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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 01:03

 

 

 

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/  Par Sarah Diffalah   Publié le 20-01-2014 à 18h59 Mis à jour à 19h05

 

Le parlement centrafricain a élu lundi une femme comme présidente de transition. Pour beaucoup, elle est déjà symbole d'espoir malgré les lourds chantiers qui l'attendent.

 

"Je lance un appel vibrant à mes enfants anti-balaka (miliciens chrétiens) qui m'écoutent. Manifestez votre adhésion à ma nomination en donnant un signal fort de dépôt des armes [...] à mes enfants ex-Séléka qui m'écoutent aussi, déposez vos armes". C'est sous les applaudissements que Catherine Samba Panza a prononcé ses premiers mots de nouvelle présidente de transition de Centrafrique. Elle a été élue lundi 20 janvier au second tour par 75 voix, devançant l'autre candidat, Désiré Kolingba, fils d'un ancien chef de l'Etat, qui a obtenu 53 suffrages.

 

Dans le pays qui a sombré dans un cycle de violence infernal depuis la prise de pouvoir de l'ancien membre des rebelles de la Seleka, Michel Djotodia, l'ancienne maire de Bangui symbolise l'espoir. Présent dans la salle à Bangui, le spécialiste Thierry Vircoulon, chercheur à l'Ifri et directeur du programme Afrique centrale de l'International Crisis Group a décrit "un climat de transparence maximale". "La salle était ouverte au public, sous le regard de la communauté internationale. Le vote était à bulletin secret mais devant tout le monde." Pour le chercheur, "cette élection est surtout signe de renouveau. Catherine Samba Panza a eu des paroles d'ouverture à l'égard des deux communautés mais aussi à l'égard de son challenger. C'est ce que demandaient la communauté internationale et les Banguissois."

 

La nouvelle présidente aura très peu de temps pour préparer les élections en 2015 (voire en 2014 comme le souhaite la France) et pour jeter les bases d'une politique destinée à remettre en route un pays à genoux et secoué par une extrême violence.

 

Défi numéro 1 : la sécurité

 

Sans nul doute, l'arrêt des violences sera un défi d'envergure... et le plus urgent. "La priorité immédiate, c'est le désarmement et le retour de la sécurité", assure Thierry Vircoulon qui souligne qu"une intensification du dispositif sécuritaire à Bangui" va se poursuivre dans les jours à venir pour éviter toute contestation de l'élection. "Catherine Samba Panza va devoir s'appuyer sur les forces internationales, mais elle devra aussi impliquer les chefs des anti-balaka et des ex-Seleka dans le processus de sécurisation."

 

Dans un rapport publié en juin 2013, l'International Crisis Group préconisait de "mettre en œuvre des initiatives de dialogue interreligieux et des projets de reconstruction urgents dans les zones d'affrontement, et plus particulièrement dans les villes où les chrétiens et les musulmans vivent séparément".

 

Défi numéro 2 : fournir une aide humanitaire d'urgence

 

"Il y a certes un risque de génocide et ce risque va crescendo si rien n'est fait pour rétablir les attributs d'un Etat et aider les populations à avoir le minimum", a averti lundi l'ambassadeur centrafricain auprès de l'ONU, Leopold Ismaël Samba. "Il faut donc une approche holistique, mieux un plan Marshall si l'on veut sauver ce pays et éviter que la gangrène qui le frappe ne se propage chez les voisins de la sous-région", a-t-il dit.

 

Les violences en Centrafrique ont provoqué des déplacements massifs de population. Près d'un million de personnes ont fui leurs foyers en Centrafrique depuis fin mars 2013. En outre, environ 2,6 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont besoin d'aide humanitaire. Pour Navy Pillay, "une réponse plus robuste à cette crise est urgente pour protéger les civils, empêcher d'autres violences, mettre fin à l'impunité et promouvoir la réconciliation".

 

Premier succès : lundi, au moment où la Centrafrique élisait sa nouvelle présidente de transition, la communauté internationale, réunie à Bruxelles,s'est engagée à débloquer près de 500 millions de dollars. Le ministre français au Développement, Pascal Canfin, a qualifié de "réussite indéniable" les résultats de la conférence. "Les 496 millions de dollars (365 millions d'euros) vont couvrir 90% des besoins humanitaires pour 2014" et "100% du plan d'urgence des trois premiers mois", a-t-il précisé. La France a elle annoncé une contribution de 35 millions d'euros. Prochain rendez-vous à Addis Abeba, lors d'une conférence organisée le 1er février par l'Union africaine.

 

Défi numéro 3 : rétablir les structures administratives et remettre en marche l'économie

 

Depuis la chute de François Bozizé, le pays est quasiment ingouvernable et les structures administratives inexistantes. Les écoles, les services de santé, les bâtiments administratifs, les tribunaux, les prisons, la police... sont complètement (ou quasiment) détruits. Les fonctionnaires ne sont pas payés ou au compte-goutte. Interrogé, il y a quelques semaines, le spécialiste Roland Marchal racontait : "Sous François Bozizé, il ne restait déjà plus grand-chose. Et ce qui subsistait dans les capitales des régions a été détruit pas la Seleka. Le ministre de l'Intérieur ne sait pas même pas où se trouvent ses 17 préfets !"

 

L'ICG préconise de "procéder à une reconstruction locale rapide des certaines agglomérations avec redéploiement simultané de l'administration [...] Le rétablissement des services de bases induirait des créations d'emplois locaux, incarnerait le retour de l'Etat et aurait un effet stabilisateur."

 

Le tissu économique est à plat, et la fuite des musulmans vers le Nord et vers l'Ouest est un désastre pour l'Imam Kobine Layama, président de la communauté islamique centrafricaine, interrogé par France Info : "Les musulmans centrafricains détiennent 70 % de l'économie du pays. Ils sont indispensables pour reconstruire la Centrafrique."

 

Sarah Diffalah avec agences - Le Nouvel Observateur

CENTRAFRIQUE : Les 3 défis qui attendent Catherine Samba Panza

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