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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 00:02

 

 

 

http://www.metronews.fr   02-12-2013 18:09

 

INTERVIEW - Dans les semaines à venir, les soldats français devront rétablir l'ordre en Centrafrique. Directeur du projet Afrique centrale à l'International Crisis Group (ICG), Thierry Vircoulon décrypte pour metronews la situation sur place et les enjeux de l'intervention française.

 

Qui sera l'ennemi en Centrafrique ? Alors qu'une intervention militaire française s'organise, metronews a posé la question à Thierry Vircoulon, directeur du projet Afrique centrale à l'International Crisis Group (ICG)*.

 

La haine entre chrétiens et musulmans est-elle ancienne en Centrafrique ? 


Non, c'est une explosion de violence assez inattendue. En Centrafrique, l'histoire des relations religieuses était jusqu'ici plutôt pacifique. Tout au plus y avait-il un ressentiment sous-jacent envers les musulmans : ceux-ci sont minoritaires (10 à 20%) mais, comme dans beaucoup de pays de la région, ils contrôlent le commerce. Du coup, ils sont un peu plus riches que la moyenne.

Qu'est-ce qui a mis le feu aux poudres ?

 

 La situation a basculé quand les rebelles de la Séléka sont entrés dans le pays, en début d'année. Leur objectif, c'était de piller. Mais le banditisme a peu à peu pris une tournure religieuse, des rebelles musulmans contre les chrétiens. Ces derniers se sont à leur tour organisés en milices d'auto-défense (les anti-Balakas"). Enfin, des musulmans qui n'étaient pas des combattants ont de leur côté rejoint la Séléka pour se protéger. Nous sommes dans un cycle infernal.

 

D'où viennent ces hommes de la Séléka ? 

 

Ils viennent de la zone tchado-soudanaise. Le Darfour, comme le Sahel, est devenue une zone de banditisme structurel, sans contrôle politique et où règne la loi des bandits. Nous assistons donc à une darfourisation de la Centrafrique.

 

Face à eux, la mission de la France s'annonce-t-elle difficile ? 


Techniquement, ce sera beaucoup moins dangereux que le Mali. Il ne s'agira pas d'anti-terrorisme, ni même de maintien de la paix classique. C'est plutôt une mission de police internationale. Le principal problème, c'est que les soldats français n'auront pas en face d'eux un ennemi organisé, mais des bandes armées éparpillées, plus difficiles à saisir. Un certain nombre d'entre deux ont d'ailleurs déjà commencé à fuir, à l'annonce de l'intervention.

 

Une fois l'ordre rétabli, quelle sera l'étape suivante ?

 
Il faudra ensuite veiller à la transition politique. En restant dans le cadre est déjà fixé, par des accords signés à Libreville. En veillant, surtout, à ce que les musulmans du Nord restent représentés. Il ne faudrait pas qu'une des conséquences de l'intervention française soit de faire repartir le balancier dans l'autre sens en écartant les musulmans. Ce serait risqué.

 

* ICG vient d'éditer un rapport d'analyse de la situation en Centrafrique (en anglais).

 

 

Lu pour vous : Centrafrique : "La France fera face à des bandes de bandits éparpillées"

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