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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 14:50

 

 

 

 

 

 

http://histoire.blogs.la-croix.com  ANDRÉ LARANÉ LE 28 DÉCEMBRE 2013

 

La République centrafricaine – ou Centrafrique – est un pays de savane arborée, relativement fertile et bien arrosé, mais avec pour seules ressources exportables un peu de coton et quelques mauvais diamants d’origine alluvionnaire.

 

Ses populations sont noires, sauf une poignée de Toubous ou «Arabes» musulmans à la pointe nord du pays, à la frontière du Tchad et du Darfour (Soudan). Elles ont été très massivement christianisées au XXe siècle, pendant la colonisation française.

 

Après l’éviction de l’empereur Bokassa, en 1979, le pays a sombré dans le chaos et perdu l’administration laissée par la puissance coloniale. Dans le même temps, la région a été saisie de violentes secousses géopolitiques, lesquelles se répercutent aujourd’hui à Bangui, capitale de la Centrafrique…

 

D’une part, au Tchad voisin, les nomades musulmans du Nord, généralement appelés Toubous, ont enlevé le pouvoir à la majorité noire, chrétienne ou animiste, du Sud. D’autre part, au Soudan, les guerres ethniques ont redoublé de violence.

 

En 2006, la Centrafrique est une première fois victime de l’intrusion de nomades en provenance du Soudan et du Tchad. C’est le contrecoup de la guerre génocidaire livrée par le gouvernement du Soudan aux populations musulmanes mais noires du Darfour limitrophe. Pour conjurer le début de guerre civile, le gouvernement de Bangui appelle à l’aide l’armée française.

 

Mais le pays est une nouvelle fois assailli en 2012, quand des bandes armées tchadiennes et soudanaises, auxquelles se rallient des musulmans du nord, se rassemblent sous l’appellation de Séléka et marchent sur Bangui. La coalition entre dans la ville le 23 mars 2013 et chasse le président en place. Son chef, un musulman du nord, «Michel» Am-Nondokro Djotodia, s’autoproclame président. Massacres, viols et pillages obligent la France à intervenir à l’automne.

 

Un millier de soldats français basés dans différents pays de la région sont envoyés à Bangui. Ils patrouillent dans la ville et les régions alentour, traquant les miliciens armés et ceux qui tentent de leur résister. Mais le gouvernement français a conscience de ne pouvoir prolonger sa présence militaire sur place.

 

Il est tout aussi douteux que la force d’interposition envoyée par les pays voisins (la Misca) puisse restaurer l’ordre, d’autant qu’y participent les Tchadiens, très fortement impliqués dans les violences que subissent les Centrafricains depuis 2012 ! Au sein même de cette force se font jour les haines ethniques entre «Blancs» musulmans (Tchadiens) et «Noirs» chrétiens (Burundais), les premiers étant perçus par les seconds comme des trafiquants d’esclaves.

 

Sous la fausse apparence d’un conflit religieux entre chrétiens et musulmans, on assiste à un nouvel épisode des guerres sahéliennes à caractère racial entre les nomades blancs, qui se trouvent être tous musulmans, et les sédentaires noirs, qui sont généralement chrétiens ou animistes mais peuvent aussi être musulmans, comme au Darfour ou au Mali.

 

Quel sera dans ces conditions l’avenir de la République centrafricaine ? Bien malin qui peut aujourd’hui le dire… Le plus à craindre est une mainmise de l’ogre tchadien sur tout ou partie du territoire, au grand dam des populations noires.

Lu pour vous : Centrafrique : conflit religieux ou guerre ethnique ?

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