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13 janvier 2014 1 13 /01 /janvier /2014 16:27

 

 

 

 

 

 

 

Par Cécile FEUILLATRE et Christian PANIKA | AFP

 

Des centaines de soldats de l'armée régulière centrafricaine qui avaient déserté ces derniers mois regagnaient lundi leur commandement, premier signe d'un début de retour à la normale à Bangui, où militaires français et africains ont intensifié leurs patrouilles contre les pillards.

 

En vue également d'une normalisation institutionnelle en Centrafrique après le vide laissé par la démission vendredi du président Michel Djotodia et de son Premier ministre Nicolas Tiangaye - accusés par la communauté internationale de n'avoir rien fait pour arrêter les tueries interreligieuses -, le Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire) débute mardi une session spéciale pour élire un nouveau président de transition, a-t-on indiqué de source officielle.

 

Les rues de la capitale étaient très animées lundi matin, contrastant avec les jours précédents. La nuit a été "particulièrement calme", selon des habitants joints par l'AFP qui n'ont fait état d'aucune scène nocturne de pillage, malgré quelques tirs isolés.

 

Selon des habitants, les soldats français de l'opération Sangaris et africains de la Misca ont intensifié leurs patrouilles pour neutraliser les bandes des pillards armés de machettes et de gourdins.

 

Le président du CNT et chef de l'Etat par intérim, Alexandre-Ferdinand Nguendet, a lui promis que "l'anarchie était terminée" à Bangui.

 

Avertissement "aux amoureux du pillage"

 

"Aux ex-Séléka (combattants de M. Djotodia), aux anti-balaka (miliciens hostiles à M. Djotodia) et aux amoureux du pillage, je vous lance une mise en garde sévère, c'est terminé la récréation", a ajouté M. Nguendet.

 

A l'école nationale d'administration et de magistrature (Enam) où l'état-major des forces centrafricaines a installé un bureau d'enregistrement, des centaines de soldats de l'armée régulière, qui avaient rejoint les milices anti-balaka ou fui de peur d'être éliminés, se pressaient, ont constaté des journalistes de l'AFP.

 

Ces soldats, la quasi-totalité en tenues civiles, se faisaient enregistrer après l'appel dimanche du chef d'état-major, le général Ferdinand Bomboyeke, aux soldats de rejoindre leurs casernes "d'ici lundi".

 

"Ils sont venus très nombreux et ça continue d'arriver (...) c'est un très bon signe", a déclaré à l'AFP le colonel Désiré Bakossa, de l'état-major. Un centre a ouvert au commissariat central de Bangui pour les policiers.

 

"content de revoir mes frères d'armes"

 

Plusieurs milliers de soldats, gendarmes et policiers avaient déserté leurs unités ces derniers mois, craignant d'être victimes de représailles des combattants Séléka qui constituaient l'essentiel des forces du président Djotodia.

 

"Je suis très content de revoir mes frères d'armes", disait l'adjudant Jacky-Morel Gbabja, qui avait fui son unité début décembre pour "se mettre à l'abri" avec sa famille.

 

"On va faire le point des effectifs et lancer des appels à la communauté internationale car nous n'avons plus rien, plus d'uniformes, plus d'armes", a expliqué le colonel Bakossa.

 

De source française, "on reste très prudent" avec pour objectif d'organiser rapidement des patrouilles mixtes Misca-forces centrafricaines. "Il faut mesurer au jour le jour comment ça se passe. Il faut qu'ils réoccupent le terrain (...) c'est un travail de fourmi", selon cette source.

 

Présent sur tous les fronts, M. Nguendet va diriger à partir de mardi la session spéciale du CNT qui doit élire dans un délai maximal de 15 jours un nouveau président de transition - qui ne pourra être candidat aux élections générales prévues au plus tard au premier semestre 2015.

 

"Nous avons là-bas un problème sécuritaire à régler, un problème humanitaire extrêmement grave et un problème de transition démocratique. Vous ne pouvez pas laisser un pays sans dirigeant. Il faut que dans les dix jours, les dirigeants soient nommés", a demandé lundi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius dans des déclarations à la presse.

 

Selon des sources politiques centrafricaines, il devrait y avoir une dizaine de candidats et il est tout à fait possible que M. Nguendet en fasse partie. Vu sa connaissance des 135 membres du CNT, il ferait alors partie des favoris.

 

"Je souhaite que l'attention de la communauté internationale contribue à faire cesser les violences, à rétablir l'état de droit et à garantir l'accès de l'aide humanitaire, même dans les zones les plus reculées du pays", a quant à lui déclaré le pape François lundi devant le corps diplomatique au Vatican.

Bangui: retour des soldats en fuite, patrouilles renforcées contre les pillards

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