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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 22:56

 

 

 

 

 

 

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  |Par Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial)

 

Pour sa survie politique, un président centrafricain se doit d'avoir une boussole indiquant le Nord avec précision. A Bangui, que l'on soit chef d'Etat ou opposant, mieux vaut conserver de bonnes relations avec N'Djamena.

 

L'ancien président François Bozizé, que le Tchad avait fait roi dix ans plus tôt, l'a appris à ses dépens. Il a été balayé le 24 mars par la Séléka après que N'Djamena a ouvert la voie aux rebelles et même, selon plusieurs sources, donné un sérieux coup de pouce lors de leur offensive finale.

 

A la veille du renversement de François Bozizé, un officier africain servant dans la Fomac (la force d'Afrique Centrale) concédait ainsi que le coup d'Etat « était un complot régional mais qu'à ne rien écouter, Bozizé l'avait bien cherché ».

 

« IL FAUT QUE DJOTODIA RÉUSSISSE SA MISSION »

 

Neuf mois plus tard, plusieurs interlocuteurs récents d'Idriss Déby racontent que le président tchadien s'inquiète de la tournure religieuse du conflit et juge sans ménagement Michel Djotodia, le président de transition, mais qu'il n'entend pas le lâcher« On a contribué à son arrivée et pour le moment on n'a pas d'autres choix. Alors nous allons tout faire pour l'aider », affirme un général à N'Djamena. Un diplomate tchadien estime que « même s'il est arrivé un peu vite, débarquer "Michel" serait très simpliste. Il faut le mettre sous pression pour qu'il réussisse sa mission. »

 

Sur le terrain, l'accompagnement va parfois assez loin. Le millier de militaires tchadiens déployé en République centrafricaine (RCA) dans le cadre de la force panafricaine fait preuve d'une certaine collusion sur le terrain avec les ex-Séléka, parmi lesquels se trouvent nombre de combattants du Tchad ou dont les parents en sont originaires.

 

Avant l'indépendance, les deux pays n'en faisaient qu'un : l'Oubangui-Chari et la frontière de plus de 1000 km qui les séparent désormais reste à bien des égards artificielle.

 

PLUS DE 30 000 RESSORTISSANTS TCHADIENS EN RCA

 

Au premier jour du désarmement lancé par l'armée française dans la ville de Bangui, N'Djamena a fait entendre une voix discordante, en phase avec la présidence centrafricaine. Le diplomate tchadien prévient : « C'est une opération très délicate, il ne faut pas désarmer les uns trop vite, en oubliant les autres. Il ne faut pas non plus oublier qu'ils sont au pouvoir et qu'il faut faire avec eux… Le petit manquement des français, c'est que dans leur action, ils n'ont pas pris en compte les risques de vengeance. Il ne faut pas que tous les musulmans quittent la RCA à cause de la France. » Et la source diplomatique rappelle au passage que son pays a entre 30 000 et 35 000 ressortissants sur place et qu'il apprécierait fort mal de devoir lancer une grande opération de rapatriement consécutive à l'intervention française.

 

Ces derniers jours, les Tchadiens, considérés comme les complices voire les promoteurs d'un pouvoir honni par la population majoritairement chrétienne, font figure de premières cibles pour tous ceux qui entendent régler leur compte. Depuis une semaine, les soldats dépêchés par N'Djamena ont à plusieurs reprises exfiltré leurs ressortissants menacés de lynchage. Selon plusieurs sources, « des Fomac tchadiens » se sont aussi livrés à des actes de rapine.

 

S'il demeure à ce jour l'un des meilleurs soutiens de Michel Djotodia, Idriss Déby garde un œil sur les anciens rebelles tchadiens qui l'entourent. Selon un officier à Bangui, une quinzaine d'entre eux ont été arrêtés et rapatriés il y a un mois. Une dizaine d'autres seraient encore dans le collimateur. « Ce sont des gens nuisibles, dit une autre source tchadienne en RCA. Ils ne menacent pas le pouvoir mais on ne veut pas qu'ils partent avec armes et bagages dans la nature. On peut les neutraliser à distance mais on préfère gérer ça amicalement. »

 

Cyril Bensimon (Bangui, envoyé spécial) 

Lu pour vous : Le Tchad, interlocuteur incontournable dans la crise centrafricaine

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