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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 14:37

 

 

 

 

 

RFI  vendredi 31 janvier 2014 à 11:57

 

Dernier jour à Addis-Abeba pour le 22e Sommet de l’Union africaine. Les dirigeants des pays du continent sont réunis pour évoquer notamment les crises sécuritaires qui secouent l’Afrique. Il est beaucoup question de la République centrafricaine dont le médiateur est le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, invité de RFI.

 

RFI : Les organes de la transition sont aujourd’hui en place et pourtant les violences se poursuivent. Comment éviter le chaos en Centrafrique ?

 

Denis Sassou-Nguesso : Nous saluons déjà le fait que le Parlement de transition ait pu élire Madame Samba-Panza à la tête de l’Etat pour la période de transition. Nous nous félicitons aussi du fait qu’on ait nommé un Premier ministre et formé un gouvernement. Cela était un pas important. La Misca est en place, les pays de la région ont déjà mobilisé plus de 6 000 hommes. Nous pensons que si la communauté internationale soutient la chef d’Etat de transition, le Premier ministre, le gouvernement, sur le plan humanitaire, sur le plan financier – parce qu’il faut un soutien financier immédiat – nous pensons que si la Communauté internationale soutient la Misca sur le plan financier, sur le plan logistique, il y a des exactions qui se poursuivent, c’est vrai, mais on pourrait sentir qu’il y a aussi des progrès sur le terrain. Si tous ces soutiens viennent et si la décision prise par le Conseil de sécurité qui tend à mener des enquêtes pour punir les auteurs des violences, d’exactions de toutes sortes contre les populations, si toutes ces mesures sont menées de front, je suis persuadé qu’on sortira des problèmes.

 

Il y a beaucoup de « si » ?

 

Je dis « si » parce que les apports dont je parle ne sont pas encore sur le terrain, mais il y a urgence à faire que ces annonces se concrétisent réellement. Le secrétaire général des Nations unies, conformément à la résolution 21-27, devrait début février, envoyer une mission d’évaluation de l’action de la Misca, et peut-être qu’à l’avenir cette mission de la Misca pourrait être transformée en mission de maintien de la paix des Nations unies. Mais toutes ces actions doivent se mener les unes après les autres sans rupture. Ceci est urgent.

 

Selon vous, combien de temps faudrait-il pour pouvoir apaiser le pays et aller aux élections ?

 

Il a été annoncé dix-huit mois, mais on ne va pas mettre le chronomètre. En fonction des résultats sur le terrain on appréciera. Mais le plus tôt serait le mieux, pour que la République centrafricaine retourne à l’ordre constitutionnel. Encore faut-il que les moyens suivent.

 

Dix mois de pouvoir exercés par Michel Djotodia pour un tel bilan, n’êtes-vous pas en train de refaire les mêmes erreurs, après le sommet de Ndjamena ?

 

Quelles mêmes erreurs ? Nous avons décidé d’accompagner les autorités de transition. Pas à Ndjamena, mais depuis les négociations de Libreville. Tout a commencé déjà avec le président Bozizé.

 

Oui, mais il y a eu entre-temps un coup d’Etat. Michel Djotodia est arrivé aux affaires, est resté dix mois. Et vous vous rendez compte à la fin des dix mois que son bilan est catastrophique et vous le démissionnez.

 

Non, nous ne l’avons pas démissionné. Nous avons tenu à Ndjamena un sommet pour évaluer la situation. Tout le monde a constaté qu’il y avait à Bangui absence de leadership, de cohésion au niveau de l’exécutif. Et le président Djotodia, le Premier ministre Tiangaye, tous les deux ont constaté que les faits sur le terrain les amenaient à la démission.

Vous avez fait pression sur monsieur Djotodia pour qu’il démissionne.

 

Pression non ! C’était un constat évident ! Pas seulement par la CEEAC, mais par la communauté internationale, y compris les responsables politiques centrafricains, c’est à dire le CNT, les responsables des partis politiques de la société civile. Ce constat était unanime !

 

Pourquoi Michel Djotodia, président de la République de Centrafrique, n'a pas démissionné en Centrafrique, mais à Ndjamena ?

 

Le président Djotodia ne voulait plus du tout retourner en Centrafrique. Pour nous c’était plus facile qu’il retourne en Centrafrique et que la démission se fasse à Bangui. Mais il ne voulait plus retourner à Bangui, je crois que c’est cohérent.

 

On a l’impression qu’aujourd’hui la Centrafrique est sous tutelle de la CEEAC et de la CEMAC. Pourquoi ne pas mettre une fois pour toutes le pays carrément sous tutelle ?

 

Mais la RCA n’est pas sous tutelle, même pas des Nations unies et à plus forte raison sous tutelle de la CEEAC. On peut citer d’autres pays qui ont connu des situations dramatiques : le Liberia, la Sierra Leone… Aucun de ces pays n’a été mis sous tutelle de la Cédéao ou des Nations unies. Aujourd’hui, ils sont en train de se relever. Je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas le cas pour la Centrafrique. Pourquoi devrait-on mettre la République centrafricaine sous tutelle ? Ce n’est pas notre opinion.

 

 

Denis Sassou-Nguesso: «Il faut un soutien financier et humanitaire en Centrafrique»

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