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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 01:23

 

 

 

 

Centrafrique, Etat fantôme depuis 53 ans, cherche protecteur

 

 Vendredi 29 novembre 2013

 

La République centrafricaine n’en finit plus de plonger dans le chaos et dans l’indifférence générale. Enfin presque, la France, ancienne puissance coloniale, va lancer une opération militaire pour ramener l’ordre. Au grand soulagement des pays de la région

 

Et de trois, après les opérations militaires en Libye et au Mali, le gouvernement français a décidé d’envoyer des troupes en République Centrafricaine pour sécuriser «un Etat au bord du génocide», selon les termes de Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères. Des propos savamment pesés pour exprimer la volonté de l’ex-puissance coloniale d’agir sans attendre, relate Le Monde.

 

«Si la France se démêle comme un diable […] c’est parce que la psychose du génocide rwandais marque encore l’esprit», analyse l’hebdomadaire tchadien Alwihda . Une opinion partagée par le directeur de l’Iris, interrogé paraffaires-stratégiques.info : «la France est un peu victime de son succès au Mali puisque finalement on lui réclame à nouveau d’agir dans l’urgence.» Un empressement toutefois freiné par la diplomatie onusienne.

 

Huit mois pour échafauder une «action rapide et décisive»

 

En effet, la France a dû convaincre, huit mois durant, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’ils s’accordent sur la nécessité d’une «action rapide et décisive», rappelle Le Monde . Huit mois de palabres pour constater un lourd bilan prévisible: 4,6 millions de personnes affectées par une crise humanitaire sans précédent, dont un million en situation d’insécurité alimentaire, 400 000 déplacés et 68 000 autres réfugiés dans les Etats voisins.

 

Une razzia à l’échelle d’un pays

 

La chronique de ce désastre annoncé débute fin mars 2013: les rebelles de la Séléka (l’alliance en langue sango) prennent Bangui, la capitale, et renverse le président Bozizé, lâché par la France. Depuis, la rébellion s’est disloquée en une multitude de chefs de guerre locaux, régnant sur un quartier, une rue ou un bout de campagne. Cette «coalition de soldats, souvent étrangers, se livre à une gigantesque razzia à l’échelle d’un pays»explique Le Figaro . Viols, massacres, saccages, pillages sont désormais quotidiens.

 

Le président par intérim, Michel Djotodia, est l’ancien chef de la rébellion. Un président fantoche qui ne contrôle que Bangui; ailleurs, la haine et le brigandage règnent en maître. «Les anciens rebelles, musulmans en majorité, n’ont plus de limites», rapporte Le Nouvel Observateur . Une situation qui risque de se finir en guerre religieuse. Les persécutés, eux, n’hésitent pas à s’en prendre à la population musulmane après le départ des ex-rebelles.

 

Source : http://www.letemps.ch/Page/Uuid/7a09259e-58e9-11e3-9789-6ad49fff2c4d/Centrafrique_Etat_fant%C3%B4me_depuis_53_ans_recherche_protecteur#.UppfTsTuKSp

 

 

 

Ces hommes qui menacent de plonger la Centrafrique dans la guerre civile

 

Le Point.fr - 27/11/2013 à 11:57  

 

La Seleka, composée aussi bien de rebelles, de combattants que de bandits de grand chemin, sème l'horreur partout dans le pays.

 

La Centrafrique, où l'armée française s'apprête à intervenir pour rétablir l'ordre, vit depuis des mois un cauchemar entretenu par d'ex-rebelles devenus des bandits impitoyables dont les crimes à répétition menacent de faire basculer le pays dans une logique de guerre civile. "On peut parler d'une stratégie criminelle de ces groupes, mais il n'y a pas de coordination entre eux, pas de planification", a expliqué Jean-Marie Fardeau, de l'organisation Human Rights Watch (HRW) après avoir été reçu à Paris avec des représentants d'une quinzaine d'ONG, par le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius. "Les bandes armées en profitent pour se livrer à des razzias et à des massacres. Des villages sont brûlés, pillés. Les habitants sont tués ou sont en fuite dans la brousse", a rappelé Jean-Marie Fardeau.

 

Leur calvaire a commencé en mars lorsque la coalition rebelle Seleka dirigée par Michel Djotodia a renversé le régime du président François Bozizé. Agglomérat hétéroclite de rébellions, de groupes de combattants venus du Tchad et du Soudan voisins, la Seleka a reçu au fil de son avancée le "renfort" de bandits de grand chemin, les "coupeurs de route", puis de milliers de "ralliés de la dernière heure" lors de son entrée dans Bangui, le 24 mars. L'effondrement des dernières administrations encore opérationnelles dans un pays secoué par des crises à répétition et à l'abandon depuis des années a laissé libre cours au banditisme, entraînant une vague de pillages, de meurtres et de viols. Se revendiquant musulmans malgré leur comportement de soudards bien souvent ivres et "chanvrés", ils ont en quelques mois dressé des populations - dans un pays très majoritairement chrétien - les unes contre les autres, provoquant la création de milices d'autodéfense paysannes qui s'en pris à leur tour à des civils musulmans dans une logique de représailles.

 

Une grenade pour voler une mobylette

 

Du jamais-vu dans un pays où la question religieuse ne s'était jamais posée et où les populations vivaient mélangées dans les mêmes quartiers, les mêmes villages, chacun avec son "boutiquier" musulman. Même s'il existe de longue date des conflits traditionnels entre éleveurs nomades musulmans et paysans sédentaires chrétiens. "La crise n'est pas religieuse, c'est avant tout une crise économique et politique. La dimension religieuse n'est qu'une incidente", insistait dès septembre Mgr Nestor Désire Nongo Aziagbia, évêque de Bossangoa (250 km au nord-ouest de Bangui), épicentre des violences à caractère intercommunautaire.

 

Ces violences ont accentué la crise humanitaire chronique dans laquelle vit la Centrafrique depuis des années, sinon des décennies. Des régions entières sont en proie à "une prévalence incroyable de la malaria, à la malnutrition" et "la santé maternelle y est dramatique", a souligné le responsable de HRW. "Dans les derniers temps, et ce n'est pas dans la tradition centrafricaine (...), ces affrontements ont pris souvent un tour ethnique et religieux, alors que les autorités religieuses, catholiques ou musulmanes, sont au contraire très attachées à un fonctionnement harmonieux", a relevé Laurent Fabius .

 

"Les premières victimes chrétiennes sont des villageois qui n'ont rien demandé, et les victimes musulmanes sont souvent des commerçants ou des nomades qui n'ont rien à voir avec les Seleka", explique de son côté le chercheur français Roland Marchal. Ce caractère de criminalité de droit commun se fait de plus en plus sentir dans la capitale depuis début novembre avec des vols extrêmement violents commis par des hommes isolés : une grenade lancée dans la rue pour voler une mobylette "moto-taxi" ou encore une rafale de kalachnikov pour dépouiller une vendeuse dans la rue.

 

Source : http://www.lepoint.fr/monde/des-bandits-menacent-de-plonger-la-centrafrique-dans-la-guerre-civile-27-11-2013-1762315_24.php

Centrafrique, Etat fantôme depuis 53 ans, cherche protecteur

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