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4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 01:23

 

 

 

 

 

 

   03-12-2013 à 15h01 - Modifié le 03-12-2013 à 19h43

 

Cette semaine est décisive pour la République centrafricaine (RCA). Le Conseil de sécurité de l’ONU doit en effet voter une résolution qui ouvrira la voie à une intervention militaire de la France.

 

Il aurait été souhaitable que cet indispensable soutien aux troupes africaines pour protéger les populations civiles et rétablir la sécurité soit apporté par une coalition internationale. Malheureusement, une fois de plus, des divergences au sein du Conseil de sécurité et la démission de certains États l’ont rendu impossible.

 

Laisser des innocents sous l’emprise des seigneurs de la guerre était inadmissible, pour cette raison, la décision française de renforcer sa présence militaire sur le terrain me semble juste.

 

Associer la société civile aux débats sur l’avenir du pays

 

Mais la réponse à l’urgence sécuritaire n’est qu’une étape. Il faudra très vite dépasser l’approche militaire et créer les conditions pour une paix durable pour les populations centrafricaines. Cela passe nécessairement par la lutte contre les maux qui gangrènent ce pays depuis son indépendance.

 

Ces maux, également à l’origine de l’explosion de la violence dans d’autres pays africains, sont bien connus : déficit de gouvernance, absence d’État de droit, appétits suscités par les richesses du sous-sol… En RCA comme ailleurs, une rupture du lien social est venue s’ajouter à ces problèmes structurels se traduisant par des affrontements inter communautaires.

 

Il convient donc d’exiger des autorités de la RCA et de tous les pays qui souhaitent voler à son secours qu’ils inscrivent au cœur de leurs agendas la réponse aux défis que je viens de citer. À ce titre, deux aspects me paraissent essentiels.

 

Le premier concerne la société civile. Celle-ci est certes divisée mais elle se mobilise pour proposer des solutions pour la sortie de crise. J’ai d’ailleurs été témoin de son dynamisme en accompagnant quelques-uns de ses leaders dans une mission à l’ONU en septembre dernier.

 

Associer la société civile à tous les débats sur l’avenir du pays doit devenir un réflexe, la soutenir pour qu’elle se consolide doit être une priorité. Une société civile centrafricaine forte contribuera sans aucun doute à la réconciliation nationale ainsi qu’à l’assainissement et au renouvellement de la classe politique dont le pays a grandement besoin.

 

Rompre le lien entre exploitation des ressources et conflits 

 

Le deuxième aspect a trait aux ressources naturelles. Tout le monde le sait, la RCA n’en est pas dépourvue.

 

Et pourtant, loin de contribuer au développement des populations, elles ont enrichi quelques individus et entretenu la violence. Le diamant centrafricain a été vendu librement à travers le monde alors même qu’il enrichissait l’Union des forces démocratiques pour le changement, un des mouvements fondateurs de la coalition "Séléka".

 

L’or exploité aujourd’hui dans les zones contrôlées par cette coalition coupable d’exactions diverses a lui aussi un débouché international. Cela indique, une fois encore, que les systèmes internationaux pour rompre le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et les conflits sont lacunaires ou inexistants.

 

En Europe, par exemple, le droit reste muet sur cette question alors qu’il s’agit du plus grand marché mondial avec des places importantes où sont négociés l’or et le diamant. Aider les Centrafricains, c’est aussi remédier à cette situation intolérable.

 

Samedi prochain, en marge du Sommet de l’Élysée, la France a prévu d’accueillir un mini-sommet sur la RCA en présence de ses partenaires européens, des chefs d’États et de gouvernements de l’Afrique centrale et de Ban Ki Moon.

 

Elle aura l’occasion d’afficher clairement ses intentions sur ces questions qui, j’en ai la conviction, peuvent véritablement aider les Centrafricains à redevenir maîtres de leur propre histoire.

Centrafrique : l'intervention militaire de la France est une bonne chose, mais...

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