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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 13:05

 

 

 

 

 

 

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Par Jacques Deveaux | Publié le 25/12/2013 à 11H59, mis à jour le 25/12/2013 à 11H59

 

L’attitude du Tchad et de ses soldats en Centrafrique relève d’un interventionnisme systématique depuis qu'Idriss Déby est chef de l'Etat. Une façon pour lui de protéger son pouvoir et de sécuriser les champs de pétrole tchadiens proches de la frontière avec la Centrafrique. Quitte à aider les rébellions.

 

La France n’est pas seule en Centrafrique. Elle intervient dans le cadre de la Misca : Mission internationale de soutien à la Centrafrique. 3652 militaires et civils sous mandat de l’Union africaine proviennent d’Afrique centrale: Cameroun, Congo, Gabon, Burundi et Tchad.

 

Or, la participation du Tchad (850 hommes) est très problématique. Beaucoup de Centrafricains chrétiens accusent le Tchad d’être juge et partie. En effet, les troupes de la Séléka qu’il s’agit de désarmer, sont en grande partie composées de mercenaires tchadiens.


Incidents à répétition


Le 22 décembre, la population chrétienne manifestait devant l’aéroport pour réclamer le départ des troupes  tchadiennes. Des soldats tchadiens sont alors intervenus et ont ouvert le feu, faisant un mort.


Pire. Le lendemain, des soldats tchadiens visiblement très nerveux, attaquaient des soldats burundais de la Misca qui tentaient de désarmer six ex-Séléka. Pas de blessés à déplorer, mais les Tchadiens sont partis avec les rebelles en tirant dans tous les sens.


Un brin ironique, un officier burundais faisait remarquer : «Nous n’avons aucun contentieux avec aucune partie de la population, nous.» Ambiance.
 
Une présence tchadienne historique


Un comportement qui laisse à penser que soldats réguliers tchadiens et rebelles de la Séléka ont des liens étroits.


Le Tchad est accusé par les partisans de François Bozizé, le président déchu, d’avoir aidé la Séléka à prendre le pouvoir. Du reste, les Tchadiens sont nombreux en Centrafrique. Ils sont des milliers à vivre à Bangui et le commerce est presque totalement entre leurs mains. Il y a donc pour N’Djamena, comme un droit de regard légitime sur les affaires intérieures centrafricaines pour protéger ses ressortissants. D'ailleurs, en ces temps troublés, le retour au pays des Tchadiens a commencé.
 
Le pétrole tchadien


Depuis qu’Idriss Déby est au pouvoir, le Tchad prend ses aises avec la Centrafrique. Car il lui faut un allié au sud. Le Tchad est vaste, la capitale N’Djamena est excentrée à l’ouest. Et depuis 12 ans le Tchad est un producteur de pétrole.

Selon le ministre tchadien des Infrastructures, Adoum Younoussmi, son pays produit «en moyenne 120.000 barils de pétrole par jour», qui lui ont rapporté entre 2004 et 2011 «3000 milliards de francs CFA» (4,5 Md d’euros). Une belle somme pour ce pays de 11 millions d’habitants.


Or, les puits sont au sud, près de la frontière avec la Centrafrique. Idriss Déby veut donc une région stable.


 
Idriss Déby, le faiseur de roi


Il tire les ficelles, fait et défait les chefs d’Etat centrafricains. Il en va ainsi de ses relations avec Ange-Félix Patassé président de 1993 à 2003. D’abord excellentes. Puis Déby se brouille avec Patassé et accueille sur le sol tchadien un certain… François Bozizé.


Déjà, le Tchad fournit les hommes qui permettent à Bozizé de foncer sur Bangui et de prendre le pouvoir. Mais ces «libérateurs» se brouilleront très vite entre eux, entretenant une instabilité quasi permanente en Centrafrique.



Rapports compliqués avec la Séléka


Dans un premier temps, le Tchad soutient Bozizé. Il lui aurait même livré un certain Charles Massi,. L’homme passé à l’opposition de Bozizé était soupçonné de vouloir créer un mouvement rebelle. Le Tchad a toujours démenti avoir joué le moindre rôle dans cette affaire. L’homme a pourtant bien été arrêté en territoire tchadien. Fondateur d’une des branches de la Séléka, il mourra en détention à Bangui.

Aujourd’hui Eric, le fils de Charles Massi, est le porte-parole de la Séléka. Il a obtenu ce qu’il voulait de plus cher, le départ de François Bozizé du pouvoir. Mais, voudra-t-il en savoir plus sur le rôle qu’a joué le Tchad dans la mort de son père? Peut-être les racines d’une future brouille ?

 
Déby se protège des rebelles


Enfin, Idris Déby se méfie de ceux qui pourraient déstabiliser son pouvoir. En 2008, une colonne rebelle de 300 pick-up est stoppée, alors qu’elle fonce depuis le Soudan sur la capitale. Idriss Déby sait que l'histoire peut se répéter. Il ne veut pas que le nord de la Centrafrique accueille la base arrière d’une éventuelle rébellion. Il faut donc que le pouvoir à Bangui lui soit favorable.


Michel Djotodia est le nouvel homme fort à Bangui. Mais cette fois, la brouille est allée plus vite que d'habitude, précipitée par la dissolution de la Séléka. Idriss Déby semble en difficulté. Chrétiens et musulmans s'entretuent. Le dernier coup d'état en Centrafrique n'a apporté que le chaos. Il a surtout fait naître un puissant ressentiment contre les Tchadiens désormais obligés de quitter le pays.

 

Lu pour vous : Le jeu trouble du Tchad, pompier pyromane en Centrafrique

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