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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 13:40

 

 

 

 

 

 

PUBLIÉ LE MARDI 10/12/2013 À 13H19

 

 

Deux soldats français ont été tués dans la nuit de lundi à mardi à Bangui, les premiers à tomber en Centrafrique depuis le déclenchement de l'opération Sangaris jeudi.

 

Par Michel CARIOU et Patrick FORT

 

Bangui (AFP) - Deux soldats français ont été tués "au combat" dans la nuit de lundi à mardi à Bangui, au cours des opérations de désarmement des milices dans la capitale centrafricaine où le président François Hollande est attendu dans la soirée.

 

Cinq jours après le début officiel de son intervention, l'armée française affirme avoir sécurisé la capitale, mais fait désormais face à des "accès de violence", pillages et tentatives de représailles contre les civils musulmans, lourds de menaces pour la suite des évènements.

 

Mardi matin, les soldats de l'opération Sangaris poursuivaient le désarmement des groupes armés --en fait pour l'essentiel les combattants musulmans de l'ex-rébellion Séléka-- dans plusieurs zones de la ville.

 

Ils opéraient notamment à la sortie nord de Bangui, dans le quartier du PK-12, ont indiqué des habitants contactés au téléphone par l'AFP, sur un axe emprunté par les groupes armés pour évacuer la ville.

 

Dans la matinée, aucun accrochage ou échanges de tirs n'avait été signalé, alors que la population cherchait à se ravitailler après des journées de quasi-paralysie de tout activité.

 

Premiers morts français

 

Selon la présidence française, deux soldats du 8ème régiment de parachutistes d'infanterie de marine de Castres (sud), "sont morts au combat la nuit dernière à Bangui".

 

Il s'agit des premières pertes françaises depuis le déclenchement jeudi soir de l'intervention française Sangaris, dans la foulée d'un feu vert de l'ONU.

 

Alors que la situation est à peine stabilisée dans Bangui après les massacres inter-religieux de la semaine dernière qui ont fait quelque 400 morts, le président Hollande fera étape mardi soir dans la capitale centrafricaine, de retour d'Afrique du Sud où il aura assisté le jour-même à la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela.

 

Il rencontrera les autorités de transition centrafricaines, le Premier ministre Nicolas Tiangaye et surtout le président Michel Djotodia, ex-chef rebelle de la Séléka qu'il avait très vivement critiqué samedi dernier.

 

Dans le cadre de l'opération Sangaris (du nom d'un papillon rouge local), la France a déployé 1.600 militaires en Centrafrique, pour l'essentiel dans Bangui mais aussi dans le nord-ouest du pays, en appui à la force africaine présente sur place, la Misca (2.500 soldats).

 

Les soldats français ont pour mission de "rétablir la sécurité, protéger les populations et garantir l'accès de l'aide humanitaire", a rappelé la présidence française dans son communiqué de mardi, rendant hommage aux "sacrifice des deux soldats" tués dans la nuit.

 

Leur patrouille a été accrochée près de l'aéroport, où est basée l'essentiel du dispositif français, a précisé le président de l'Assemblée nationale française, Claude Bartolone.

 

M. Bartolone s'exprimait à l'issue d'une réunion d'information sur la Centrafrique convoquée mardi matin par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avant un débat au parlement.

 

Les inquiétudes en France s'expriment de plus en plus ouvertement sur une opération annoncée comme "humanitaire" et relativement rapide --dans un pays que l'armée française connait par coeur--, mais qui pourrait en définitive s'avérer beaucoup plus longue et délicate que prévu.

 

Selon François Hollande, il s'agit en effet désormais de désarmer tous les groupes armés, ramener la stabilité dans un pays totale décomposition et organiser des élections libres et pluralistes "avant 2015" en remplacement du régime actuel, coalition rebelle à dominante musulmane arrivée au pouvoir par les armes en mars 2013 après avoir renversé le président François Bozizé.

 

Dans Bangui, les hommes en armes de l'ex-Séléka ont disparu des rues. Certains ont abandonné leurs uniformes pour se mêler à la population et ont caché leur arsenal dans les quartiers.

 

"Il n'y a pas eu de combats dans Bangui. A aucun moment les groupuscules n'ont cherché à engager le combat contre nous", a affirmé Paris lundi: les soldats français ont toutefois dû riposter brièvement à "des tirs fugaces" qui ont aussitôt cessé.

 

Soif de vengeance

 

Selon l'état-major français, des "accès de violence", notamment des pillages, se sont en produits lundi après-midi en marge des opérations de désarmement.

Selon la même source, "tous ceux" qui étaient encore dans les rues ont été désarmés, l'opération ayant été conduite "en coopération" avec la force africaine.

 

L'urgence semble désormais de contenir la vengeance des populations de la capitale, en très grande majorité chrétiennes, contre les ex-Séléka isolés et la minorité civile musulmane qui y est associée.

 

Dans une ville de près d'un million d'habitants, le contingent français -numériquement limité- et les hommes de la Misca pourraient ainsi se retrouver en grande difficulté pour contrôler la soif de vengeance.

 

Frustrés d'avoir été désarmés et cantonnés dans leurs bases, beaucoup d'hommes de la Séléka sont de leur côté furieux d'être privés par les Français de tout moyen de se défendre --avec leurs familles et leurs proches-- face à la vindicte populaire.

 

Très peu d'information arrivent par ailleurs des provinces, totalement coupées du reste du pays. "On peut malheureusement s'attendre à découvrir des centaines de corps dans la brousse dans les prochains jours", s'inquiétait un responsable d'une ONG internationale.

 

"Il faut s'attendre aussi à de nouvelles victimes tuées par les Séléka dans leur retraite. Nous sommes dans une dynamique infernale de représailles", analyse cette source.

 

"Les combattants de la Séléka ont été défaits. Après avoir tué des centaines de personnes en trois jours à Bangui, ils peuvent en faire tout autant dans leur dans leur retraite vers leurs bastions du nord".

 

"Du côté chrétien, l'heure de la revanche a sonné, c'est le +match retour+ qui s'annonce, avec le risque de tueries à la machette contre les civils musulmans"

 

© 2013 Agence France-Presse. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. 

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