Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 23:51

 

 

 

 

 

http://www.metronews.fr  : 02-12-2013 20:01

 

FOCUS - Il a dix jours, Laurent Fabius sonnait l'alarme en affirmant que la Centrafrique "est au bord du génocide". Mais à la veille de l'intervention française, le terme n'est plus utilisé. Le ministre des Affaires étrangères s'est-il emballé ? Décryptage.

 

La Centrafrique "au bord du génocide", en "situation pré-génocidaire". C'est en ces termes que Paris et Washington ont donné l'alerte il y a dix jours sur la Centrafrique, où les massacres se multiplient depuis plusieurs mois. Mais tandis que la France est sur le point d'y intervenir militairement, le terme a disparu des déclarations officielles. D'où cette question : peut-on vraiment parler de génocide ?

 

Le génocide, une définition stricte

 

Le droit international donne une définition très cadrée au mot "génocide". Et ce, depuis la convention des Nations unies sur la prévention et la répression de ce crime contre l'humanité. Adoptée en 1948, elle répondait aux atrocités commises par le régime nazi durant la Seconde guerre mondiale. Dans cette Convention, le génocide s'entend d'un certain nombre d'actes (dont les meurtres) "commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux". Dans cette définition, la notion de groupe est fondamentale, mais aussi celle d'intention. Pour qu'il y ait génocide, il faut sinon une planification, au moins un caractère systématique, une volonté clairement identifiée. 

 

Que se passe-t-il en Centrafrique ?

 

En Centrafrique, les massacres commis visent bien des groupes religieux. Majoritairement musulmans, les hommes de la Séléka s'en prennent en effet aux chrétiens (majoritaires dans le pays à plus de 80%). En réaction, des milices chrétiennes (les "anti-Balaka") se sont organisées, pour à leur tour attaquer les musulmans.

 

"Crimes de guerre" plutôt que génocide

 

Sur le terrain ou via des photos satellites, l'ONG Human Rights Watch (HRW) a pu constater l'ampleur des atrocités commises en Centrafrique. Pour autant, elle considère inappropriée l'utilisation du terme génocide, lui préférant "crimes de guerre". "Il y a certes un caractère religieux aux violences mais on n'en est pas au génocide, explique pour metronews son directeur France, Jean-Marie Fardeau. Il n'y en effet aucun élément qui montre une planification, un appel – national ou régional – à éliminer un autre groupe sur la base de ses caractéristiques religieuses ou ethniques. Pour atroces qu'ils soient, les crimes restent pour l'heure localisés, et ne sont pas systématiques."

 

Laurent Fabius s'est-il emballé ?

 

Après avoir évoqué un "génocide", le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius préfère aujourd'hui parler de "nombreuses exactions", de "situation humanitaire abominable" et "dramatique". Une volte-face ? Pas forcément, estime Jean-Marie Fardeau, qui y voit une manœuvre délibérée. "Je pense que Paris et Washington ont utilisé le mot 'génocide' quelques heures pour alerter l'opinion, et mobiliser la communauté internationale. Il y avait sans doute une volonté de créer un électrochoc". Et d'insister, au-delà du débat sémantique : "Ce qui se passe en Centrafrique justifie largement une intervention internationale de protection des civils". Car les morts se fichent bien des mots.

Lu pour vous : Centrafrique :  peut-on vraiment parler de génocide ?

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com