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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 14:22

 

 

 

 

 

Le Monde.fr | 27.01.2014 à 10h36 • Mis à jour le 27.01.2014 à 10h42 |Par Charlotte Bozonnet (Addis-Abeba, envoyée spéciale)

 

Ils sont avocat centrafricain, défenseur sud-soudanais des droits de l'homme, magistrat malien et ont décidé de s'adresser directement aux dirigeants de l'Union africaine (UA). Plusieurs représentants de sociétés civiles africaines étaient réunis, dimanche 26 janvier, lors d'une conférence de presse organisée au siège de l'organisation régionale, à Addis-Abeba. Tous originaires de pays en crise, ils ont appelé les gouvernants africains à « prendre leurs responsabilités » alors que la capitale éthiopienne accueille jusqu'au 31 janvier le 22e Sommet de l'UA, consacré en grande partie aux conflits en cours sur le continent.

 

Avocat et membre de l'Observatoire centrafricain des droits de l'homme, Barthélemy Morouba a rappelé la fragilité de la situation de son pays où l'élection d'une nouvelle présidente, Catherine Samba-Panza, n'a pas enrayé les violences. Le militant a appelé les Etats africains à accepter rapidement la transformation de l'actuelle force africaine, la Misca, en une opération de maintien de la paix de l'ONU : « Les efforts de l'UA en Centrafrique sont réels mais l'organisation a les mains liées. Notre pays fait 623 000 km2, et la Misca n'a pas les moyens, notamment aériens, de le couvrir. » Ce passage sous casquette onusienne apporterait à la force actuelle d'importants moyens humains, matériels et financiers. « Nous en avons besoin, et vite », a plaidé M. Morouba.

 

De son côté, Edmund Yakani, directeur de la CEPO (Community Empowerment for Progress Organisation), une ONG de promotion de la démocratie basée à Juba, la capitale du Soudan du Sud, a pressé les dirigeants d'enrayer la spirale de violence suicidaire en cours dans le plus jeune Etat du monde. « Nous leur demandons de se mobiliser pour que le cessez-le-feu entre le gouvernement et les rebelles soit effectif », explique M. Yakani en référence à l'accord signé le 23 janvier entre le gouvernement et les rebelles qui prévoit un arrêt des hostilités.

 

Concrètement, le militant plaide pour l'envoi d'équipes de médiateurs africains sur le terrain, pour surveiller le respect du cessez-le-feu. « S'il ne tient pas, c'est l'existence même du Soudan du Sud qui est en cause », prévient-il, rappelant que« ce qui était un conflit politique a aujourd'hui pris une dimension ethnique ».

 

Ces appels de membres des sociétés civiles interviennent alors que le 22eSommet de l'UA entame, lundi 27 janvier, une dernière semaine stratégique. Le sommet a débuté le 21 janvier avec, comme thème officiel, « L'agriculture et la sécurité alimentaire », mais il y sera surtout question des guerres et crises actuelles, de la Centrafrique à l'Egypte en passant par le Mali, où les négociations entre le gouvernement et les groupes armés du Nord sont toujours au point mort.

 

Après deux jours de réunion des ministres des affaires étrangères, les 27 et 28 janvier, un Conseil de paix et de sécurité doit se tenir mercredi. « Une rencontre importante car elle se tiendra au niveau des chefs d'Etat », souligne Tchérina Jerolon, de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH). La quasi-totalité des présidents ou chefs de gouvernement du continent africain devrait en effet y participer.

 

TRANSFORMATION DE LA MISCA EN OPÉRATION ONUSIENNE

 

Pour la République centrafricaine, les discussions porteront sur la transformation de la Misca en opération onusienne. Les Etats membres de l'UA, soucieux deprouver leur efficacité – et pour certains, dont le Tchad, de conserver leur liberté d'action sur le terrain –, ne souhaitent pas voir ce passage intervenir avant plusieurs mois. Face à eux, de nombreuses parties, dont la France et les Nations unies, poussent au contraire pour un changement rapide. « L'enjeu du sommet vaêtre d'obtenir un accord de principe de l'UA ainsi qu'un calendrier raisonnable de mise en œuvre », estime un observateur étranger.

 

La réunion des chefs d'Etat sera également consacrée à la situation au Soudan du Sud, théâtre depuis la mi-décembre 2013 d'un combat fratricide entre partisans du président Salva Kiir et ceux de l'ancien vice-président Riek Machar, et aux implications régionales. L'UA doit prendre le relais de l'IGAD. L'organisation sous-régionale d'Afrique de l'Est, chargée depuis plusieurs semaines de mener la médiation entre les deux camps, a obtenu la signature d'un cessez-le-feu mais celui-ci n'est pas respecté sur le terrain.

 

Au-delà des ces crises, les ONG ont adressé, dimanche 26 janvier, un appel aux gouvernements africains à prendre leurs responsabilités et à protéger leurs populations. « L'Union africaine ne cesse de blâmer les interventions extérieures sur le continent, souligne le militant sud-soudanais Edmund Yakani, aujourd'hui au Soudan du Sud, c'est le moment pour les dirigeants africains, qui ne cessent de prôner des solutions africaines aux problèmes africains”, d'agir dans ce sens. »

 

Charlotte Bozonnet (Addis-Abeba, envoyée spéciale) 


Journaliste au Monde

Centrafrique, Soudan du Sud : l'appel des sociétés civiles à l'Union africaine

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