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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 16:36

 

 

 

 

 

PUBLIÉ LE 09/12/201  Par La Voix du Nord

 

Des affrontements ont éclaté lundi à Bangui entre soldats français et hommes armés, au premier jour de l’opération de désarmement des milices promises par Paris pour rétablir la sécurité en Centrafrique.

 

Ces échanges de tirs ont opposé en fin de matinée des militaires de l’opération française Sangaris à des hommes armés près de l’aéroport, où est basé l’essentiel du dispositif français au nord de la capitale. Les tirs ont rapidement cessé et aucun militaire français n’a apparemment été blessé, selon des photographes de l’AFP.

 

Le désarmement des milices et groupes armés a commencé lundi matin, a annoncé l’état-major français à Paris, assurant que « les choses se passent bien ». Aux premières heures de la matinée, le « message » des autorités françaises semblait avoir été entendu dans Bangui: les hommes en armes qui il y a quelques jours étaient partout, déambulant à pied ou sillonnant les rues à bord de picks-up bondés de combattants étaient invisibles, ont constaté des journalistes de l’AFP.

 

Pendant la nuit certains ont tombé l’uniforme. D’autres, privés de leur kalachnikov, affichent une mine défaite.

 

Dimanche en fin de journée, un imposant convoi de blindés français, arrivé par la route depuis le Cameroun, est encore venu renforcer le dispositif français. Salué par la population, il paraît aussi avoir contribué à saper le moral de certains combattants, alors que pendant toute la nuit, les hélicoptères de combat français, invisibles dans la pénombre, ont tournoyé au-dessus de Bangui.

 

Même si ce n’est pas dit publiquement à Paris, l’opération de désarmement vise expressément les ex-combattants rebelles de la Séléka, coupables de nombreuses exactions ces derniers mois -pillages, exécutions sommaires- sur la population.

 

Haïs des habitants, qui les voient le plus souvent comme des mercenaires ou des « occupants » venus du Tchad et du Soudan voisins, les ex-Séléka -majoritairement musulmans- sont les seuls à déambuler en armes dans la capitale, face aux milices villageoises « anti-balaka » (anti-machettes, favorables à l’ancien régime), présentes en brousse ou infiltrées dans les quartiers.

 

La Centrafrique est plongée dans le chaos et un engrenage de violences communautaires et inter-religieuses entre chrétiens et musulmans depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka.

 

« On a faim ! »

 

Les Banguissois, qui depuis samedi ne cessent de dire leur soulagement de voir les Français dans les rues après des journées d’horreur, reprennent peu à peu leurs habitudes. Arlette Papaye, commerçante, raconte : « On a recommencé à sortir parce que les Français sont là. On était resté dans les maisons et les cases. On a faim. Il faut que les Français fassent partir les Séléka ».

 

Officiellement dissoute par le président centrafricain et ex-chef rebelle Michel Djotodia, les milices Séléka ont été en théorie intégré pour partie les nouvelles forces de sécurité. Cette dissolution est restée purement symbolique et rien n’a changé dans les faits. Si les armes ne se voient plus, elles sont toujours dans la ville, posées derrière un mur, rangées dans des maisons ou des entrepôts, dans les quartiers où les militaires français ne sont pas encore rentrés.

 

Ordonnée dimanche soir par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, l’opération de désarmement s’annonce complexe, a expliqué lundi le chef de la diplomatie française Laurent Fabius. « La difficulté c’est que beaucoup d’ex-Séléka ont enlevé leur treillis et se sont mis en civil (...) et il est difficile de reconnaître les individus », a-t-il déclaré à la radio France Inter.

 

« On a expliqué aux uns et aux autres, à la radio et par différents médias disponibles, qu’il fallait ramener les armes, le président Djotodia a dit la même chose, on va donc aller au contact et si ce n’est pas suffisamment efficace, la force sera employée », a-t-il prévenu.

 

Passivité des autorités

 

Après le vote ad hoc de l’ONU jeudi, la France a déployé 1.600 militaires en République centrafricaine (opération baptisée Sangaris, du nom d’un papillon rouge local), en appui à une force africaine sur place, la Misca (2.500 soldats). L’essentiel des forces françaises est concentré à Bangui, mais des unités sont également déployées dans le nord-ouest du pays, particulièrement à Bossangoa où les affrontements à caractère inter-religieux sont réguliers depuis septembre.

 

A propos des autorités de transition, M. Fabius a indiqué qu’il fallait « travailler » avec elles jusqu’aux élections qui doivent être organisées le plus vite possible, « même si (elles)-mêmes ou leurs correspondants ont des difficultés ».

 

Le président français François Hollande avait vivement critiqué samedi l’inefficacité, voire la passivité du président Djotodia, porté au pouvoir en mars par les rebelles et censé resté en place jusqu’à la tenue d’élections en 2015.

 

Laurent Fabius a rappelé que « ni le président (centrafricain) ni le Premier ministre ni aucun des membres du gouvernement ni le Bureau de l’Assemblée nationale ne peuvent se présenter aux futures élections. Cela a été décidé par les pays africains voisins, accepté par l’Union africaine et par l’ONU », a-t-il affirmé.

 

Près de 400 personnes ont été tuées dans des violences ces jours derniers dans la capitale centrafricaine, Bangui. Lundi l’odeur insoutenable de cadavres en décomposition persistait dans des quartiers où la Croix-rouge locale n’a pu pour le moment ramasser les corps.

Centrafrique : les Français entament le désarmement des milices, premiers affrontements

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