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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 12:45

 

 

 

 

 

 

http://blogs.rue89.com    Sabine Cessou    13/12/2013 à 11h02

 

La France a été félicitée par Kofi Annan, l’ancien secrétaire général de l’ONU, pour ses interventions militaires en Afrique. Au même moment, elle est critiquée par le Président malien pour sa gestion de Kidal. Mais aussi pour avoir décidé de faire seule une vaste opération de ratissage anti-islamiste au nord de Tombouctou, en se passant des services de l’armée malienne.

 

Son déploiement en Centrafrique repose sur un paradoxe. D’un côté, la France vole à la rescousse de peuples livrés à leurs soldatesques, groupes rebelles, milices et armée régulière. Des sociétés civiles appellent à l’aide, comme au Mali et en Centrafrique, et souhaitent une intervention militaire extérieure. Sur le terrain, l’armée française est donc applaudie.

 

D’un autre côté, la France continue de jouer ce rôle de « gendarme de l’Afrique » qu’elle n’a pas vraiment envie de tenir. Elle se fait critiquer à Paris, notamment par les tenants de l’anti-impérialisme qui voient dans l’engagement français une attitude post-coloniale.

 

La France pourra-t-elle intervenir partout, si nécessaire ?

 

L’armée française, en acceptant de faire le travail de forces sous-régionales africaines souvent dépassées, met mal à l’aise les ex-colonies britanniques et portugaises, dont les anciennes métropoles n’interviennent pas ou alors très rarement sur le plan militaire. Le fait est resté exceptionnel : la Grande-Bretagne a envoyé en 2000 destroupes en Sierra Leone pour mettre un point final à la guerre civile.

 

Avec les crises à venir, il va falloir réfléchir à cette stratégie militaire de la France en Afrique. Elle se décide pour l’instant au « coup par coup », en fonction des intérêts du moment et de son sentiment de culpabilité. On parle de situation de « pré-génocide » en Centrafrique, un mot qui rappelle la position très contestée de la France au Rwanda en 1994.

 

Des élections sont attendues en Guinée, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso en 2015, qui se présentent plus ou moins bien. La France pourra-t-elle intervenir partout, si nécessaire ? Sinon, il faudra bien qu’elle ait une réponse crédible à cette simple question : pourquoi pas ?

Lu pour vous : Centrafrique : l’intervention militaire française met mal à l’aise

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