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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 16:51

 

 

 

 

 

 

 

Alors que François Hollande veut organiser des élections en 2014 en Centrafrique, une ancienne ministre, membre du Conseil national de transition, donne un aperçu de l'immensité de la tâche.

 

Propos recueillis par Simon Gourmellet 

 

Mis à jour le 12/12/2013 | 06:44 , publié le 12/12/2013 | 06:41

 

François Hollande ne veut pas s'éterniser en Centrafrique. En visite à Bangui, le président de la République a détaillé son programme, mardi 10 décembre : "Protéger les populations, garantir l'accès à l'aide humanitaire, accompagner les Centrafricains vers la reprise de contrôle sur leur propre destin et la transition politique en 2014". 

 

Un calendrier serré pour un pays complètement désorganisé. Francetv info a demandé à Béatrice Epaye, une ancienne ministre, députée et aujourd’hui membre du Conseil national de transition, dans quel état est la classe politique centrafricaine, et comment elle envisage cette transition.

 

Francetv info : Que fait aujourd'hui le Conseil national de transition ? 

 

Béatrice Epaye : Rassemblant les diverses forces politiques du pays, ce conseil a été mis en place à l'issue des accords de Libreville (Gabon), en janvier dernier, et doit jouer le rôle de contre-pouvoir et permettre de rétablir la démocratie, aider au développement et rétablir la sécurité. La France et les Nations unies vont nous aider à mener à bien ce processus.

 

Une session ordinaire s'est terminée fin novembre. Nous avons doté le pays d'un nouveau code électoral qui prévoit l'élection d'un président pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Tous les responsables de la transition, président, Premier ministre et membres du CNT, ne pourront briguer la magistrature suprême. Désormais nous sommes dans l'attente. Mais on peut être appelé en urgence pour une réunion extraordinaire. 

 

L'organisation d'élections dès l'automne 2014 vous semble-t-elle possible ? 

 

Si le président Français s'engage sur ce calendrier, c'est en connaissance de cause, mais la tâche est immense. Le code électoral a été voté par le Conseil national de transition avant la dégradation de la situation, il faut désormais que l'Etat reprenne pied dans tout le pays. Ce processus dépendra du rythme auquel les troupes françaises et la Misca [des troupes africaines venues soutenir la Centrafrique] sécuriseront le pays.

 

Au Mali, le calendrier était lui aussi serré, mais il a pourtant été tenu...

 

Les situations sont complètement différentes. Au Mali, le conflit était concentré au nord du pays alors qu'en Centrafrique, il concerne l'ensemble du territoire, c'est-à-dire près de 623 000 km2.  Avant l'intervention de la France, le Mali possédait une administration sur laquelle s'appuyer. Des structures qui n'existent plus aujourd'hui en Centrafrique. Enfin, la géographie du pays, composée de savane et de forêts, rend les communications et les déplacements beaucoup plus compliqués.

 

Dans quel état se trouve la classe politique en Centrafrique ? 

 

La classe politique a été profondément fragilisée. La meilleure preuve, c'est le silence actuel. Aucune voix politique ne se fait clairement entendre depuis l'arrivée des soldats français. Certains hommes politiques se sont compromis avec la Séléka. D'autres se font discrets, car ils sont isolés.

 

Existe-t-il des leaders politiques crédibles ?

 

Dans le méli-mélo centrafricain, c'est aujourd'hui extrêmement difficile à dire. Il faut que l'on tienne compte de notre passé, celui d'un pays corrompu, d'un pays d'impunité, où tout le monde a été impliqué à un moment ou à un autre. Il faut en être conscient avant de rebâtir. Mais de manière générale, le peuple Centrafricain ne croit pas en ses hommes politiques, ni en leurs partis. Pour assister à l'émergence de nouvelles forces politiques, il faut que les armes soient déposées et que ces forces puissent avoir les moyens de s'organiser pour défendre un projet. Tout ça est un immense chantier. 

 

Justement, les troupes françaises ont pour mission de désarmer les factions. 

 

Ce sera là aussi un travail de longue haleine. La population s'est armée pour se défendre. Si on parvient à la rassurer en sécurisant le pays, son désarmement ne devrait pas trop causer de difficultés.

 

Mais pour les membres de la Séléka, cela risque d'être beaucoup plus compliqué. Le mouvement est très hétéroclite, composé notamment de rebelles tchadiens ou d'autres pays frontaliers, qui ont fait de la Centrafrique leur sanctuaire. Mais pas seulement. Depuis leur arrivée, il n'y a plus de coupeurs de routes, ces bandes armées qui contrôlent les axes routiers, car ils ont intégré cette coalition. Les uns comme les autres ont commis des exactions, et ne peuvent plus revenir en arrière. Leur intégration posera elle aussi un problème.

"Dans le méli-mélo centrafricain, aucune voix politique ne se fait entendre" : Béatrice Epaye

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