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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 01:34

 

 

 

 

 

http://www.rfi.fr   VENDREDI 03 JANVIER 2014

 

Par Nicolas Champeaux

 

« Ses propos sont irresponsables, scandaleux, dangereux et suicidaires au regard du contexte actuel de la République centrafricaine. Les Seleka sont cantonés, ce sont les anti-Balaka qui se livrent à ces exactions. Aujourd'hui, nous, responsables politiques devons donner un message de paix et de concorde. »

 

Sur notre antenne hier, jeudi 2 janvier, l'ex-président centrafricain, François Bozizé, a nié toute responsabilité dans les violences intercommunautaires qui ont fait près de mille morts et des centaines de milliers de déplacés dans la capitale et dans l'intérieur du pays en l'espace de quelques semaines. Bozizé, chassé du pouvoir par la coalition rebelle Seleka en mars, a appelé le président de la transition Michel Djotodia à la démission. Il a par ailleurs manifesté son intention de revenir aux commandes du pays. Georges Adrien Poussou, le ministre de la Communication, de la Promotion de la culture civique et de la Réconciliation nationale du gouvernement de la transition, réagit à ses propos.

 

RFI : François Bozize estime que la sortie de crise en Centrafrique passe obligatoirement par la démission de Michel Djotodia. Que lui répondez-vous ?

 

Adrien Poussou : Cela ne manque pas de sel. Ses propos sont irresponsables, scandaleux, dangereux et suicidaires, au regard du contexte actuel de la République centrafricaine.

 

Vous maintenez que François Bozize dirige les anti-balaka. De quelles preuves disposez-vous ?

Nous savons que (François) Bozizé et ses enfants envoient de l’argent par Western Union à des complices. Des positions ont été prises et dans les jours à venir vous en entendrez parler.

 

La responsabilité de la crise, selon vous, n’est pas partagée. Les Seleka qui ont porté au pouvoir Michel Djotodia ne se sont rendus coupables d’aucun crime, notamment vis-à-vis des civils ?

 

Ce n’est pas ce que nous disons. A l’entrée de la coalition Seleka dans la ville de Bangui, il y a eu des éléments incontrôlés, des jeunes désœuvrés, qui ont intégré les rangs de la Seleka et qui se sont livrés à des exactions. De telles exactions, nous le reconnaissons, vont peut-être laisser des traces.

 

Sont-ils encore à l’œuvre aujourd’hui ?

 

Aujourd’hui, les Seleka sont cantonnés, ce sont les anti-balaka qui se livrent à ces exactions. Donc aujourd’hui nous devons, nous responsables politiques, donner un message de paix.

 

Cet appel au calme ne donnera pas de suite si les autorités ne reconnaissent pas que des atrocités sont commises de part et d’autre.

 

Je persiste à vous dire que nous ne pouvons pas nier que des fautes ont peut-être été commises. Que l’essentiel c’est d’amener nos compatriotes à revivre ensemble. C’est d’ailleurs pour cela que le président Michel Djotodia a demandé aux anti-balaka de venir, afin que nous autres Centrafricains, on se retrouve autour de la table. Et depuis, vous conviendrez que cette offre au dialogue est restée lettre morte.

 

Pourtant, des responsables anti-balaka font part de contacts avec les autorités de transition. Où en sont ces échanges et sur quoi pourraient-ils aboutir à court terme ?

 

Nous pensons qu’il appartient aux commanditaires des anti-balaka, au lieu de jeter de l’huile sur le feu, de se saisir de la main tendue du président Michel Djotodia et de faire une offre.

 

Les anti-balaka disent ne plus poser comme préalable la démission de Michel Djotodia. Ils veulent le départ du contingent tchadien. Est-ce une demande recevable à vos yeux ?

 

C’est une demande inadmissible. Le contingent tchadien de la Misca est déployé à la suite d’un mandat international. Ce sont nos frères qui sont venus nous aider pour ramener la sécurité dans notre pays, nous ne pouvons pas aujourd’hui, par ingratitude, leur demander de se retirer.

 

Même si ce contingent est un obstacle à la paix ?

 

C’est vous qui le dites, nous n’avons pas le sentiment que le contingent tchadien de la Misca serait un obstacle à paix. Le retrait du contingent tchadien de la Misca fait partie de ces préalables qui sont inadmissibles.

 

Quelles sont les concessions que pourraient accorder les autorités de transition pour permettre un retour à la paix ?

 

Le président a fait trois offres de dialogue à ceux qui aujourd’hui reprochent un certain nombre de choses aux autorités de la transition d’accepter cette main tendue et de faire des contre-propositions.

 

Mais ne peut-on pas reprocher de façon légitime à Michel Djotodia de n’avoir aucune emprise sur les membres de la coalition qu’il a portés au pouvoir ?

 

Si le président Djotodia n’avait pas d’emprise sur les éléments Seleka, aujourd’hui le pays aurait connu un carnage. C’est justement parce que le président a su demander aux chefs Seleka de regrouper leurs hommes, de les cantonner, qu’aujourd’hui il y a un calme relatif dans la ville de Bangui.

 

Peut-on parler de calme, alors que l’on recense près de 1 000 morts en l’espace d’un mois, que des centaines de milliers de personnes sont déplacées à Bangui et dans l’intérieur du pays ?

 

Ces populations qui sont déplacées, une bonne partie est instrumentalisée par François Bozizé et les siens. Mais il y a une partie qui craint légitimement pour sa sécurité. Mais lorsque vous avez des anti-balaka, qui écument les quartiers et les arrondissements de Bangui, comment voulez-vous qu’elles regagnent leurs domiciles respectifs ?

 

Le tandem formé par Michel Djotodia et son Premier ministre Nicolas Tiangaye ne fonctionne pas. Qu’est-ce qui pourrait permettre d’ici la fin de la transition, à l’exécutif d’aller dans le même sens ?

 

Je ne suis pas de votre avis. Je note que leur entente est cordiale. Donc maintenant ce sont les journalistes, ce sont vos confrères, qui essaient d’amener la zizanie au sein de cette équipe.

 

Dans ce cas, pourquoi est-ce que le président de la transition ne respecte pas la règle selon laquelle ces décisions doivent être approuvées par le Premier ministre ?

 

Il s’agit là de quelque chose qui ne relève pas du ministre de la Communication que je suis.

 

Georges Adrien Poussou, ministre centrafricain de la Communication du gouvernement de transition sur RFI, répond à Bozizé

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