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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 22:50

 

 

 

 

 

 

http://observers.france24.com/   24/01/2014 

 

De nouveaux affrontements ont opposé cette semaine des anti-balakas et des ex-Séléka dans plusieurs villes et villages de l’Ouham-Pende, au nord-ouest de la Centrafrique. C’est notamment de cette région, frontalière du Tchad, qu’était partie l’ex-Séléka et vers laquelle elle se replie. Les violences ont semé la panique chez les habitants. Nos Observateurs déplorent que les convois ne soient pas escortés par la Misca ou l’armée française.

 

 Les convois des ex-Séléka remontent notamment du sud du pays vers les régions voisines du Cameroun et autour de Bangui, dont ils sont progressivement chassés. Ils semblent vouloir se replier à proximité de la frontière tchadienne. Selon nos informations, des violences ont notamment éclaté à Baoro, Bouar, Bocaranga et Ngaoundaye. Ces affrontements auraient provoqué le déplacement de 20 000 personnes qui trouvent, quelle que soit leur confession, le plus souvent refuge dans les locaux des missions catholiques locales, ou fuient en brousse. Les pillages et les vols qui ont émaillé les affrontements ne font qu’aggraver la situation humanitaire.

 

 La semaine dernière, des anti-balakas avaient saccagé des habitations et des boutiques tenues par des musulmans à Bozoum. Quelques jours auparavant, à la veille de l’annonce de la démission de Michel Djotodia, le 10 janvier, des ex-Séléka avaient incendié neuf villages dans le nord-ouest de la Centrafrique.

 

 À Bangui, la capitale, alors que la maire de la ville Catherine Samba-Panza a été élue lundi présidente de la transition, la situation est également loin d’être stabilisée : mardi et mercredi, une quinzaine de personnes ont été tuées et 27 grièvement blessées dans des violences qui opposent de plus en plus souvent des civils entre eux. Seize autres personnes ont trouvé la mort jeudi.

 

 Formée en 2012 d’une coalition de rebelles opposés à l’ancien président centrafricain François Bozizé, la Séléka est à dominante musulmane, composée de Centrafricains, mais compterait également des mercenaires soudanais et tchadiens. Les anti-balakas sont des milices rurales, à dominante chrétienne qui se sont formées en réaction à l’avancée puis à la prise du pouvoir par le Séléka en mars 2013, qui avait amené Michel Djotodia à la présidence de la Centrafrique.

 

Le début de semaine a été très tendu dans la région, notamment à Bouar, Bocaranga et Ngaoundaye. Les ex-Séléka sont passés par ces villes, qui se trouvaient sur leur chemin de retour vers le Tchad, et ont fait, en quelque sorte, leurs "dernières emplettes".

 

 Les premiers accrochages ont eu lieu à Baoro, une ville à l’est de Bouar. Les éléments des ex-Séléka qui étaient stationnés dans la région avaient vendu il y a quelques temps des armes aux musulmans de la ville, qui se sont battus avec des anti-balakas. Les ex-Séléka sont revenus et se sont joints aux combats contre les anti-balakas. D’après mes sources auprès des missions catholiques, il y a eu 52 morts.

 

 À chaque fois qu’ils arrivent dans une ville, les Séléka s’en prennent à la mission catholique. Il n’y a à vrai dire bien souvent pas d’autres bâtiments d’importance et c’est là que de nombreux habitants se refugient. Mardi à Bocaranga, ils ont tiré à l’intérieur des locaux, blessant au moins deux personnes, un homme et une femme. Ils ont volé des voitures et des ordinateurs. À la mission catholique de Ngaoundaye, ils ont semé la terreur de la même manière, ont volé du matériel électronique et ont pris en otage un religieux, le frère Rolland, avant de le relâcher sain et sauf mercredi matin. Ils pillent tout ce qu’ils peuvent dans les villes et mettent le feu à des bâtiments. La ville est actuellement quasi-déserte, les habitants ont fui en brousse.

 

 Les ex-Séléka étaient censés être désarmés mais ça n’a absolument pas été le cas. Ceux qui sont repassés par ici étaient tout à fait équipés d’armes lourdes. Il était prévisible qu’ils reviendraient dans notre région et se comporteraient violemment.

 

Nous avons vécu une semaine sous haute tension et le calme qui règne depuis jeudi est précaire. En fin de semaine dernière, on a entendu à plusieurs reprises des tirs de sommation dans la ville, sans savoir qui en était à l’origine. Il s’est avéré que c’étaient des jeunes de la ville qui avaient trouvé des armes abandonnées par les soldats de l’armée centrafricaine.

 

 En début de semaine, la situation s’était à peine apaisée que c’est reparti de plus belle. Des personnes commençaient à quitter Bouar, mais sont revenues au bout de deux heures car elles ont appris qu’un convoi d’ex-Séléka, environ 30 véhicules, approchait et allait passer par la ville. Du coup, les anti-balakas de la région ont rappliqué et des combats ont eu lieu au centre-ville. Ça tirait dans tous les sens. Dans la chapelle de la mission catholique, où s’étaient réfugiés des femmes et des enfants, des livres ont été troués par des balles, mais heureusement personne n’a été blessé. Des immeubles ont été brûlés, des maisons pillées, mais je ne suis pas en mesure d’identifier les responsables. D’après mes informations, au moins deux personnes ont été tuées dans les combats, mais il m’est difficile de donner un bilan exact.

 

 Pour moi, ces évènements révèlent le manque flagrant d’implication de la Misca et de la mission Sangaris. Les ex-Séléka sont un groupe non conventionnel, qui ne respecte aucun principe. Comment peut-on penser que ces hommes vont regagner le Tchad calmement, quand on sait qu’ils traversent des régions où des anti-balakas vont les provoquer ? Je ne comprends pas qu’ils ne soient pas escortés par des membres de Sangaris ou de la Misca. Les soldats de ces deux missions ne sont pas assez investis ici. Si au moins il y avait eu une mission aérienne, ç’aurait été différent.

 

 Nous avons tenté plusieurs fois d’appeler la mission Sangaris à Bangui pour demander des renforts, mais je tombe toujours sur le répondeur. Et quand je demande aux soldats de la Misca stationnés à Bouar pourquoi ils n’interviennent pas pour réguler ces violences, ils me répondent toujours la même chose : ils n’ont pas reçu l’ordre du haut commandement, ou alors n’ont pas assez d’effectifs. On ne cesse de lancer des 'SOS', mais on dirait que Bangui croit qu’on dramatise la situation. Elle est pourtant suffisamment grave.

Centrafrique : chaos au nord-ouest après le retour des ex-Séléka

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