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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 15:49

 

 

 

 

 

 

RFI  vendredi 24 janvier 2014 à 14:54

 

Il y a un mois, Abakar Sabone avait défrayé la chronique en proposant une partition de la Centrafrique: les chrétiens au Sud, les musulmans au Nord. Il était alors conseiller spécial du président Michel Djotodia. Aujourd'hui, si ses amis de la Seleka ont perdu le pouvoir, il reste à Bangui. Celui qui avait créé le mouvement rebelle UFDR, il y a huit ans aux côtés de Michel Djotodia, réagit à l'élection de Catherine Samba-Panza.

 

RFI : Faites-vous confiance à Catherine Samba-Panza pour ramener la paix ?

 

Abakar Sabone : Effectivement, oui. Je fais confiance, parce qu’elle a été élue par les élites du Conseil national de transition. Donc, je fais confiance pour l’instant.

 

Depuis trois jours, elle consulte beaucoup. Elle a reçu, notamment, les principaux généraux de la Seleka.Cela vous rassure-t-il ?

 

A mon avis, la consultation avec la Seleka est une bonne chose, y compris, même, les anti-balaka. Mais l’essentiel, c’est de préparer les deux camps, ex-Seleka et anti-balaka, à un accord de cessez-le-feu. Et ensuite, à un accord de paix. Et c’est dans cet accord de cessez-le-feu et cet accord de paix que seraient définis les mobiles de cantonnement, de désarmement et de réinsertion de ces combattants.

 

Quels sont les postes du prochain gouvernement que pourraient réclamer les chefs de la Seleka ?

Ce n’est pas les chefs de la Seleka qui vont imposer quoi que ce soit. Vous savez que le départ de Michel Djotodia a été négocié, et il y a certainement des postes qui ont été négociés.

 

Voulez-vous dire que des ministères de souveraineté ont été négociés pour la Seleka, lors de la démission forcée de Michel Djotodia, le 10 janvier dernier, à Ndjaména ?

 

Non, ce n’est pas la question des postes de souveraineté. L’essentiel, c’est qu’ils ne soient pas exclus du gouvernement, pour la bonne marche de cette transition.

 

A Bangui, les quelque 7 000 combattants de la Seleka sont cantonnés, mais ne sont pas désarmés. A quelles conditions accepteront-ils d’être désarmés ?

 

Effectivement, c’est ce que je viens de vous dire. Il faut soumettre les deux camps à la signature absolue d’un accord de cessez-le-feu et d'un accord de paix. Il faut qu’on définisse, après ce désarmement, ce qu’ils deviendront. Il y a ceux qui veulent être intégrés dans l’armée et ceux qui veulent intégrer la vie civile. Ils auront forcément une mesure d’accompagnement, et c’est tout à fait naturel.

 

Du côté des anti-balaka, le lieutenant Konaté, qui a été reçu mercredi 21 janvier par la nouvelle présidente, propose une grande conférence nationale sur le pardon. Qu’en pensez-vous ?

 

Mais c’est tout à fait normal ! C’est ce que nous avons toujours sollicité ! Et je crois que la CEEAC [Communauté économique des Etats d'Afrique centrale, ndlr] est déçue, automatiquement, après la prestation de serment. Il faut que les Centrafricains s’y retrouvent, pour se dire la vérité en face, se pardonner définitivement et tourner cette page sombre qu'a connue notre pays.

 

Une rencontre, un dialogue, entre Seleka et anti-balaka, est-ce possible dans un proche avenir ?

Mais bien sûr ! Mais dans les anti-balaka, il y a des éléments incontrôlés qu’eux-mêmes, anti-balaka, ne contrôlent pas. C’est un groupe isolé, mal intentionné qui se font passer comme des anti-balaka. C’est ceux-là qui commettent des exactions vraiment sauvages, qui tuent, qui découpent, qui brûlent, qui parfois – excusez-moi le terme – mangent même la chair humaine ! Et ceux-là ne veulent pas voir la Centrafrique retrouver la paix !

 

En mars dernier, à leur arrivée au pouvoir, les combattants de la Seleka ont terrorisé les populations. Est-ce que ce ne sont pas eux, les premiers responsables du chaos ?

 

Bien sûr, bien sûr… Il y a eu des bavures ! Je n’en disconviens pas ! Mais aujourd’hui, de part et d’autre, que ce soit les ex-Seleka, que ce soit les anti-balaka, chacun a ses raisons et ses torts. L’heure est à la réconciliation et au pardon.

 

L’année dernière les attaques des églises chrétiennes le jour de la messe pour rançonner les fidèles, n'ont-elles pas été une grave faute, qui a déclenché la haine entre les confessions religieuses ?

 

Ça c’est un cas isolé pour une église. C’est un cas isolé que certains individus de la Seleka mal intentionnés. Mais ce qui est le plus important aujourd’hui, c'est que plus de 70 mosquées ont été détruites ! Alors que dans les quartiers musulmans, Kilomètre 5, nous avons dix-sept églises qui sont protégées par les musulmans jusqu’à nos jours.

 

Le mois dernier, quand vous étiez conseiller spécial du président Djotodia, vous avez lancé : "Si ça continue, nous les musulmans, nous allons rentrer chez nous dans le nord et nous allons diviser le pays en deux". Est-ce que vous maintenez vos propos ?

 

Non, je ne maintiens pas les propos. Mais c’est pour le besoin de la paix. Si entre deux communautés centrafricaines musulmanes et chrétiennes, nous n’arrivons pas à nous entendre, que chaque jour on s’entretue... Je dis que nous, les nordistes musulmans, nous rentrions au Nord. Mais, il y a deux semaines, je suis revenu sur cette question pour demander pardon au peuple centrafricain. Notre pays restera un, uni et indivisible.

 

Mais si la réconciliation échoue, les combattants de la Seleka ne vont-ils pas se replier au Nord, et constituer une poche de résistance à Ndélé, Bria, Birao ?

 

Pour l’instant, je suis optimiste, parce que nous sommes accompagnés par CEEAC et la communauté internationale, et nous avons des forces multinationales Sangaris et Misca qui sont en Centrafrique.

 

Je lance un appel à la présidente de transition, d’être très sage et à l’écoute de tout le monde. Et surtout de ne pas se laisser instrumentaliser par l’ancienne classe politique centrafricaine, qui a toujours failli à sa mission et qui a toujours amené tous les régimes successifs de ce pays à la dérive.

 

Vous connaissez Michel Djotodia depuis longtemps. Avait-il l’envergure d’un chef d’Etat ?

 

Vous savez, je crois que l’ex-président Michel Djotodia était mal entouré. J’accuse l'entourage. Michel, tel que je le connaissais, est un homme pacifique. Aujourd’hui, je salue son courage d’accepter de démissionner pour le besoin de la paix.

 

Mais le 10 janvier à Ndjaména, Idriss Deby et Denis Sassou Nguesso ont dû lui tordre le bras pour qu’il accepte finalement de démissionner !

 

Non, personne n’a forcé Michel à quitter le pouvoir. C’est pour le besoin de la paix qu’il a accepté lui-même de partir, alors qu’il a sous ses bras plus 16 000 combattants armés qui sont dans Bangui. Et jusque-là, ils sont cantonnés.

Abakar Sabone : en Centrafrique, «le départ de Michel Djotodia a été négocié» (RFI)

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