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27 décembre 2013 5 27 /12 /décembre /2013 12:54

 

 

 

 

 

Centrafrique : les armées étrangères doivent être «professionnelles et impartiales»

 

RFI  vendredi 27 décembre 2013 à 11:03

 

A Bangui, la violence redouble depuis quelques jours. Les soldats de la paix, pris entre deux feux, sont de plus en plus critiqués par la population. Notamment les soldats français et tchadiens. Qu'en pensent les hommes politiques centrafricains ? Anicet Georges Dologulélé a été Premier ministre de Centrafrique de 1999 à 2001. Il vient de créer le parti URCA, l'Union pour le renouveau centrafricain.

 

RFI : Comment expliquez-vous le regain de violence depuis quelques jours à Bangui ?

 

Anicet Georges Dologuélé : Il me semble que les anti-balakas, de plus en plus, lancent des attaques qui perturbent un peu les opérations de désarmement. Et cela fausse la donne.

Est-ce la raison qui a conduit à la mort des soldats tchadiens de la Misca, tués ce mercredi 25 décembre dans les quartiers nord de Bangui ?

 

D’après ce que j’ai appris, oui.

 

Beaucoup de musulmans de Centrafrique reprochent aux Français de ne désarmer que les Seleka et, donc, d’exposer les quartiers musulmans à la vindicte populaire de la part des quartiers chrétiens...

 

En théorie les Seleka ne représentent pas les musulmans centrafricains. Désarmer les Seleka, cela devrait être un bien pour tous les Centrafricains, musulmans comme non musulmans. De la même manière que de désarmer les anti-balakas devrait être une bonne chose pour tout le monde. Il n’y a aucune raison d’être solidaire avec un camp ou un autre. Toutes ces personnes n’ont rien à faire avec des armes.

 

Et est-ce que les Français sont impartiaux ?

 

Je pense qu’ils sont impartiaux, puisqu’ils désarment ceux qui détenaient des armes. Le problème a été créé par les Seleka qui sont arrivés au pouvoir avec les armes et qui ont écrasé la population. C’était normal de commencer par les Seleka.

 

Autre contingent sur la sellette, celui des Tchadiens. D’après le chef du contingent burundais en Centrafrique, le colonel Akizimana, il y a eu lundi 23 décembre une fusillade entre ses hommes et les soldats tchadiens. Ces soldats tchadiens, sont-ils impartiaux, ou pas ?

 

La République centrafricaine et le Tchad ont plus de 1 000 kilomètres de frontières. Les populations ont toujours vécu en symbiose. On s’appelle même d’ailleurs « des cousins ». Donc, il n’y a jamais eu de problème entre les Centrafricains et les Tchadiens. Si, maintenant, au sein du contingent tchadien il y a des brebis galeuses, ces brebis galeuses doivent être traitées ainsi par les instantes compétentes, c'est-à-dire la Misca.

 

Que pensez-vous de vos compatriotes qui demandent le retrait les soldats tchadiens de Centrafrique ?

 

Vous savez, c’est un peuple qui vit un certain ressentiment, dû à une histoire avec l’armée ou, tout au moins, avec une partie des militaires tchadiens qui date de plusieurs années. Là-dedans, il y a du vrai, et il y a des choses qui sont certainement exagérées. Je pense qu’il ne m’appartient pas, à moi, de demander le retrait des soldats tchadiens. En revanche, je pense que tous les soldats qui viennent dans ce type d’opérations et qui n’ont pas un comportement impartial doivent être retirés.

 

Le redéploiement de ces soldats tchadiens de la Misca vers le nord de la Centrafrique ne serait-il pas une solution ?

 

La solution, l’unique, c’est que toutes les forces qui viennent pour désarmer les Centrafricains se comportent de manière professionnelle et impartiale, que ce soit à Bangui ou en province. S’il y a quelques brebis galeuses parmi les militaires tchadiens, si ces brebis galeuses ne sont pas retirées et si elles ont le même comportement dans le nord, ça produit le même effet.

La présence au sein de la Misca de contingents des pays limitrophes de votre pays - des Tchadiens, des Congolais-Brazzaville, des Congolais-Kinshasa, des Camerounais - ne pose-t-elle pas un vrai problème ?

 

Nous sommes membres de la Cemac et de la CEEAC. Ces pays ont toujours été à nos côtés. Pas seulement militairement. Souvent financièrement, d’ailleurs, ces dernières années. Et donc, aujourd’hui, à cause des problèmes que nous avons créés nous-mêmes, ces pays viennent nous aider. Nous n’avons pas à nous en plaindre !

 

Il y a également le problème de tous vos compatriotes, qui ne sont même plus chez eux en ce moment...

 

Ça c’est désastreux. Ça a commencé par les provinces : Bossangoa, Boka... Toutes ces populations, qui sont à l’archevêché ou ailleurs, qui ne sont plus rentrées chez elles depuis plusieurs mois, parce qu’elles ont peur d’y repartir et d’être assassinées.

 

Depuis le 5 décembre à Bangui, on signale qu’il y a déjà plus de 300 000 personnes dehors, qui vivent affamées, dans le froid la nuit, dans la chaleur le jour. Dans une promiscuité qui peut amener des épidémies. C’est invivable à l’intérieur d’une capitale. Il faut absolument que ces personnes rentrent chez elles ! Vous savez, on vient de passer Noël et ces fêtes dans tous les pays du monde… En Centrafrique ça a été un jour de malheur !

 

Dimanche, un conseiller du numéro un, Michel Djotodia, a menacé de faire sécession dans le nord de votre pays, avec tous les musulmans de Centrafrique. Prenez-vous cette menace au sérieux ?

 

J’espère qu’il ne s’exprimait pas en tant que conseiller de Monsieur Djotodia ! Parce qu'un Centrafricain qui aime son pays ne peut même pas imaginer ce type de solution !

 

Michel Djotodia a dénoncé les propos en question. Mais si les Seleka se replient dans le fief du nord-est, est-ce qu’il n’y aura pas une sécession de facto ?

 

Les Seleka sont essentiellement des mercenaires. C’est peut-être 2 ou 3 000 Centrafricains et plus de 20 000 mercenaires. Ce n’est pas dans le nord centrafricain qu’ils doivent se replier. Ils doivent sortir du pays et rentrer chez eux !

 

Les Centrafricains qui ont pris l’initiative de créer ce mouvement de rébellion l'ont fait parce que leur région avait été négligée pendant plusieurs années. C’est une revendication légitime, que l’Etat doit prendre en compte.

 

J’en appelle au chef d’Etat de transition, qui est garant de l’unité nationale et qui est, lui, Centrafricain. Il ne faut pas, parce que des mercenaires l’ont accompagné au pouvoir, qu’il se sente solidaire de ces derniers. Il est Centrafricain, il doit être solidaire de tous les Centrafricains, musulmans comme chrétiens. Il est temps que nous puissions penser à l’unité nationale qui était chère à notre premier président, le président Boganda.

Invité Afrique du jour sur RFI : Anicet Dologuélé

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