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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 23:55

 

 

 

 

 

 

YAOUNDE Mardi 7 janvier 2014 | 17:50 UTC (Xinhua) - Avec Bouca, Bouar et Bossembélé, Bossangoa est l'un des symboles de l'opposition au pouvoir de Michel Djotodia illustrée par les miliciens anti-Balakas

 

Plusieurs mois après, la ville de Bossangoa dans le Nord de la Centrafrique secouée par une vague de violences en 2013 ayant causé le déplacement d'environ 50.000 personnes à l'évêché, chrétiens et musulmans confondus, est aussi loin que la capitale Bangui d'avoir retrouvé la sécurité, malgré la présence de troupes françaises et africaines, selon une source religieuse.

 

Suite à la faillite des services administratifs, la ville natale de l'ancien président François Bozizé continue de subir, après les ex-rebelles de la Séléka (au pouvoir), la terreur des miliciens anti-Balakas (anti-machettes), du nom de ces fameux groupes d'autodéfense villageois créés à l'origine pour combattre les coupeurs de route et qui ont sorti leurs armes de fabrication artisanales et amulettes pour se venger des exactions des nouveaux maîtres de Bangui.

 

Evêque du diocèse de Bossangoa, Mgr. Nestor Désiré Nongo Aziagbia parle d'un « drame difficile à gérer ». Pour pouvoir échapper aux violences où « des maisons continuent d'être incendiées à longueur de journée », quelque 42.000 personnes, des chrétiens, se sont réfugiées à l'évêché. « Sur un deuxième site qui abrite la communauté musulmane, il y a environ 8.000 personnes », informe l'homme d'Eglise.

 

Les statistiques officielles estiment à 50.000 habitants la population de cette ville. En d'autres termes, Bossangoa s'est quasiment vidée de toute sa population. « Certains habitants sont allés se réfugier à Bangui. Tous les fonctionnaires se sont retirés », a rapporté dans un entretien téléphonique mardi à Xinhua Mgr. Nongo Aziagbia.

 

Conséquence : « Je joue au préfet, au sous-préfet, au maire, au commandant de la brigade de gendarmerie, etc. Je porte toutes ces casquettes en ce moment, face à la faillite des autorités. Il n'y a plus d'autorités administratives, judiciaires et militaires. Ce n'est pas une mince affaire », déplore ce responsable de l'Eglise catholique.

 

Avec Bouca, Bouar et en partie Bossembélé, Bossangoa est l' un des symboles de l'opposition au pouvoir de Michel Djotodia illustrée par les miliciens anti-Balakas qu'on dit être soutenus par d'anciens soldats des Forces armées centrafricaines (FACA) fidèles à Bozizé. Les représailles contre les ex-rebelles de la Séléka ont plongé la population dans le désarroi.

 

Selon des sources concordantes, beaucoup de personnes se cachent en brousse par peur d'être tuées. Comme l'archevêque de Bangui, Mgr. Dieudonné Nzapalainga, qui avait tenté une mission de médiation et de réconciliation en septembre dans la région, Mgr. Nongo Aziagbia est formel : « La situation est tendue. Il y a des groupes d'individus, aussi bien les Séléka que les anti-Balakas, qui profitent de la crise pour se livrer à des pillages ».

 

Le déploiement d'une centaine de soldats français de l' opération Sangaris, à peu près le même nombre que le contingent congolais de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA), une force africaine ayant pris le relais de la Force multinationale de l'Afrique centrale (FOMAC), n'a pas permis de rétablir et la sécurité dans la ville et ses environs.

 

« C'est difficile. Le problème réside dans le fait qu'une opération militaire est différente d'une opération policière. Si un militaire tombe sur un garçon de 15 ans qui est en train de brûler une maison, va-t-il lui tirer dessus ? C'est la police et la gendarmerie qui doivent jouer dans ce cas », observe Mgr. Nongo Aziagbia.

 

La vérité est que ce qui reste de la police et de la gendarmerie centrafricaines aujourd'hui après la débande générale créée par la chute du régime de François Bozizé en mars, souffre d'un manque de moyens d'intervention. Officiellement dissoute, l'ex-coalition Séléka contrôle le jeu pour la conservation du pouvoir incarné par son leader Michel Djotodia.

 

Mgr. Nongo Aziagbia se veut tout de même optimiste. « Par la grâce de Dieu, on va s'en sortir. C'est vrai, ça va prendre du temps, mais il faut rester optimiste. Autrement, on va tous mourir ». Mais il reconnaît que la tâche est ardue, car, « tout le monde attend que les autres fassent le travail à notre place. Les chefs traditionnels n'ont plus d'autorité sur leurs populations, les parents non plus sur leurs enfants ».

 

Pour cette normalisation souhaitée, il plaide un dialogue avec les anti-Balakas dont il dit qu'ils « combattent les exactions tout comme les Séléka le faisaient. C'est une population qu'il faut rencontrer et sensibiliser pour qu'elle adopte un comportement citoyen ».

 

Pour le pouvoir en place à Bangui, c'est le noeud gordien de la situation actuelle d'aggravation de la crise consécutive à l'offensive déclenchée contre le régime Bozizé en décembre 2012.

 

« Je ne peux nier qu'il y a eu des exactions commises par la Séléka. Je reconnais qu'il y a eu des pillages, des assassinats et des enlèvements. Personnellement, j'ai condamné et lutté contre cela », avoue cependant le colonel Christian Narkoyo, ex-porte-parole militaire de la Séléka aujourd'hui commandant de la gendarmerie mobile.

 

« Même si les chefs ne sont pas coupables, ces crimes commis par leurs éléments vont leur tomber dessus. Il y a certains chefs qui sont coupables », précise l'ex-chef de guerre. 

 

 

 

Centrafrique : A Bangui, forces française et africaines patrouillent ensemble

 

Bangui Lundi 6 janvier 2014 | 07:18 UTC (©AFP) - Lentement, deux colonnes d'hommes à pied progressent dans le quartier Castor de Bangui, bien armés mais surtout bien formés: c'est le contingent burundais de la force africaine qui ce jour-là patrouille aux côtés des Français de la mission Sangaris en Centrafrique.

 

Au poing levé de la tête de colonne, les soldats répondent en posant un genou à terre, l'arme dirigée vers les ruelles des quartiers bordant la route, puis reprennent leur progression tantôt lentement, tantôt à petites foulées, chacun assurant la protection de celui qui le précède.

 

Un peu surpris, un couple en train de déjeuner dans un petit bar en bord de route regarde d'un oeil mi-amusé mi-inquiet les soldats qui passent. Mais à Bangui, il faut plus que des hommes en armes pour troubler les populations.

 

C'est le milieu de l'après-midi et le soleil frappe violemment sur les casques lourds.

 

"Quand on pense aux armées africaines, on imagine des soldats en guenilles, mais là, on est bluffés", commente un soldat français de la patrouille mixte. Comme lui, de nombreux hommes de Sangaris montrent un respect particulier à l'égard des soldats burundais qui, contrairement à d'autres, arrivent à se faire accepter dans tous les quartiers de la capitale.

 

De plus en plus, les Français, dont la mission est notamment d'appuyer les hommes de la Mission de soutien à la Centrafrique (Misca) patrouillent avec eux, tout comme avec les contingents congolais ou tchadiens.

 

La France soupçonnée

 

Il faut dire que dans certains quartiers, notamment musulmans, la France, soupçonnée par les riverains de "prendre partie" en faveur des milices chrétiennes anti-balakas, n'est pas franchement la bienvenue.

 

"Certains (musulmans) sont clairement hostiles dans leurs mots et dans leurs gestes", explique le caporal Bastien, qui patrouille de son côté en compagnie des Tchadiens, avec une unité du 21e régiment d'infanterie de marine (RIMA).

 

Pour lui, le fait de se montrer avec des militaires en majorité musulmans peut permettre de faire "retomber la tension".

 

"Oui c'est gagnant-gagnant", souligne de son coté un officier de la force Sangaris, "dans le sens où les chrétiens ont moins peur de voir l'armée tchadienne (soupçonnée d'être de connivence avec l'ex-rébellion Séléka au pouvoir) si elle est à nos côtés, et les musulmans ont moins peur de nous voir si nous sommes aux leurs".

 

Les jours précédents, les tentatives françaises de prendre position la nuit au "PK5", quartier musulman particulièrement violent, se sont soldées par des prises à partie brutales et la mise en place de barricades enflammées par les populations.

 

La multiplicité des acteurs dans le drame que vit Bangui et la difficulté de coordination d'une force multinationale n'arrange pas les choses pour calmer "rapidement" le jeu dans la capitale centrafricaine. Mais petit à petit, la France et la Misca semblent vouloir jouer la partie en commun.

 

Au point "0", le centre ville, la patrouille conjointe des lieutenants français Valentin et tchadien Mahamat fait une courte pause. Comme souvent, des hordes d'enfants des rues abordent les militaires qui descendent de leurs pick-up, appelant les hommes par leurs grades qu'ils arrivent à reconnaître.

 

Dans l'agitation du quartier, une colonne de véhicules passe. Pour une fois ce n'est pas un convoi de blindés, mais quelques taxis et motos décorés, klaxonnant à tout va et des fenêtres desquelles les Banguissois agitent les mains: c'est un mariage, qui ferait presque oublier la crise, ou du moins rêver d'un avenir meilleur.

Centrafrique : Sangaris et MISCA défiées par les anti-Balakas à Bossangoa, besoin d'aide humanitaire pour 50.000 déplacés

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