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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 00:39

 

 

 

 

 

 

http://www.republicain-lorrain.fr

 

Champion d’Afrique de taekwondo et fils d’un ancien ministre, Rémy Alazoula tente le pari d’une qualification olympique avec… le RSA. De Centrafrique à Metz, ce n’est plus le même combat mais il était nécessaire.

 

En Centrafrique, son nom a une résonance, son parcours inspire le respect. Son père, Louis Alazoula, fut maire de Bangui, la capitale, et ministre de l’Intérieur, entre autres portefeuilles prestigieux.

 

ZOOM

 

Lui, Rémy, est devenu, en 2010, le premier champion d’Afrique de taekwondo de son pays. « Je suis un peu le Pascal Gentil national , suggère-t-il. Quand j’ai eu ce titre, une vingtaine de voitures ont fait le tour de Bangui pour fêter ça. J’ai ma petite notoriété là-bas. » Cette histoire est l’itinéraire d’un enfant gâté, parti sur des sentiers jalonnés de difficultés. En France depuis neuf ans, Rémy Alazoula est devenu… un galérien anonyme, connu dans le cercle fermé du taekwondo mais sans le rond pour exercer sa passion. « Un mercenaire , dit-il. Je me débrouille pour faire des compétitions mais c’est difficile de gérer tous les aspects : financer le voyage, se loger, manger, combattre… En Suisse, par exemple, j’ai squatté un appartement vide et un ami m’avait ramené un matelas. Au Mexique, on était logé à dix dans une chambre avec des portes qui ne fermaient pas. Je me demandais toujours si j’allais retrouver mes affaires. »

 

Improbable destin pour un fils de ministre (aujourd’hui disparu) qui a atteint le top 10 mondial. « Du jamais vu , selon le Messin Guillaume Stumpel, son directeur sportif à l’association Hando Arts Martiaux. En décembre, il va participer au GP de Manchester pour se qualifier aux Jeux de Rio contre des garçons payés entre 3000 et 6000 € pour s’entraîner. Rémy, lui, ne touche que le RSA. »

 

Le natif de Bangui a quitté le pays à 22 ans pour rallier la France et sa famille. « J’avais besoin d’infrastructures , explique-t-il. Au pays, j’ai commencé en short ou en jogging, à m’entraîner pieds nus sur de la terre battue. Surtout, il n’y avait pas de compétitions. »

 

A Metz, Rémy Alazoula s’est rapidement tourné vers Guillaume Stumpel qui est devenu « son entraîneur, son préparateur physique et son directeur sportif ». A l’occasion, l’association a aussi apporté son soutien financier. « Il fait partie de la sélection de Centrafrique mais le pays est en guerre et sa fédé ne peut pas financer son projet , éclaire le coach. Il a ce rêve d’enfant, les JO, et j’essaie à mon niveau de l’aider à l’atteindre mais il manque aussi d’oppositon chez nous. Il a tout gagné en région, au Luxembourg et en Belgique. On parle quand même d’un international, qui s’est entraîné avec les meilleurs en Corée… »

 

Londres était si près…

 

Un point, misérable et dérisoire, l’avait déjà privé d’une qualification pour Londres 2012. Rêve parti, gueule de bois et, donc, retour à la case départ. Ce garçon continue de s’entraîner sans relâche et sans abandonner l’idée de dégoter un soutien. Dans l’idéal, un mécène. Sinon un travail « comme manutentionnaire ou vigile », mais son projet suppose aussi des horaires aménagés. « Si le taekwondo était médiatique, déplore-t-il , je n’en serais pas là, mais c’est l’essence de mon combat. Je dois en faire quatre fois plus pour réussir. Je veux me consacrer à ce projet encore deux ans. Si j’échoue, je ne vais pas courir après quelque chose qui ne m’était pas destiné. »

 

Déterminé mais philosophe, Alazoula promène en permanence ce sourire jovial qui ne dit rien de ses tourments quotidiens. Il conclura tout de même sur une question existentielle : « M on histoire aurait-elle pu arriver au fils de Nicolas Sarkozy ? »

 

Contacts : 06 33 31 30 97 ou guillaumestumpel@free.fr

 

Christian JOUGLEUX.

Lu pour vous : TAEKWONDO - PORTRAIT  -  Alazoula, champion abandonné

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