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23 janvier 2014 4 23 /01 /janvier /2014 22:37

 

 

 

 

 

Pour résorber la situation de chaos et de crise humanitaire aggravée dans laquelle se trouve engluée la Centrafrique depuis plus d’un an déjà, le nouveau pouvoir de transition, issu du prolongement des décisions du sommet des Chefs d’Etat de la CEEAC réunis à N’Djamena les 9 et 10 janvier 2014 qui concluront  à la démission du Président de transition Michel DJOTODIA et à la désignation de son successeur par le Conseil national de transition (CNT), doit s’attaquer aux 12 actions que nous considérons comme prioritaires ; à savoir :

 

1)Dans le domaine de la sécurité :

 

-Poursuivre et intensifier la mission de désarmement et de cantonnement des groupes illégalement armés entamée par les forces impartiales (les éléments de l’opération SANGARIS et les soldats africains de la MISCA),

 

-Engager, grâce au concours de nos partenaires traditionnels, la vaste politique de restructuration  de la nouvelle armée centrafricaine afin d’en faire une force de défense et de sécurité réellement et véritablement nationale, républicaine et professionnelle incluant toutes les ethnies du pays du Nord au Sud de l’Est à l’Ouest ainsi qu’une partie des éléments combattants,

 

-Enclencher, grâce à l’aide de la communauté internationale, les actions de démobilisation et réinsertion des forces combattantes,

 

-Assurer la refonte des forces de police et de gendarmerie dans la perspective de quadriller et mailler le territoire national,

 

2)Créer les conditions optimales afin d’assurer le retour des réfugiés et des personnes déplacées dans leurs lieux de résidence respectifs ; sans oublier les personnes contraintes par peur de vivre en brousse pour fuir la violence des conflits,

 

3)Réhabiliter et approvisionner en médicaments les structures de santé publique afin de permettre la prise en charge des malades et des blessés. Renforcer leurs moyens en personnel médical et soignant. Le cas échéant, en étroite coordination avec les partenaires concernés (ONGs humanitaires opérant en Centrafrique dans ce contexte de crise imposée),

 

 

4)Permettre la distribution de vivres et d’aides alimentaires aux personnes démunies et privées du strict minimum. Car nul n’est besoin de rappeler que- vu l’ampleur du désastre humanitaire- plus de 2 millions de nos compatriotes sont concernés par la faim et l’insécurité alimentaire dues aux évènements dramatiques que connaît aujourd’hui notre pays,

 

5)Favoriser la réouverture des établissements scolaires et d’enseignement supérieur sur l’ensemble du territoire national pour sauver l’année académique en cours interrompue en raison de l’environnement sécuritaire très  défavorable,

 

 

6)Engager le fonctionnement régulier des administrations et services publics sur toute l’étendue du territoire national afin de permettre la reprise des activités socio-économique,

 

7)Veiller à la mise sur pied d’un Etat de droit à travers la régulation de l’appareil judiciaire et répressif afin de mettre hors d’état de nuire les personnes coupables d’infractions passibles des tribunaux judiciaires. Nous pensons ici aux auteurs de crimes de sang, de viols massifs, de pillages. En tout cas, préparer, éventuellement, les conditions de leur traduction devant les juridictions pénales internationales.

 

 

8)Renouer la coopération économique et financière avec les partenaires au développement (FMI, Banque mondiale, UE, BAD et partenaires bilatéraux) afin de permettre, entre autres, l’apurement des arriérés de salaires et des pensions de retraites de la fonction publique ainsi que les arriérés de bourse des étudiants et stagiaires et mettre en œuvre la relance des activités économiques afin de parvenir, à terme, à atteindre un taux de croissance économique positif pour réaliser l’équilibre des comptes publics,

 

9)S’attacher à recoudre le tissu social complètement laminé par la production d’émissions radiophoniques et télévisuelles prônant la paix et la réconciliation nationale, et assurer l’organisation de caravanes de la paix à travers le pays,

 

10) Planifier à brève échéance- et dans la mesure du possible puisque cela devient un impératif- l’organisation d’un dialogue national inclusif comprenant toutes les couches de la population; y compris les communautés religieuses (confessions d’ obédience chrétienne, musulmane et animiste) afin de créer les conditions d’une paix perpétuelle et d’une véritable réconciliation nationale pour recouvrer rapidement l’unité nationale et le vivre ensemble qui ont longtemps fait la fierté de la nation centrafricaine et ce, fort de notre langue nationale commune le SANGO,

 

11) Réhabiliter le minimum de services et infrastructures de base (eau, électricité, routes, ponts etc.),

 

12) Procéder à l’adoption d’une nouvelle constitution consensuelle et préparer la tenue des consultations électorales à venir,

 

Si le prochain gouvernement parvient à mettre en œuvre ces engagements- car au moment où nous mettons sous presse aucun agenda n’a encore été révélé-, nous pourrions espérer voir le bout du tunnel dans un avenir proche.

 

Nous pensons qu’il reviendra au prochain Président de la République et au gouvernement issus des élections générales libres et transparentes de 2015- puisque les élections présidentielles sont corsetées dans un délai de moins de 12 mois c’est-à-dire prévues au plus tard au début de cette année-, de définir et de s’atteler à la mise en place des différentes tâches de consolidation du processus de réconciliation nationale et de développement économique et social à moyen et long terme.

 

C’est aussi, pour nous, le lieu d’attirer l’attention des partis politiques sur la nécessité de réaliser, sans tarder, leur aggiornamento en adaptant leur logiciel politique à la lumière des problèmes épineux que connaît durement notre pays.

 

Une chose est de se montrer prompt à se lancer à la conquête du pouvoir de l’Etat ou à la course à la mangeoire - la plupart du temps pour en jouir et servir les intérêts des siens -, une autre est de se montrer à la hauteur de la mission, du sacerdoce c’est-à-dire savoir gouverner. Et, comme dit l’adage populaire « gouverner, c’est prévoir ».

 

C’est justement parce-que les gouvernements successifs ont gravement failli dans la conduite des affaires publiques que notre pays se trouve aujourd’hui contraint d’être à la remorque de pays qui ont pourtant acquis l’indépendance en même temps que nous et parfois dans des conditions plus difficiles que nous. Si ça n’a été à la force du poignet et au prix du sang.

 

A l’endroit de mon pays, même si cela peut paraître incongru de nos jours, je proposerais l’instauration d’une forme de suffrage censitaire pour sélectionner le personnel politique appelé à exercer le pouvoir au plus haut niveau de l’Etat aussi longtemps que la maturité politique des concitoyens ne sera pas garantie.

 

La démocratie intégrale semble ne pas être le mode de dévolution du pouvoir le plus adapté à notre pays.

 

 

Vive la RCA pour que vive et prospère la paix et la réconciliation nationale !

 

 

                                                                                                         Fait le 19/01/2014

 

 

                                                                                                       Wilfried willy ROOSALEM

Les 12 travaux d’Hercule qui attendent le Président de la transition et son gouvernement par Wilfried Willy ROOSALEM

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