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28 décembre 2013 6 28 /12 /décembre /2013 23:35

 

 

 

 

 

 

 

http://blog.lesoir.be/colette-braeckman  28 décembre 2013

 

La Centrafrique, ce vaste pays longtemps oublié entre ses grands voisins (les deux Congo, le Tchad, le Soudan) va-t-il devenir le théâtre d’une nouvelle guerre interafricaine ?


Au départ, lorsque Paris lança l’Opération Sangaris, il s’agissait surtout d’une opération de police, avec des objectifs bien définis : mettre hors d’état de nuire les combattants de la Seleka, le mouvement rebelle qui avait pris le pouvoir en Centrafrique en mars dernier, et dont les hommes, refusant d’être désarmés et cantonnés, multipliaient depuis des mois les exactions à l’encontre des populations civiles, majoritairement chrétiennes au sud du pays. Les horreurs perpétrées par les bandes de Seleka (parmi lesquels des Tchadiens, des Soudanais et autres « soldats sans frontières ») avaient provoqué l’apparition de groupes d’auto-défense, les anti balakas, de simples paysans armés de machettes, mais aussi d’anciens partisans du président déchu de François Bozize.


Les forces françaises devaient opérer en coordination avec la Misca (Mission onusienne d’intervention en Centrafrique, remplaçant la FOMAC, force militaire d’Afrique centrale)  à laquelle participaient des soldats tchadiens, burundais, et des Congolais de Brazzaville.


Le 5 décembre, alors que « Sangaris » n’en était qu’à ses débuts, des éléments « anti-balaka », armés de machettes, se lancèrent dans des massacres de musulmans, accusés de soutenir les Nordistes de la Seleka, majoritairement musulmans eux aussi. D’après l’hebdomadaire Jeune Afrique, il ne s’agissait pas seulement de représailles, mais d’une attaque militaire professionnelle, coordonnée par le fils de l’ancien président Bozize. Les tueries firent plus de 600 morts dans la capitale.


Depuis lors, l’image du conflit s’est singulièrement brouillée : quoique se proclamant impartiales, les forces françaises sont accusées par les musulmans de prendre parti pour les chrétiens et leurs relations avec le président en place, Michel Djotodia, un ancien ministre mis au pouvoir par la Seleka, sont exécrables.


Mais entre les forces africaines chargées de rétablir la paix l’harmonie est loin de régner car elles ont, elles aussi, des solidarités voire des agendas différents. C’est ainsi que les Tchadiens sont soupçonnés de protéger la Seleka (parmi lesquels se trouvent des ressortissants de leur pays…) tandis que les soldats originaires d’Afrique centrale, Congo et Burundi, se sentent plus proches des populations chrétiennes. Des échanges de coups de feu ont eu lieu entre des « soldats de la paix » tchadiens et leurs homologues burundais et les Tchadiens ont tiré dans la foule qui les conspuait à Bangui ! La tension était telle qu’in fine, il a été décidé que les hommes d’Idriss Deby, des guerriers à la gâchette trop facile, seraient mutés dans le Nord du pays.


L’éloignement des Tchadiens ne rétablira pas nécessairement la sérénité au sein de la Misca : Kinshasa a annoncé le déploiement en Centrafrique de 850 hommes, afin de sécuriser la frontière commune et d’empêcher que la guerre ou les flux de réfugiés n’embrasent la province de l’Equateur, un bastion anti-Kabila, où Jean-Pierre Bemba garde beaucoup de sympathisants. Ces hommes appartiennent au dernier des bataillons de para commandos formés par les Belges à Kindu et ils n’ont pas encore subi l’épreuve du feu. C’est pourquoi d’aucuns se demandent, à Bruxelles, si une contribution à l’effort militaire ne pourrait pas se traduire par l’encadrement de ce bataillon par ses instructeurs belges, une demi douzaine d’officiers qui assureraient le suivi opérationnel de la formation qu’ils avaient dispensée dans le Maniéma.


A Bangui, les Congolais devront collaborer avec des hommes pour lesquels, au Kivu, ils n’ont aucune sympathie : un contingent de 800 hommes que le Rwanda à son tour met à disposition de l’Union africaine.


A l’instar de Kinshasa, Kigali est mu autant par des soucis de sécurité que par la solidarité interafricaine : on se souvient en effet que, voici dix ans, des combattants hutus, après avoir traversé le Congo Kinshasa et le Congo Brazzaville, s’étaient réfugiés en Centrafrique où ils s’étaient mis au service du président Bozize. L’un des collaborateurs du président déchu était d’ailleurs Fabien Singaye, un ancien proche du président Habyarimana, lié à Paul Barril et qui avait servi de traducteur au juge Bruguière ! La bannière de la pacification de la Centrafrique risque donc, aussi, de dissimuler sinon une sourde guerre interrwandaise, du moins de sérieuses opérations de renseignement !


Au regard de la complexité croissante de la situation en Centrafrique, l’opération française au Mali risque de ressembler à une promenade de santé…

Centrafrique: les soldats de la paix sont eux-mêmes divisés par Colette Braeckman
Centrafrique: les soldats de la paix sont eux-mêmes divisés par Colette Braeckman
Centrafrique: les soldats de la paix sont eux-mêmes divisés par Colette Braeckman

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