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17 janvier 2014 5 17 /01 /janvier /2014 18:38

 

 

 

 

 

AFP 17 JANVIER 2014 À 16:43 (MIS À JOUR : 17 JANVIER 2014 À 16:43)

 

La capitale centrafricaine Bangui a renoué vendredi avec la vie politique, préparant l’élection lundi du nouveau président de transition d’un pays à la dérive où les violences baissent mais persistent.

 

Le président français François Hollande a jugé que la situation en Centrafrique s’améliorait lentement.

 

«Depuis un mois, il n’y a pas un arrêt de tous les combats, mais une forme d’apaisement, avec l’accès de l’aide humanitaire, et une amélioration encore trop fragile de la situation sécuritaire», a-t-il déclaré à Paris.

 

Plus de 1.600 soldats français sont déployés depuis plus d’un mois en Centrafrique, sous mandat de l’ONU, pour tenter de stabiliser le pays en proie aux tueries.

 

A Sibut (160 km au nord de Bangui), des habitants fuyant la ville ont témoigné de violences et parlé de nombreux morts. Un responsable de la force africaine de maintien de la paix (Misca) a confirmé que «depuis trois ou quatre jours, il y a des affrontements à Sibut entre Séléka et anti-balaka», sans pouvoir donner un bilan.

 

Un officier français a également dit «avoir connaissance d’affrontements à Sibut», sans donner plus de détails. Ni la Misca ni les Français ne sont présents à Sibut, mais selon cette source, «on reste très attentif à ce qui se passe en province et on ne reste pas inactifs».

 

A Bangui aussi, le feu couve toujours. Quadrillée par les forces internationales, la capitale présente chaque jour un peu plus une trompeuse apparence de normalité - comme au PK-12 vendredi matin, après une nouvelle bouffée de violences meurtrières la veille qui avait fait au moins sept morts.

 

La moitié des 800.000 habitants de la capitale vivent entassés dans des camps insalubres, refusant de rentrer chez eux.

 

Dans le centre de Bangui, des centaines de jeunes ont manifesté leur soutien à un candidat au siège présidentiel, Emile Gros Raymond Nakombo, un homme d’affaires candidat malheureux au scrutin présidentiel de 2011.

 

«C’est un des rares hommes politiques qui vit sur place et (qui) a refusé d’intégrer la Séléka», le mouvement ayant porté au pouvoir en mars 2013 Michel Djotodia, expliquait l’un des manifestants, Junior Kowes.

 

Le président Djotodia a été contraint au départ le 11 janvier par les dirigeants d’Afrique centrale - soutenus par la France - excédés par son incapacité à mettre fin aux tueries interreligieuses.

 

Chargé d’arrêter l’implosion du pays, le nouveau président de transition doit être élu lundi par le Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire).

 

Le CNT a fixé des critères draconiens d’éligibilité excluant beaucoup de monde: les responsables politiques sous la présidence Djotodia, les chefs de partis, les militaires d’active, et les membres d’une milice ou d’une rébellion armée sur ces 20 dernières années.

 

Il n’y a «plus d’Etat»

 

La clôture des candidatures est fixée à samedi 10H00 (09H00 GMT). Le CNT examinera ensuite les dossiers et annoncera les candidats dimanche, pour une élection lundi.

 

Les partenaires occidentaux et africains de Bangui veulent «un président technique», selon un diplomate occidental. Et il devra agir en urgence.

 

«Il y a tous les éléments que nous avons vus dans des endroits comme le Rwanda, la Bosnie, les éléments sont là pour un génocide. Cela ne fait pas de doute», a affirmé jeudi le chef des opérations humanitaires de l’ONU, John Ging, de retour d’une mission en Centrafrique: «Les gens ont peur des autres communautés».

 

Bossangoa, à 250 km au nord-ouest de Bangui, en est un exemple.

 

Les violences interreligieuses à grande échelle y avaient débuté en septembre. Aujourd’hui, Bossangoa est une ville de déplacés qui vivent dans deux camps: les chrétiens d’un côté, rassemblés près de l’église, les musulmans de l’autre, près de l’école Liberté. Au total, près de 35.000 personnes, soit la quasi-totalité des habitants.

 

Il n’y a «plus d’Etat, plus d’administration», résume l’évêque de la ville, Mgr Nestor Désiré Nongo Aziagbia.

 

Aucune attaque meurtrière n’a été signalée depuis deux semaines, mais la peur est toujours là et les déplacés ne retournent pas chez eux.

 

Sur les 4,6 millions de Centrafricains, environ un million ont été chassés de chez eux par les violences et la moitié de la population est directement touchée par la crise, selon des sources humanitaires.

Centrafrique: Bangui renoue avec la politique avant l’élection d’un président

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