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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 01:44

 

 

 

 

 

 

   Publié le 13-01-2014 à 21h05

 

Après la démission de Michel Djotodia, la Centrafrique a dix jours pour se choisir un nouveau président de transition... et ainsi tenter de combler le vide du pouvoir.

 

L'opération militaire française en Centrafrique a connu vendredi dernier son premier effet – indirect- d'envergure. Michel Djotodia, ancien membre des rebelles de la Seleka et président par intérim depuis son coup d'Etat en mars 2013, a démissionné sous la pression des dirigeants africains, mais surtout de la France et du Tchad. Conformément à la Constitution, le pays a désormais dix jours maintenant pour trouver un nouveau président de transition. C'est Alexandre-Ferdinand Nguendet, président du Parlement provisoire, le Conseil national de transition (CNT) né après la prise de pouvoir de Michel Djotodia, qui est chargé dès lundi 13 janvier de mener les consultations avec les 135 membres du CNT, issus de différents partis politiques. La date de l'élection par les "députés" n'a pas encore été fixée ; l'élection sera supervisée par le médiateur de la crise centrafricaine, le président congolais Denis Sassou Nguesso.

 

Le pari est risqué. Pour la France, d'abord, qui après être intervenue militairement, s'est aussi engagée à s'investir dans la transition. Après avoir ouvertement critiqué Michel Djotodia pour n'avoir "rien pu faire" et même "laissé faire", François Hollande avait estimé qu'"on ne peut pas laisser en place [ce] président". En mettant ainsi l'accent, et à juste titre, sur l'aspect politique pour trouver une solution à la crise, la France est attendue au tournant, et pourrait être tenue responsable en cas d'échec. Pour la Centrafrique aussi bien sûr, l'enjeu est majeur. Il s'agira de prouver que le pays est capable de se relever et d'entamer le travail de réconciliation.

 

Une décision bien accueillie

 

Pour le moment, l'éviction de Michel Djotodia est plutôt bien accueillie. Impopulaire, critiqué pour son incompétence à gérer le pays après la chute de son prédécesseur, François Bozizé, plus personne ne souhaitait le voir encore aux manettes du pays. Lui-même, dont les troupes devinrent très rapidement incontrôlables, ne souhaitait pas garder le pouvoir. Il y avait urgence à remanier une équipe gouvernementale qui souffrait d'un très lourd déficit de légitimité afin de recrédibiliser le gouvernement. "C'est une bonne chose", estime Thierry Vircoulon, chercheur à l'Ifri et directeur du programme Afrique centrale de l'International Crisis Group. "La démission forcée de Michel Djotodia est la sanction du chaos qui s'est installé depuis l'année dernière et le fait qu'on leur inculpe la situation actuelle."

 

Dans les rues de Bangui, la tension est présente mais il semblerait aussi que cette nouvelle ait reçu un accueil favorable. Le "Réseau des journalistes pour les droits de l'Homme en RCA" a recueilli quelques témoignages : "La démission de Michel Djotodia et de son Premier ministre est un ouf de soulagement pour le peuple centrafricain, qui a souffert pendant près d'une année. Maintenant, la balle est dans le camp des conseillers nationaux de transition, qui vont choisir un nouveau président. Ces derniers doivent faire un bon choix, pour qu'on ne retombe pas dans les mêmes erreurs", a ainsi déclaré Nicaise Koumba, un agent de l'Etat. Un étudiant en droit souligne : "Pour moi, la personne qui va être choisie doit être quelqu'un de neutre."

 

A la recherche du bon profil

 

Dès vendredi, plusieurs noms circulaient, dont celui du nouveau président par intérim, candidat malheureux aux élections législatives en 2011, Alexandre-Ferdinand Nguendet. Ce dernier, qui n'a pas souhaité s'avancer sur sa propre candidature, a estimé lundi sur RFI, que le pays avait besoin "d'un compatriote qui a le sens élevé de l'Etat. Un rassembleur qui peut fédérer toutes les tendances pour permettre au pays de retrouver la paix, l'unité et la concorde nationale."

 

Tous les ténors de la classe politique centrafricaine ont déjà fait savoir qu'ils ne brigueraient pas le poste de la transition car la Constitution les empêcherait par la suite de se présenter à l'élection présidentielle. C'est par exemple le cas de Martin Ziguélé, ancien Premier ministre, principal opposant de François Bozizé et déjà deux fois candidat à une élection présidentielle, en 2005 et en 2011. A défaut de poids lourds, le choix est réduit tant la classe politique centrafricaine est plutôt faible. Excepté le parti historique, le MLPC (Mouvement de libération du peuple africain), il n'y a pas de parti puissant.

 

"C'est difficile de trouver le profil parfait", souligne Thierry Vircoulon, "mais dans la mesure où il s'agit de relever le pays de la crise et de commencer la reconstruction, il faut un profil de technocrate compétent et le plus neutre possible au plan politique. On peut très bien imaginer que le Premier ministre soit ce technocrate compétent et que le président soit une figure consensuelle, sans forcément venir de l'administration. Surtout, il est important que l'équilibre entre les deux communautés religieuses soit trouvé dans le gouvernement."

 

Interrogée par l'AFP, la vice-présidente du CNT, Léa Koyassoum Doumta, syndicaliste et femme politique, estime que le prochain président "doit être quelqu'un qui peut unir les Centrafricains, ramener la sécurité, calmer la tension, remettre tout le monde au travail, préparer le terrain à l'organisation d'élections libres, démocratiques, transparentes", ajoutant qu'il doit "rassurer les ex-Séléka et les anti-balaka, qui sont des produits de la société centrafricaine. Ce sont nos enfants et c'est nous qui les avons créés".

 

Pour de nombreux observateurs, le délai de 15 jours pour trouver cette personnalité est extrêmement périlleux mais nécessaire. "Si cela ne se fait pas rapidement, le vide de pouvoir risque d'être très problématique à Bangui. Plus cette situation d'incertitude dure, plus il y a un risque d'affrontement entre les anti-balaka et les combattants de la Seleka", assure Thierry Vircoulon.

 

Des défis majeurs pour le prochain président

 

Le prochain président de transition aura ensuite pour mission de mener le pays à des élections législatives et présidentielle. Il aura très peu de temps : le calendrier de la transition stipule que les élections générales doivent être organisées au plus tard au premier semestre 2015. La France veut qu'elles soient organisées avant...

 

Pour atteindre cet objectif, il faudra dans l'urgence construire un pays à genoux, si ce n'est inexistant. L'administration est à l'arrêt, l'économie est désorganisée, les autorités n'ont d'autorité que leur nom. A cela s'ajoute la crise humanitaire sans précédent et les milliers de déplacés.

 

Interrogé il y a quelques semaines, le spécialiste Roland Marchal soulignait l'importance à donner au redémarrage de l'économie : "Il est d'abord question de droits à donner ou redonner à des populations. On ne peut pas juste faire dans le discours moral sur le vivre-ensemble. Les gens se reconsidéreront uniquement lorsqu'il y aura à manger et plus de sécurité. En somme, uniquement quand l'économie repartira. C'est cela la réconciliation ! Et je regrette que les questions économiques soient totalement mises de côté par la communauté internationale. Tout le monde pense au diamant, à l'uranium, au pétrole, mais personne ne pense à l'agriculture. Avec de petites améliorations, on peut complètement changer les conditions de vie des populations. Il faut remettre les choses à plat avec les opérateurs africains."

 

En juin 2013, dans un épais rapport, l'International Crisis Group estimait que "la Centrafrique est aujourd’hui confrontée à trois défis : à court terme, restaurer la sécurité et l'ordre public et fournir une aide humanitaire d'urgence ; à moyen terme, mener à bien la transition politique qui doit durer dix-huit mois ; à long terme, rebâtir l’Etat. La transition et la reconstruction de l’Etat ont pour préalable le retour d’une sécurité minimale."

 

Sarah Diffalah - Le Nouvel Observateur

Lu pour vous : CENTRAFRIQUE : Le difficile choix du successeur de Djotodia :
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