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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 12:27

 

 

 

 

 

 

http://www.jeuneafrique.com  30/12/2013 à 11:27 Par Vincent Duhem et Seidik Abba

 

Le chef de l'État tchadien a décidé, le 19 décembre, de nommer un nouveau commandant à la tête de ses troupes au sein de la force africaine en Centrafrique, la Misma. Histoire de remettre un peu d'ordre dans ses relations complexes avec son turbulent voisin.

 

Dans ses huis clos avec ses partenaires africains et français, le président tchadien Idriss Déby Itno reconnaît qu'il a pu y avoir connivence, ces derniers mois, entre des soldats tchadiens de la Force multinationale d'Afrique centrale (Fomac) et certains combattants tchadiens de la Séléka, l'ex-rébellion au pouvoir à Bangui.

 

Pour y mettre fin, il vient donc de taper du poing sur la table. Le 19 décembre, à l'occasion de la transformation de la Fomac en Misca (Mission internationale de soutien à la Centrafrique), le colonel Djibril Oumar, commandant des quelque 780 soldats du contingent tchadien, a été remplacé par le général Ousman Barh Itno, un neveu du chef de l'État.

 

Incontournables Tchadiens

 

En Centrafrique, le Tchad fait partie du problème et de la solution. Avec près de 800 soldats, N'Djamena aligne le contingent le plus important de la force africaine déployée en Centrafrique. Compte tenu de leur expérience et de leur connaissance du terrain, les Tchadiens avaient même beaucoup à apporter. Sauf que leur proximité avec les éléments de la Séléka a desservi leur action. En effet, près du tiers des 6 000 rebelles qui ont renversé François Bozizé sont d'origine tchadienne.

 

"Il y a clairement un problème avec le contingent tchadien, reconnaît une source officielle à Paris. Le président Idriss Déby Itno en est conscient et il veut y remédier pour ne pas écorner l'image de son armée, qui a accompli un excellent travail au Mali." Pour autant, en France comme sur le continent, on sait bien qu'aucune solution à la crise centrafricaine ne peut être trouvée sans le président tchadien. Car même s'il s'en est éloigné ces derniers jours, Déby Itno garde une réelle influence sur le président de la transition, Michel Djotodia.

 

"Nous avons une réelle convergence d'analyse avec lui sur la Centrafrique. C'est un canal de communication très important dont nous nous servons pour faire passer des messages à Bangui", souligne-t-on dans l'entourage du ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

 

 

 

Le Drian au Sahel : la Centrafrique et le redéploiement militaire français au centre des discussions

 

30/12/2013 à 08:40 Par Jeune Afrique

 

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, entame lundi une visite de trois jours au Mali, au Niger et au Tchad. Le redéploiement du dispositif militaire français au Sahel et la situation en Centrafrique seront au centre des discussions.

 

Pour la première fois depuis des années, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ne réveillonnera pas avec les militaires déployés en Afghanistan, mais avec les troupes présentes en Afrique. C'est au Mali que le ministre entame, lundi 30 décembre, une visite de trois jours qui le mènera également au Niger et au Tchad. Le redéploiement du dispositif militaire français au Sahel et la situation en Centrafrique seront les principaux sujets de discussion.

 

Le ministre s'entretiendra, mardi, avec le président Ibrahim Boubakar Keita, à quelques jours du premier anniversaire de l'opération Serval, lancée le 11 janvier 2013 pour chasser les islamistes armés qui contrôlaient le nord du pays.

 

Fin décembre, 2 500 soldats français seront encore présents dans le pays, soit deux fois moins qu'au plus fort de la crise. Au printemps 2014, le contingent français ne devrait plus compter qu'un millier d'hommes. 650 soldats français poursuivront à terme leurs opérations contre le "terrorisme" au Mali, où les groupes islamistes conservent une forte capacité de nuisance. Les 350 autres se répartiront entre la mission européenne de formation de l'armée malienne (EUTM Mali) et la participation française à l'état-major de la Minusma, la force des Nations-unies au Mali.

 

La France qui dispose d'environ 5 000 hommes stationnés en permanence en Afrique, de Dakar (350) à Djibouti (2 000), en passant par Libreville (950), N'Djamena (950) ou encore Abidjan (450), entend "réarticuler" de façon "très progressive" son dispositif dans la région afin de l'adapter aux nouvelles menaces, souligne-t-on à la Défense.

 

Crise centrafricaine

 

La réorganisation du dispositif militaire français sera également au menu des discussions, mercredi à Niamey, avec le président nigérien, Mahamadou Issoufou. La visite du ministre de la Défense survient alors que les deux premiers drones de surveillance Reaper achetés par la France aux États-Unis doivent être installés de façon imminente sur la base française de Niamey. Une avancée dans un domaine, le renseignement, où les forces françaises ont montré de graves lacunes depuis le début de l'opération au Mali.

 

Enfin, la crise en Centrafrique, où les affrontements inter-communautaires ont encore fait plusieurs dizaines de morts ces derniers jours, malgré la présence de 1 600 militaires français, sera au centre des entretiens entre Jean-Yves Le Drian et le président tchadien, Idriss Deby Into.

 

Omniprésents dans Bangui, les 850 soldats tchadiens de la Misca sont accusés par une majorité de la population de soutenir les ex-rebelles Séléka et ont été impliqués dans plusieurs incidents. Ils vont progressivement être redéployés dans le nord du pays.

 

Dans l'entourage du ministre de la Défense, on préfère souligner le "rôle moteur" joué par le Tchad "auprès de ses pairs d'Afrique centrale". Et de préciser que Idriss Déby et Le Drian s'entretiennent d'ailleurs régulièrement "à la fois de l'action du contingent tchadien de la Misca", la force africaine en RCA, et de "l'articulation politique d'ensemble".

 

(Avec AFP)

Lu pour vous : Tchad : Idriss Déby Itno remet de l'ordre au sein des troupes tchadiennes en Centrafrique

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