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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 19:51

 

 

 

 

 

 

YAOUNDE Lundi 16 décembre 2013 | 16:43 UTC (Xinhua) - Prises d'emblée dans l'étau de forces de guérilla insaisissables, l'armée française et la force africaine de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique (MISCA) n'ont pas eu le temps de s'installer pour mesurer l'étendue de leur mission conjointe à hauts risques qui, de l'avis des observateurs, impose de facto l'absolue nécessité de l'affrontement direct pour réussir.

 

Presque neuf mois après la victoire en mars au terme de trois mois de conflit de Michel Djotodia, ci-devant chef de l'Etat de la transition ouverte en août avec sa prestation de serment à Bangui, et ses ex-rebelles de la Séléka sur le régime de François Bozizé, lui-même ancien chef rebelle, la République centrafricaine (RCA) sous coupes réglées se conjugue ni plus ni moins comme une zone de non-droit.

 

Avec l'émergence d'autres acteurs de déstabilisation, à savoir des milices à coloration chrétienne issues de vulgaires groupes d' autodéfense villageois dits « anti-Balakas » (anti-machettes) ayant sonné la charge contre le pouvoir à dominante musulmane des nouveaux maîtres de Bangui, accusés aux exactions (massacres, exécutions sommaires, enlèvements, viols, pillages, etc.) sur leurs communautés, la poudrière a fini par exploser.

 

Rongée par une douloureuse épreuve de bataille pour le contrôle du pouvoir, la pire crise de son histoire de l'aveu de tous, mu ée en conflit intercommunautaire et religieux entre chrétiens (majoritaires à près de 90%) et musulmans, la RCA a basculé dans l' horreur et le chaos où les rapports les plus proches de la réalité dénombrent plus de 3.000 morts depuis un an, sur une population de près de 5 millions d'habitants.

 

Sur une liste qui en comptabilisait déjà plus de 400.000 début le début de la crise, les Nations Unies recensaient, en plus de plus de 400 morts supplémentaires, la semaine dernière 159.000 nouveaux déplacés en une semaine de heurts dans la capitale suite au désarmement forcé entrepris par l'armée française à l'égard des ex-rebelles de la Séléka et d'autres groupes armés jusqu'aux anti- Balakas fondus dans la population.

 

Confrontée à une rude épreuve de force inattendue avec ces forces mouvantes aux allures d'une guérilla insaisissable, l'armée française dont les premiers déploiements d'une mission d' intervention de 1.600 soldats autorisée par un vote du Conseil de sécurité des Nations Unies ont officiellement fait leur apparition à Bangui le 5 décembre, a dû faire le deuil de deux jeunes parachutistes de 22 et 23 ans.

 

Ce seul épisode a suffi pour résumer la délicatesse de la mission de ces « sapeurs-pompiers » hexagonaux et de celle de la Mission internationale de soutien en Centrafrique (MISCA), une force panafricaine d'un effectif estimatif de 6.000 hommes dont elle dit venir en appui.  

 

 CHANCES DE REUSSITE CERTAINES

 

Pour l'une et l'autre force, « les chances de réussite me semblent être certaines dans la durée, à condition qu'on tienne compte d'un certain nombre d'éléments dont les plus importants me semblent être le facteur géographique, ce qui signifie que lorsque vous allez avec une armée combattre des milices, ce n'est pas une guerre qui se fait sur les axes routiers. C'est une guerre d'affrontement dans les fonds de quartiers », a analysé à Xinhua le géostratège camerounais Joseph Vincent Ntuda Ebodé.

 

En clair, explique l'universitaire, « les chances de réussite à court terme imposent que les forces étrangères qui sont parties en Centrafrique poursuivent les éléments incontrôlés de la Séléka dans les fonds de quartiers. Dans ce cas-là, il ne s'agit plus d' une guerre de démonstration. Il va falloir des corps à corps. Et c' est peut-être cela que ces forces veulent éviter actuellement. »

 

Enseignant et chef du Centre de recherches et d'études politiques et stratégiques (CREPS) de l'Université de Yaoundé II à Soa, une banlieue de Yaoundé, estime que si l'option consistant pour les forces française et africaine à éviter l'affrontement direct avec les groupes armés à désarmer prévaut, « on va assister à une intensification de la criminalité aussi bien dans les villes qu'à l'intérieur du pays, parce que les forces parties pour cette raison n'y sont pas ».

 

C'est un risque évident dans la mesure où, loin de la capitale Bangui, d'autres théâtres de combats entre les ex-Séléka et les anti-Balakas déclarés fidèles à l'ancien régime de François Bozizé tiennent en haleine depuis des mois dans plusieurs villes de l'int érieur de la Centrafrique, comme Bossangoa dans la région natale du président déchu dans le Nord ou encore Bouar, Bossembélé, Bataganfo, etc.

 

Ce pays enclavé d'Afrique centrale, ex-colonie française indé pendante depuis 1960, se distingue par ailleurs par un territoire immense d'environ 700.000 km2 qu'aucun des dirigeants qui se sont succédé à un pouvoir de surcroît constamment conquis par les armes n'a pu véritablement contrôler dans sa totalité, d'où la présence devenue banale pour les populations dans certaines régions de groupes armés parmi lesquels des coupeurs de route et des rébellions.

 

Partis de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, les combattants de l'Armée de la résistance du seigneur (LRA) du chef rebelle ougandais Joseph Kony traqué par les Nations Unies et l'Union africaine pour répondre des accusations de crimes de génocide et crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye aux Pays-Bas, sévissent depuis 2008 dans l'Est.

 

 PAYS COMPLETEMENT DELABRE

 

Pour l'analyste Ntuda Ebodé, « un des enjeux majeurs de la crise centrafricaine, c'est que c'est un pays complètement délabré. Et donc lorsque vous venez occuper les centres-villes ou la principale ville qu'on appelle Bangui, les gens se retirent ailleurs. La preuve, regardez à la frontière avec le Cameroun. Ce n'est pas nécessairement des acteurs venus pour gêner la sécurité du Cameroun qui attaquent les Camerounais ou les forces camerounaises ».

 

« C'est aussi des gens qui, éclaire-t-il, parce qu'ayant fui la capitale où donc il y a des risques d'être arrêté, lorsqu'ils ont déjà faim, ils cherchent où venir braquer comme n'importe quel bandit et attaquent. De la même manière que ça se passe à la frontière du Cameroun, ça se passe du côté des autres frontières du pays. Cela signifie donc que les gens sont cachés. Mais ça se passe aussi dans les brousses. »

 

Une comparaison est vite établie avec le Mali, autre ex- colonie française où l'intervention s'est limitée dans une région, le Nord, une zone de Sahel moins complexe que les forêts de la Centrafrique. « En Centrafrique, c'est tout le pays et il y a de vastes étendues de brousse. Donc, ça veut dire que le camouflage ici peut jouer un rôle déterminant et devenir une arme de destruction massive pour les forces qui sont venues restaurer au moins la sécurité en Centrafrique », juge le géostratège.

 

Dans une prescription de risques réels à prendre pour vaincre l'ennemi, Ntuda Ebodé préconise un partage de responsabilités entre les forces française et africaine. Chargées d'aider à un retour à la paix et la stabilité dans le pays, les deux missions, mentionne-t-il, jouissent d'une supériorité technologique favorable à des chances de réussite dans des délais raisonnables en cas évidemment de coordination des actions.

 

« Mais si on assiste, comme cela semble l'indiquer dès le début, à une situation où les forces françaises interviennent d'un côté et les forces africaines de l'autre, les forces françaises ne dé finissent pas clairement quelles sont leurs missions, les forces africaines non plus, je crains que ça dure et à terme on compte beaucoup de victimes qui tomberaient par incursions surprises des forces de la guérilla », prévient le chercheur.

Centrafrique : L'affrontement direct nécessaire pour les forces française et africaine pour réussir leur mission

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