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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 02:36

 

 

 

 

 

 

 

Par Vincent Hugeux, http://www.lexpress.fr/    publié le 25/01/2014 à  09:47

 

Travaux pratiques de désarmement dans le sillage d'un convoi français, entre Bangui et Yaloké. Mission délicate... 

 

Jusqu'alors, la longue colonne du 1er Régiment de chasseurs parachutistes (RCP) de Pamiers, partie du camp M'Poko de Bangui à la mi-journée, progressait sans accroc. Mais peu après 16 heures, à une quarantaine de kilomètres au nord-ouest de Boali, le véhicule de tête repère à hauteur du lieu-dit Croisement Lambi, près d'un check-point tenu par les miliciens chrétiens "anti-balaka", une camionnette Renault Trafic blanche à l'arrêt. A son bord, du ravitaillement et une panoplie d'armes rudimentaires. Aussitôt, et conformément aux ordres reçus, le détachement du dispositif français Sangaris entreprend de collecter l'arsenal, entreposé sur le bas-côté et bientôt enrichi par les poignards et les pétoires cueillies à la faveur des fouilles aux corps auxquels sont soumis, à leur grand dépit, les "vigiles" du cru. A la clé, un empilement hétéroclite de fusils artisanaux, de machettes, de couteaux et de haches, assorti d'arcs, de flèches et d'une poignée de cartouches de chasse. Le tout prestement saisi et embarqué dans l'un des camions du convoi. 


Coiffé d'un casque lourd et d'un gilet pare-éclats noir, le chef de la bande, un paysan moustachu surnommé par ses hommes "Moundjou" -le Blanc- du fait de la pâleur de son teint, tente bien de résister. " Les Seleka sont planqués dans la brousse, lance-t-il à un lieutenant impassible. Jeudi dernier, ils ont attaqué ce village. Et ce matin même, les peuls -ethnie de confession musulmane- ont massacré cinq paysans du coin. Dès votre départ, ils viendront une fois encore nous tuer. Vous devez nous rendre notre armement!" "Impossible, rétorque l'officier du 1er RCP. Nous désarmons tout le monde. Vous comme les autres. J'ai des instructions, et je les applique." Dialogue de sourds. Plutôt conciliant lors des échanges initiaux, le meneur durcit bientôt le ton. C'est qu'il sent son autorité mise à mal. Notamment par les anathèmes des plus véhéments de ses acolytes. "Vous les Français, vous voulez nous voir tous mourir en martyrs?", peste en vain l'un d'eux.

 

"Nous tendrons des embuscades à vos convois!"

 

Soudain, un ordre claque, déclenchant une cavalcade vers les maisons de brique ocre voisines. "Les clés, les clés, vite!" Allusion aux cadenas que les anti-balakas portent autour de la taille. Et qui, à les en croire, les rendent invulnérables aux balles de l'ennemi dès lors qu'ils les verrouillent. A l'instant où la colonne s'ébranle, Moundjou lance une ultime -et dérisoire- mise en garde: "Attention! Si vous ne ramassez pas les armes des Seleka, nous tendrons des embuscades à vos convois!" 

 

Un peu plus loin, à Bogbazou, village situé à 5 km de Bossembélé, nouvelle halte. Et changement d'atmosphère. Bien sûr, les Sangaris confisqueront sur place un tromblon maison et examineront de près la roquette antichar usagée qui trône à fleur d'asphalte. Mais cette fois, le maître du barrage, vêtu d'un treillis de combat, tient à leur montrer les engins de mort qui le tracassent. A savoir les quatre petites mines anti-personnel de facture russe alignées dans un support de polystyrène posé à même le sol. "Il y en a plein d'autres là derrière, dans un conteneur, insiste-t-il. Emportez-les." Peine perdue, là encore. Le règlement, c'est le règlement. Et ce type de mission revient aux gars du Génie. Lesquels, promet-on au boss local, passeront ce vendredi. 

 

Vers 18 heures 45, à la nuit tombée, l'escouade motorisée pénètre dans l'enceinte du Lycée évangélique de Yaloké. En chemin, elle a traversé un quartier chrétien, puis longé une mosquée, avant d'emprunter l'artère commerçante où glissent des ombres en djellabas, calots de toile sur la tête. Sous l'oeil de Sangaris, on vit donc ici côte à côte. Mais y revivra-t-on jamais ensemble? 

 


 http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/centrafrique-sangaris-face-au-depit-des-anti-balaka_1317268.html#KxwWApiOhjh18fyO.99

Lu pour vous : Centrafrique: Sangaris face au dépit des "anti-balaka"
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