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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 23:53

 

 

 

 

 

http://www.lefigaro.fr  07/01/2014 à 19:28  Tanguy Berthemet

 

Un mini sommet, jeudi à N'Djamena, pourrait redistribuer les cartes à Bangui et pousser le président Djotodia vers la sortie.

 

Bangui a retrouvé un semblant de calme. La démonstration de force ­imposée par les hommes de l'opération «Sangaris» et des soldats de la mission africaine (Miscaest parvenue à grand-peine à contenir les violences. Mais cette situation ne durera pas.

 

Dans ce contexte instable, l'annonce de la tenue à N'Djamena, le 9 janvier, d'un sommet extraordinaire de la ­Communauté économique des États d'Afrique centrale (CEEAC), l'organisation régionale, a surpris. «La solution à l'impasse sécuritaire dans la capitale passe par une démarche politique. Car cette crise est avant tout politique. La France et les pays africains, qui l'avaient oublié, s'en sont peu à peu rendu compte et se sont ­décidés à agir», souligne un observateur.

 

Politiquement, la République centrafricaine n'existe plus. Mis en place en janvier dernier après un accord entre toutes les parties de la crise signé à Libreville, le premier ministre de transition, Nicolas Tiangaye, n'a jamais su s'imposer. Cet avocat qui devait pourtant remettre le pays en ordre ne se fait pas entendre et n'a pratiquement plus aucune relation avec le président, Michel Djotodia. Le gouvernement est un fantôme et la pré­sidence chaotique. «Cela rend impossible toute tentative de négociations pour ­trouver une forme de paix», assure un ­diplomate africain.

 

Forts de ce constat, Paris et ses partenaires africains se sont décidés à intervenir. Le 2 et le 3 janvier dernier, Jean-Yves Le Drian a effectué une tournée dans les capitales de la région, de Brazzaville à ­Libreville, entre deux arrêts à N'Djamena. «C'est à ce moment-là que la décision d'organiser un sommet a été prise», affirme une source tchadienne. La rapidité de cette réunion est aussi le signe de l'agacement de plusieurs acteurs de poids. Sans l'avouer, la France, qui a déployé 1600 hommes, redoute de s'enliser. Le Tchad, puissance tutélaire de la Centrafrique depuis vingt ans, a subi un échec. Sept de ses soldats ont été tués à Bangui, une cinquantaine de ses ressortissants ont trouvé la mort et des milliers d'autres ont fui, abandonnant tout. «Ce crime ne restera pas impuni», a martelé son président, Idriss Déby. Quant à son homo­logue congolais, Denis Sassou Nguesso, médiateur de la crise, il s'inquiète de voir la Centrafrique imploser.

 

Le Tchad s'oppose à l'envoi de Casques bleus

 

La solution qu'entendent imposer les chefs d'État africains reste mystérieuse. Seule certitude, les personnes invitées à N'Djamena seront rares. Autour des présidents congolais et tchadien, on devrait trouver le premier ministre, Nicolas Tiangaye, le chef de l'État, Michel Djotodia, ainsi que le président du Conseil national de transition.

 

Contrairement à la réunion de Libreville, les hommes politiques ou les personnalités de la société civile ont été laissés de côté. «Je n'ai pas du tout été consulté avant ce sommet, ni invité», ­reconnaît un élu. Bien peu, en fait, étaient dans la confidence. Nicolas Tiangaye ­lui-même assure n'avoir appris la tenue de cette réunion que lundi, «par un journaliste». Dans l'entourage de Michel Djotodia, certains sont également apparus quelque peu surpris. La question d'un départ de l'une ou des deux têtes de l'exécutif sera-t-elle évoquée? Selon certaines sources, le président Djotodia pourrait être poussé vers la sortie. Plusieurs proches du chef de l'État récusaient cette hypothèse mardi. «Cela n'aurait absolument aucun sens», affirme Herbert Gontran Djono-Ahaba, le ministre des Mines. De son côté, Nicolas Tiangaye se voulait prudent: «Nous verrons bien.»

 

Selon un observateur, l'extrême discrétion ayant entouré cette réunion ­montre la volonté de taper du poing sur la table. «Les décisions ont été prises. Ce sommet ne va servir qu'à les entériner.» Paris semble, en revanche, avoir déjà perdu une bataille. La France, qui voulait profiter de l'occasion pour que les Africains demandent l'arrivée rapide de ­Casques bleus de l'ONU en Centrafrique, a essuyé un nouveau refus. Lundi, au ­siège des Nations unies à New York, l'ambassadeur du Tchad s'est fortement énervé quand l'idée de mettre en place une ­opération de maintien de la paix de l'ONU a de nouveau été soulevée. «Les Africains estiment que faire appel à l'ONU tout de suite reviendrait à reconnaître l'échec de leur propre opération», ana­lyse un diplomate.

 

À lui seul, ce sommet ne suffira pas à résoudre la crise en Centrafrique. Quels que soient les ordres ou les menaces, rien ne dit qu'ils seront suivis par les milices chrétiennes des Anti-Balaka, qui mitent la ville, ou par les hommes de la Séléka, la rébellion qui a porté Michel Djotodia au pouvoir. Les forces de «Sangaris» et de la Misca ont donc été placées en état d'alerte.

Lu pour vous : Centrafrique : Paris cherche une voie politique

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