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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 00:33

 

 

 

 

 

 

 

Par Tirthankar Chanda  vendredi 20 décembre 2013 à 23:24

 

 

Les entreprises centrafricaines ont payé un lourd tribut à l’anarchie et l’instabilité qui règnent dans le pays en proie à une crise politique et sécuritaire de grande envergure. La récession menace et la misère grandit dans l’un des pays les plus pauvres de la planète.

 

L’économie centrafricaine a pâti des violences chroniques dont ce pays est victime depuis son indépendance en 1960. Les années 2000 ont vu démarrer et s’organiser les activités productives à la faveur de la stabilisation de la vie politique sous la présidence de François Bozizé, arrivé au pouvoir à Bangui suite au coup d’Etat de 2003. Entre 2003 et 2012, la République centrafricaine a enregistré une croissance annuelle moyenne de 3 à 4%. En 2012, l’économie a crû au rythme de 3,1%.

 

Organisation de l’économie

 

Vaste comme l’Ukraine ou comme la France et la Belgique réunies, la Centrafrique est un pays peu peuplé (4,7 millions d’habitants, selon le dernier recensement) et pauvre, avec un pib/hab qui s’élevait à 446 dollars américains en 2012. Ce pays fait partie des PMA (pays les moins avancés), avec un indice de développement qui le place au 180e rang sur 186 pays répertoriés. L’économie centrafricaine se caractérise par la prédominance du secteur primaire (environ 50% du PIB), composé d’une agriculture de subsistance qui occupe 66% de la population, de l’élevage, de la sylviculture et des industries extractives (essentiellement le diamant). Les industries de transformation restent embryonnaires, alors que le secteur des services est particulièrement dynamique, notamment à cause de la percée de la téléphonie mobile.

 

Les mines de diamant constituent traditionnellement la grande richesse nationale, mais leur exploitation reste largement artisanale et soumise à la contrebande. Avec une production qui oscille entre 350 000 et 400 000 carats par an, la Centrafrique exploite, selon les experts, moins de 1% de son potentiel minier. En outre, comme certaines mines se trouvent dans des régions contrôlées par des groupes dissidents, l’Etat a du mal à établir sa mainmise sur ce secteur.

 

La sylviculture qui représente 4,6% du PIB, constitue un autre atout majeur de l’économie centrafricaine. Cependant, ces dernières années, du fait de la crise économique mondiale, le commerce du bois s’est ralenti avec la chute de la demande, notamment dans les marchés européen et nord-américain où se trouvent ses principaux clients.

 

Prévisions désastreuses

 

La crise politique et sécuritaire que connaît la RCA depuis fin décembre 2012 a amplifié les difficultés économiques habituelles de ce pays. Les prévisions pour 2013 sont pour le moins désastreuses. Tous les observateurs s’attendent à une récession dont l’ampleur varie, selon les sources, entre 14 et 20%.

 

Les événements graves survenus depuis décembre dernier lorsque les rebelles de la Seleka venus du Nord-Est ont commencé à s’attaquer au régime en place avant de chasser Bozizé du pouvoir en mars 2013, se sont traduits par des pillages des entreprises et des banques. Ces pillages doublés de violences ethniques ont touché aussi les populations. Les paysans se sont enfuis en abandonnant leurs récoltes. Selon les estimations, environ 10% de la population ont fui leur habitation et 25% ont besoin d’aide alimentaire. Enfin, le facteur qui aura peut-être les répercussions les plus graves sur l’économie, c’est la suspension de la RCA depuis mai dernier du Processus de Kimberley qui est un système international de certification des diamants bruts. Par conséquent, Bangui ne peut plus exporter ses diamants qui constituent une des principales sources de ses revenus.

 

Tous les indicateurs sont aujourd’hui au rouge tant en matière de production et d’investissement qu’en termes de progrès social : 80% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté en 2013 contre 67% en 2012, zéro investissements directs étrangers contre 72 millions de dollars en 2011 et 60 millions en 2011. A ces difficultés s’ajoute le poids de la dette extérieure qui s’élève déjà à plus d'un milliard de dollars.

 

Après s’être autoproclamé président en août dernier, le nouvel homme fort Michel Djotodia avait fait de la relance économique un des piliers de sa feuille de route. Mais depuis, le pays a plongé dans l’anarchie et le gouvernement de transition ne peut plus compter sur le budget national de 525 millions de dollars approuvé par le Parlement pour soutenir l’économie. Le Premier ministre Nicolas Tiangaye a fait savoir aux bailleurs de fonds internationaux qu’il aura besoin d'un milliard de dollars pour redresser le pays. Les milieux économiques centrafricain ne croient plus pour leur part à une reprise rapide de l’activité économique. Pour Pierre Siovène, secrétaire général adjoint de l’Union des travailleurs de Centrafrique (USTC), « cette crise est un coup fatal ».

Lu pour vous : Centrafrique : une économie dévastée

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