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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 11:46

 

 

 

 

 

 

 

RFI  vendredi 20 décembre 2013 à 13:32

 

Quelle est la mission des soldats français en Centrafrique ? Comment peuvent-ils éviter le piège de la guerre civile et le parti pris d' un camp contre l'autre ? Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, était la semaine dernière en Centrafrique et au Tchad. De retour à Paris, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

 

RFI : En Centrafrique, la mission de vos soldats est difficile. Quand vous désarmez les Seleka, est-ce que vous ne livrez pas leurs frères musulmans à des représailles de la part des chrétiens ?

 

Jean-Yves Le Drian : Notre mission c’est le désarmement impartial. C’est une mission difficile mais le désarmement doit être total, il doit être impartial. Ce qui veut dire que lorsqu’on désarme des milices de la Seleka, ce ne sont pas des règlements de comptes, c’est pour le maintien de la paix. Quand on désarme des milices anti-balaka, ce ne sont pas des règlements de comptes, c’est le maintien de la paix. Nous voulons faire les deux. Evidemment quand on désarme la Seleka, certains disent «Vous ne désarmez que ceux-là !». Non, on désarme tout le monde. Et quand on désarme les anti-balaka, les autres disent, «Vous ne désarmez que ceux-là». Non ! On désarme tout le monde, il n’y a pas de discrimination. Le désarmement est de tous les côtés. Il n’y a pas l’un qui est favorisé par rapport à l’autre. Ca veut dire aussi que, lorsqu’on désarme, il faut protéger. C’est ce que nous essayons de faire.

 

Justement, les Seleka ne veulent pas être désarmés tant que les quartiers musulmans de Bangui ne seront pas protégés. C’est la raison pour laquelle, pour l’instant, vous les cantonnez sans les désarmer ?

 

Le cantonnement, c’est le désarmement. Le but, c’est qu’on ne circule plus avec des armes sauf ceux qui ont le droit de les porter. Il n’y a que deux catégories qui ont le droit d'avoir des armes : la garde rapprochée du président Djotodia pour sa sécurité et les forces de police et de gendarmerie. Le reste est soit cantonné, donc gardé et ça ne circule pas ; soit ramassé par les forces françaises ou par les forces africaines.

 

Vous vous donnez combien de semaines ou de mois pour sécuriser ? 

 

Le plus vite possible, nous faisons pas à pas.

 

Mais combien de temps ?

 

Le plus vite possible. Mais que les uns et les autres, les milices, le sachent bien, il n’y aura pas de retour en arrière. Pas la peine d’attendre qu’éventuellement les Français s’en aillent. Il y a une volonté de la communauté internationale, la France l’accomplit avec des forces africaines. Et les forces africaines vont se renforcer. Elles sont aujourd’hui pas loin de 4 000. On va aller à 6 000, plus les forces françaises, ça fait 7 600. Et avec cela une bonne coordination entre le général Tumenta Chomu Martin et le général Soriano au même endroit, à l’aéroport de M’Poko, ça doit bien se dérouler pour que la paix revienne.

 

Les forces françaises sont 1 600 hommes, vous prévoyez quelques renforts ?

 

Pour l’instant la coordination est bonne avec les forces africaines. Le déroulé se fait sous le format que nous avons prévu.

 

Vous avez 150 parachutistes pré-positionnés à Douala. Peuvent-ils arriver à….

 

Oui, on a les moyens d’agir en cas de pépin, en renfort à la fois à Douala et à Libreville. Dans l’état actuel des choses, la qualité de nos soldats fait le nécessaire.

 

A Bangui, le fait d’armes qui a déclenché l’envoi immédiat des forces françaises, c’est l’attaque coordonnée le 5 décembre de plusieurs quartiers de la capitale par les anti-balaka. Est-ce qu’on sait qui est derrière ? Est-ce que ça peut être l’ancien président Bozizé ?

 

S’il est derrière, il a tort et il faut le condamner. Et ceux qui prendraient la responsabilité d’attiser le conflit aujourd’hui prendraient une grave responsabilité devant l’opinion internationale.

 

Donc il est derrière ?

 

Je ne sais pas. Il ne s’est pas exprimé mais s’il est derrière, il a tort.

 

Vous avez des éléments qui vous permettre de le dire ?

 

Je ne commente pas plus.

 

Avez-vous identifié les responsables de la mort de deux soldats français le 9 décembre à Bangui ?

 

Non pas à cet instant, mais j’ai demandé au président Michel Djotodia, quand je l’ai rencontré vendredi 13 décembre de tout faire pour qu’on identifie les coupables. Je lui ai dit que je m’en sentais personnellement responsable.

 

Vous pensez que ça vient des Seleka ?

 

Je vous ai dit ce que je devais dire.

 

Dans la force africaine, le contingent tchadien est l’un des plus importants mais un grand nombre de Centrafricains accusent les soldats tchadiens d’avoir aidé les Seleka à prendre le pouvoir il y a neuf mois et d’être toujours à leur côté. Est-ce que ce n’est pas un gros problème ?

 

J’ai vu le président Déby samedi 14 décembre. Nous avons une analyse commune de la situation. Il y a les forces tchadiennes qui font partie de la Misca [la Mission internationale de soutien à la Centrafrique]. Elles sont désormais sous l’autorité du général qui est désigné par les Nations unies pour mener la Misca. Elles doivent donc lui obéir. Et le président Déby est tout à fait sous cette logique là. Vous avez à côté dans ce que j’appelle l’ex-Seleka, des éléments provenant du Tchad, comme des éléments qui proviennent du Soudan, du Cameroun ou d’ailleurs. Ces éléments-là n’ont pu leur place dans la milice parce que la milice n’a plus de place dans la vie politique de Centrafrique. Donc il faut qu’ils rentrent chez eux, ils n’ont plus rien à faire là. Cette position est partagée par le président Déby.

 

Oui mais, est-ce qu’il est conscient qu’il peut y avoir des complicités entre ces Tchadiens des Seleka et des Tchadiens de son contingent ?

 

Je ne peux pas parler à sa place, mais c’est la raison pour laquelle, ce que je vous dis là, a été partagé par lui-même. Il y a les forces tchadiennes qui sont sous l’autorité du patron de la Misca.

 

Mais le Tchad et France souhaitent des élections en Centrafrique dès l’année prochaine, 2014. Est-ce que c’est réaliste ?

 

C’est indispensable. Les chefs d’Etat qui se sont réunis à l’Elysée début décembre, chacun a dit, il faut accélérer le processus. La feuille de route de Libreville indiquait février 2015. Il faut aller plus vite.

 

Dernier trimestre 2014 ?

 

Ca me paraît une hypothèse jouable.

 

Mardi 17 décembre, votre collègue Laurent Fabius a annoncé que d’autres pays européens enverraient peut-être bientôt en Centrafrique des troupes au sol ?

Lundi, le ministre des Affaires étrangères a rencontré ses collègues à Bruxelles et chaque pays a dit, je vais regarder comment je vais vous aider. Certains vont le faire par des moyens logistiques, d’autres je l’espère par des moyens au sol. Mais il y a une procédure particulière dans chaque pays donc je laisse chaque pays faire en sorte que cette décision puisse s’appliquer le mieux possible.

 

Les Brésiliens ont dit non à l’avion français Rafale. Est-ce que ce n’est pas une très mauvaise publicité pour les autres clients éventuels de cet avion de chasse ?

 

Ce n’est pas une bonne nouvelle. Ce n’est pas la fin de l’histoire.

 

Et pour l’Inde, ce n’est quand même pas un mauvais présage ?

 

L’Inde est un pays qui a fait ses choix. On n’est plus en Inde de savoir quel avion va être choisi. On est sur la question suivante qui est : comment est-ce qu’on fait pour faire en sorte que l’industrie indienne soit bénéficiaire de la commande de Rafale. Il y a plus que le Rafale en jeu donc ce n’est pas une bonne nouvelle mais ce n’est pas la fin de l’histoire.

 

Jean-Yves Le Drian: en RCA, notre mission c’est le "désarmement impartial"

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