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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 02:28

 

 

 

 

 

Par Yves Bourdillon | 07/01 | 06:00

 

 

Bilan décevant un mois après le début de l'intervention militaire française.


La mission d'interposition s'avère très délicate pour seulement 1.600 soldats.

 

Officiellement, on n'enregistre plus de massacre de grande ampleur et l'armée française n'a perdu que deux soldats. Pour le reste, un mois après son déclenchement, l'intervention militaire française en Centrafrique n'a pas réussi à atteindre son objectif principal, la pacification du pays.

 

Tel est le bilan, mitigé, de l'opération Sangaris, forte de 1.600 soldats. Des effectifs très limités, en raison notamment des contraintes budgétaires, alors que la plupart des spécialistes estiment qu'il en faudrait trois à cinq fois plus pour sécuriser la capitale, sans même parler de stabiliser un pays un peu plus grand que la France. Paris se retrouve au demeurant très isolé dans cette affaire (lire ci-contre), appuyée seulement par une force africaine, la Misca, dont la composante tchadienne n'inspire pas confiance aux chrétiens du pays.

 

En s'interposant entre chrétiens et musulmans, l'armée française a sans doute évité une spirale d'exactions et de représailles. Mais elle ne parvient pas à désarmer les milices, mission assignée seulement en un deuxième temps et au demeurant quasi impossible dans une ville où les miliciens des forces Séléka (musulmanes) ou anti- balaka (chrétiennes) peuvent se fondre dans la population. En outre, l'armée est plutôt formée pour affronter un ennemi, avec chars et hélicoptères, qu'à persuader une population, avec un mégaphone, de cesser des exactions, tâche qui relève plutôt de la police.

 

L'économie tourne au ralenti

 

Enfin, faute de leader politique incontesté dans ce pays pauvre de 5 millions d'habitants, aucune solution politique ne semble se profiler. Le président centrafricain de transition, Michel Djotodia, porté au pouvoir il y a un an après le renversement de François Bozizé, est confiné au camp de Roux (le QG des Séléka) et le Premier ministre, Nicolas Tiangaye, ne pèse pas sur les évènements. Le ministre des travaux publics a vainement appelé récemment les fonctionnaires à retourner au travail, alors que les administrations sont vides. L'économie tourne au ralenti, ainsi qu'en atteste un doublement du prix de certaines denrées dans Bangui. Autre signe de la volatilité de la situation, les pays voisins ont commencé ce week-end à évacuer leurs ressortissants. Depuis un mois, près de mille civils ont été tués dans le pays et le nombre de réfugiés et de personnes déplacées approche le million.

 

Sans critiquer le principe d'une intervention, l'ex-ministre de la Défense Gérard Longuet (UMP) s'est interrogé vendredi sur le «  sens politique » de l'opération Sangaris, se demandant «  quel est le projet gouvernemental pour donner un Etat de droit à la République centrafricaine ». L'opinion publique, prompte à envisager l'enlisement dès qu'un conflit dure, doute : en un mois la proportion de Français approuvant l'intervention a chuté de dix points, à 41 %, selon un sondage récent.

 

Yves Bourdillon, Les Echos

 

 

Lu pour vous : La Centrafrique est loin d'être stabilisée

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