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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 14:37

 

 

 

 

 

 

 

http://www.ladepeche.fr   28/12/2013 à 08:11

 

Bien des malheurs se sont abattus sur la République centrafricaine depuis son indépendance en 1960. L’ancienne colonie française au nom pittoresque d’Oubangui-Chari n’a jamais vraiment réussi à s’arracher des dictatures et des coups d’État. L’instabilité politique y est permanente et la France porte aussi sa part de responsabilité dans ce chaos, elle qui a souvent servi les intérêts d’une certaine «Françafrique».

 

Ainsi, ce n’est pas sans un coup de pouce de la France que le fameux Jean-Bedel Bokassa est arrivé au pouvoir en 1965. On se souvient des délires de ce dictateur, qui se sacra lui-même empereur, dans une débauche de luxe et de faste, lui qui selon la légende, jetait ses ennemis aux crocodiles. Bokassa est chassé du pouvoir en 1979… avec l’aide de la France, condamné à mort, puis gracié, puis exilé (en France) et lorsqu’il meurt, c’est en homme libre qu’il sera inhumé dans son propre palace !

 

Depuis Bokassa, les révolutions de palais, les guerres civiles, les putschs se sont enchaînés sans vraiment s’arrêter, et la démocratie a toujours été prise à rebours à Bangui. Le général Kolingba régnera ensuite à la tête d’une dictature militaire pendant une quinzaine d’années. Ange-Félix Patassé lui succédera, puis un autre général, François Bozizé, qui n’est pas vraiment étranger au chaos actuel.

 

Bozizé a eu affaire à deux guerres civiles : la première entre 2004 et 2007, et la seconde qui a débuté en 2012.

 

Dans tous ces conflits, on devine la porosité de la République centrafricaine, car on voit très souvent des éléments extérieurs au pays intervenir sur son territoire.

 

Ainsi, les fameuses milices Séléka. A priori, elles sont une «coalition» de forces centrafricaines, qui se sont rassemblées pour chasser le président Bozizé. A leur tête, Michel Djotodia, autoproclamé président de la République. Mais ces milices à majorité musulmanes sont en fait des bandes de mercenaires dont certains ont été recrutés dans les pays voisins eux aussi en instabilité permanente, comme le Soudan ou le Tchad.

 

Que s’est-il passé l’année dernière ? Ceux qui tiraient les ficelles de la rébellion Séléka ont fait savoir qu’ils recrutaient des mercenaires. Voilà qui a suscité beaucoup de vocations et gonflé les rangs des troupes Séléka. Mais lorsque les mercenaires ont demandé d’être payés, ceux qui les avaient mandatés ont ouvert des caisses vides : colère…

 

Alors depuis, les Séléka ont pris le pouvoir à leur propre compte et «se payent sur la bête», en pillant la population. Ce jeu dangereux a déclenché, dans un pays où la tolérance religieuse était respectée, une guerre entre musulmans et chrétiens. Car en réponse aux exactions des Séléka, des milices «anti-balaka» c’est-à-dire «anti-machettes», à majorité chrétiennes se sont constituées. C’est depuis un cycle infernal de la violence et de la vengeance qui s’est enclenché. Il sera très difficile de le stopper et de cicatriser les blessures.

 

On a donc affaire à un pays épuisé, ruiné, exsangue. Même s’il s’agissait d’une dictature, il y avait un semblant d’État encore du temps de Bokassa, avec des hôpitaux, des écoles, des routes. Depuis, tout s’est dégradé petit à petit. Il n’y a pas d’administration ou presque. Certaines parties du pays sont très difficilement accessibles, il n’y a plus personne pour entretenir les routes et faire fonctionner les services publics. La végétation, à cette latitude proche de l’équateur, reprend très vite tous ses droits, dès que les bulldozers s’éloignent quelques mois. Il n’y a plus d’éducation nationale. Les ONG font ce qu’elles peuvent.

 

On est donc très loin du minimum requis pour que fonctionne un lointain semblant de démocratie. Ainsi, les cartes d’identité sont payantes et coûtent très cher : donc, la plupart des habitants n’ont pas ce document. Comment voter lors d’hypothétiques élections ?

 

D’autant que lors de leur prise de pouvoir, les Séléka ont brûlé les archives de l’état civil de Bangui : qui va reconnaître qui, dans ce pays qui compte environ 5 millions d’habitants ? Qu’est-ce qui va distinguer un ressortissant centrafricain d’un Congolais, d’un Tchadien ou d’un Camerounais ? Enfin, la corruption généralisée finit de gangréner ce qui peut rester d’État. Cette faillite s’accompagne d’un désastre écologique : le grand parc trinational de la Sangha, censé protéger la forêt primaire entre Centrafrique, Cameroun et Congo est livré à lui-même côté centrafricain. Dans un écosystème aussi fantastique que fragile, qui recèle les plus précieux animaux d’Afrique, du gorille à la panthère en passant par l’éléphant, les habitants affamés mangent de la viande de brousse ou en font de la contrebande pour de richissimes amateurs : «Pourquoi l’Onu, qui a classé cette forêt au patrimoine mondial de l’Humanité n’intervient elle-pas ?» interroge l’entomologiste toulousain, spécialiste de la faune de Centrafrique, Philippe Annoyer. Là aussi, il y a urgence.

 

Dominique Delpiroux

Pourquoi la Centrafrique n'arrive pas à sortir des coups d'État et de la guerre
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