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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 11:56

 

 

 

 

 

 

Le Figaro 13/12/2013 à 08:46

 

Sao Paulo (Brésil), Solenn de Royer envoyée spéciale

 

Une nouvelle fois rattrapé par la guerre. Alors qu'il rentrait mardi d'un aller et retour express en Afrique du Sud pour rendre un dernier hommage à Nelson Mandela, François Hollande s'est arrêté quelques heures en Centrafrique, où la France vient de lancer l'opération Sangaris, pour tenter de stopper la folie meurtrière qui s'est emparé du pays. Nouvelle immixtion du registre guerrier dans l'agenda présidentiel, jeudi soir: le chef de l'Etat, qui effectue jeudi et vendredi matin une visite officielle de 48 heures au Brésil, a choisi de s'expliquer devant les Français de Sao Paulo.

 

Ces derniers attendaient depuis plusieurs heures le président, retardé par un planning surchargé, dans un salon de l'hôtel Hyatt de Sao Paulo. A la tribune, Hollande s'est lancé dans un long plaidoyer pour tenter de convaincre une nouvelle fois du bien-fondé d'une opération militaire qui s'annonce beaucoup plus périlleuse et complexe que celle initiée au Mali, il y a un an. «Si la France n'y était pas, qui pourrait y être? Personne!, a lancé le président. Qu'est ce qui se passe en Centrafrique? Des massacres, des exactions, dont des femmes et des enfants sont les premières victimes. Si nous n'y étions pas, y aurait il des Africains pour aider ce pays? Même pas sûr…»

 

Un fond européen pour financer les interventions extérieures

 

Alors que la nuit et la fatigue enveloppaient ce grand hôtel international de Sao Paulo, Hollande, qui est en butte à une impopularité record dans l'hexagone, a tenté de se poser en chef de guerre, racontant son expédition à Bangui, en proie au chaos, dans la nuit de mardi à mercredi. «J'ai vu des soldats morts», tués «dans la nuit même précédant notre venue», a-t-il lancé, dans un silence de plomb. «Ils avaient 22, 23 ans. Ils ont donné leur vie pour une cause. J'ai vu d'autres soldats, frappés par ce drame», a-t-il ajouté. Et le président d'assumer et de mettre en scène cette décision, qui a déjà couté la vie de ces deux soldats français, tout juste après le déclenchement des opérations: «J'ai pris la décision d'envoyer des soldats ; une décision grave», a insisté Hollande, qui évoque aussi «ces centaines de personnes qui ne savaient pas où aller, et qui regardaient le drapeau français comme si celui-ci allait lui assurer protection». «Il y avait une fierté de savoir que la France pouvait être là, a-t-il martelé. On nous dit: «Vous êtes seuls en Europe». Mais en Europe, c'est la France qui a une responsabilité imminente. C'est ce qui fait que la France est la France.»

 

Après la Marseillaise, chantée en cœur par plusieurs centaines de Français expatriés, Hollande a poursuivi dans la même veine auprès des journalistes qui le suivaient dans ce déplacement brésilien. Il a expliqué qu'il proposerait lors du prochain conseil européen, les 19 et 20 décembre prochains, la création d'un «fond permanent» européen, destiné à financer les interventions extérieures. Actuellement, les opérations conduites par un Etat membre sont à la charge de celui-ci. «L'Europe fait beaucoup mais elle fait ponctuellement, opération par opération», c'est insuffisant, a argué le chef de l'Etat. Cette idée de la création d'un «fond OPEX européen» n'est pas nouvelle. Elle a notamment été proposée par le groupe UMP dans un rapport d'information de la commission des Affaires étranges de l'Assemblée nationale sur l'Europe de la défense. Il s'agit pour l'heure d'une idée franco-française, qui n'a pas l'aval des autres pays européens. «Quand on a besoin des autres, il faut leur parler, a défendu Hollande. L'idée chemine…» Le président s'est toutefois défendu de jouer aux «gendarmes de l'Europe». «Nous ne sommes pas des mercenaires», qui voudraient être payés, a-t-il insisté.

 

Alors que Hollande paraît souvent plus déterminé sur la scène internationale que sur la scène intérieure, il s'est défendu de pousser son avantage: «Je ne suis pas venu aux responsabilités du pays pour faire la guerre. Ce sont les circonstances», a-t-il martelé.

Lu pour vous : Depuis le Brésil, Hollande se pose en chef de guerre

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