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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 23:13

 

 

 

 

 

http://www.lalibre.be   MARIE-FRANCE CROS Publié le vendredi 06 décembre 2013 à 05h39 - Mis à jour le vendredi 06 décembre 2013 à 15h22

 

La majorité de la population centrafricaine attendait jeudi avec impatience le feu vert de l’Onu à l’opération française en Centrafrique. Les Centrafricains espèrent que les troupes de l’ancienne métropole leur ramèneront au moins l’ordre minimal qui a fait place au chaos depuis le renversement, en mars, du général Bozizé par la Seleka. Cette coalition de rébellions du nord-est grossie de pillards tchadiens et soudanais, de "coupeurs de route" et autres sans foi ni loi.

Aspect trompeur

Comme le cœur des troupes de la Seleka vient de régions musulmanes et que les milices d’autodéfense, qui se sont levées contre elles depuis septembre, sont actives dans des zones chrétiennes, le désordre a pris l’aspect trompeur d’un conflit religieux qu’il n’est pas. Mais qu’il pourrait devenir.

 

Les Seleka assimilent en effet à "des partisans de Bozizé" , qu’ils auraient le droit d’éliminer, les gens de la région de l’ancien chef d’Etat vivant autour de son Bossangoa natal et dans plusieurs quartiers de Bangui. Et les milices d’autodéfense "anti-balaka" (anti-machette), pour se venger des exactions de la Seleka, s’en prennent à leurs voisins musulmans - des nomades, des éleveurs peuls, des commerçants -, ce qui pousse aujourd’hui la minorité musulmane du pays (15 % des Centrafricains) à voir un rempart dans les rebelles.

 

Il serait naïf, toutefois, de croire que l’intervention militaire va résoudre les problèmes du pays.

 

Démission des élites

 

L’ex-colonie française de l’Oubangui-Chari est, depuis l’indépendance, dirigée essentiellement par des putschistes - généralement appuyés par Paris et parfois par le Tchad - plus préoccupés par leur enrichissement que par le développement du pays. Celui-ci est donc pauvre en infrastructures essentielles; les services (eau, électricité, téléphone) sont agonisants en raison d’une absence de maintenance due à la corruption et au désintérêt des dirigeants; la production agricole, peu soutenue, est de rendements inférieurs à ceux des pays voisins, alors que la production de diamants profite surtout aux élites. Voila qui ne compense pas le désenclavement du pays…

 

En conséquence, depuis plusieurs décennies, les Centrafricains s’appauvrissent, meurent en masse de maladies guérissables et souffrent de malnutrition.

 

Ce sombre tableau s’est pourtant encore aggravé avec le général Bozizé (2003-2013), qui a négligé d’honorer les accords conclus par son gouvernement avec diverses rébellions nées dans l’est, oublié par Bangui. Depuis son renversement, ce qui restait de l’administration s’est effondré et le pays est livré au chaos des seigneurs de guerre de la Seleka, qui a poussé 468 000 personnes (un Centrafricain sur dix) à fuir son foyer.

 

L’intervention militaire décidée à New York est certainement nécessaire mais il ne faut pas trop en espérer. Les Français - dont ce ne sera pas la première opération de police en Centrafrique - arriveront certainement à rétablir le calme dans la capitale, où vivent la majorité des expatriés, pour lesquels 450 soldats français maintiennent depuis plusieurs mois l’aéroport ouvert.

 

Alors que l’on ignore encore si les Seleka vont leur résister ou s’ils éviteront le choc frontal, on se demande déjà ce que feront les troupes étrangères en brousse : la "nettoyer", elle aussi, ou continuer à laisser s’y créer des sanctuaires de bandes armées ?

 

Moral bas

 

Paris espère que la présence militaire française remontera le moral des 2 500 soldats africains (sur 3 600 prévus) présents depuis plusieurs mois mais sans guère d’effets visibles sur la sécurité. Camerounais, Congolais et Tchadiens, ils sont mal équipés et, à part les derniers cités, peu efficaces. Or la résolution de l’Onu ne prévoit leur financement que sur base volontaire des Etats.

 

Contrairement au Mali, la Centrafrique n’est une menace que pour la sécurité de ses voisins. L’opération militaire annoncée est donc clairement minimale, alors que l’Onu et les grandes puissances peinent à financer les interventions militaires déjà en cours dans le monde.

Lu pour vous : Le chaos en Centrafrique résulte d’une très longue dégradation politique

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