Pendant ce cérémonial, les violences sporadiques ont continué à Bangui, contenues à grand-peine par les soldats français de l'opération «Sangaris» et les contingents panafricains de la Misca. Les troupes sont déployées en ville depuis quatre jours sans discontinuer. Les hommes sont exténués, et seule leur présence a empêché des exactions de grande ampleur. Les unités sont en permanence sollicitées pour disperser des pillards qui entendent fêter le changement de chef d'État par des mises à sac.

 

Sur les avenues, des foules inspectent chaque véhicule, à la recherche de musulmans: ceux qui ne parviennent pas à s'échapper sont aussitôt lynchés. Dimanche, près du carrefour des Nations unies, deux musulmans n'ont dû leur salut qu'à un détachement de la Misca qui les a emmenés à bord de leurs blindés. Leur voiture tout-terrain a été brûlée par la foule joyeuse aux cris de «Chasse à l'homme! Tuez les musulmans!»

 

Dans le quartier à majorité musulmane de PK Cinq, l'atmosphère est moins joyeuse mais presque aussi menaçante. Beaucoup de boutiques restent fermées par des barres de fer cadenassées. Des détachements de soldats burundais ont empêché des pillages massifs, à l'exception de quelques exactions et incendies. Mais les musulmans en veulent à Paris pour son intervention, qui les laisse à la merci de la vengeance du reste de la population.

 

Sur le carrefour, le socle de la statue dorée de Georges Koudoukou, officier de tirailleurs centrafricain de la France Libre tombé à Bir-Hakeim et Compagnon de la Libération, a été recouvert de slogans antifrançais par les riverains musulmans. «Non à la France! Hollande le boucher!» Si les miliciens de l'ex-Séléka sont restés cantonnés dans leurs casernes, des musulmans se sont aussi livrés à des représailles contre des quartiers, comme à Castor, où au moins huit personnes ont été tuées lors du week-end. «On a été réveillés par des bruits d'explosions. Des musulmans jetaient des grenades par les portes des maisons», dit Camille Molti, blessé au dos par une explosion alors qu'il se réfugiait dans l'enceinte de l'hôpital.

 

La nomination d'un nouveau président doit théoriquement permettre de reprendre le processus politique censé enrayer la désintégration du pays. Mais au cours du délai supplémentaire nécessaire à sa désignation, chaque incident risque de faire à nouveau basculer l'accalmie fragile des derniers jours.

Lu pour vous : La République centrafricaine lance un fragile processus de transition

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