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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 10:04

 

 

 

 

 

 

http://www.lefigaro.fr  Adrien Jaulmes  05/12/2013 à 21:04

 

L'opération Sangaris commence mal. Après avoir alerté la communauté internationale sur l'urgence de la situation en Centrafrique, acheminé des renforts de troupes à Bangui et écrit le texte de la ­résolution qui doit autoriser son action, la France s'est laissé surprendre par une soudaine accélération des événements dans une partie du monde qu'elle connaît pourtant par cœur.

 

Pendant que les unités françaises stationnées sur l'aéroport de M'Poko, dans les faubourgs ouest de Banguiattendaient le vote de l'ONU et les ordres d'intervenir, la capitale centrafricaine a été le théâtre de massacres interconfessionnels qui ont fait plusieurs centaines de morts en une journée. Pourtant largement évoqués au cours des semaines précédentes, ces massacres n'ont pas suffi à faire modifier le tempo d'une opération préparée depuis deux semaines. Dans la matinée, à l'annonce de l'entrée des rebelles Anti-Balaka dans Bangui, des patrouilles françaises ont pourtant été envoyées en ville. Leur mission était la protection des ressortissants français, dont une centaine sont encore présents à Bangui. Plusieurs d'entre eux ont été recueillis dans leurs villas de l'est de la ville, dont l'ambassadeur de France, évacué de sa résidence des bords du fleuve par une patrouille. Un autre détachement assurait la protection de l'institut Pasteur, dont les laboratoires renferment certains virus particulièrement dangereux.

 

Dans la journée, d'autres détachements arborant le drapeau tricolore ont sillonné Bangui, essentiellement afin de «recueillir du renseignement». Devant l'hôpital de l'Amitié, d'où avait fui le personnel hospitalier, une patrouille des forces spéciales semblait plus préoccupée de faire effacer sa photo, prise à son pas­sage par un journaliste, que par les civils réfugiés à l'intérieur ou par les cadavres étendus sur la chaussée. «Pour l'instant, les ordres sont d'attendre», expliquait le chef du détachement.

 

Les forces françaises conservent une capacité de dissuasion énorme

 

Cette inaction a été imitée par la FOMAC (Force multinationale des États d'Afrique centrale), dont les convois ont circulé en ville mais sans intervenir, sauf, dans le cas des Tchadiens qui ont extrait leurs ressortissants des quartiers où ils étaient menacés.

 

Cette inaction est d'autant plus surprenante que les forces françaises conservent une capacité de dissuasion énorme à Bangui, ville où elles sont déjà intervenues des dizaines de fois, en général sans attendre des mandats internationaux.

 

Le volet politique de l'opération Sangaris part aussi sur un mauvais pied: Serge Muccetti, l'ambassadeur de France en Centrafrique, personnage clef dans un pays d'où les Occidentaux, Américains compris, ont rappelé leurs diplomates, a été remplacé la semaine dernière de façon imprévue. Pour ajouter à la confusion, lui et son successeur, déjà arrivé à Bangui, se retrouvent ainsi ensemble sur le territoire. Jeudi après-midi, dans les salons climatisés du Ledger, à quelques centaines de mètres des massacres du quartier de Boy-Rabe, on pouvait ainsi croiser deux représentants de la France en Centrafrique.

Lu pour vous : Centrafrique : les soldats français pris de court par les massacres

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