Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 21:43

 

 

 

 

 

 

Publié le 09-12-2013 à 15h37 - Mis à jour à 16h01

 

Par Sarah Diffalah

 

L'armée française a débuté la mission de désarmement des groupes armés. Une tâche qui s'annonce plus difficile que sur le papier.

 

Lundi 9 décembre, les soldats français entrent dans le vif du sujet de l'opération Sangaris. La mission prioritaire que leur a donnée le gouvernement est de désarmer au plus vite toutes les milices et les groupes armés qui terrorisent les populations. Déployés à Bangui, et au nord-ouest, vers Bossangoa et Bouar, les 1.600 militaires ont commencé le travail, tôt lundi matin. Des hommes de l'ancienne rébellion de la Seleka sont maîtrisés, voire arrêtés. Des fouilles sont opérées dans des maisons présumées appartenir aux anciens rebelles. Des munitions sont saisis. Pour mettre la main sur les stocks d'armes cachés, les Français sont aidés par les services de renseignements congolais, selon le site Afrikarabia.

 

Personne n'a le doit de porter des armes exceptés les soldats français : "Tout le monde pose les armes" ou bien "on utilise la force", a prévenu le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian. Dimanche, dans les rues de Bangui, les menaces avaient d'abord pris la forme de patrouilles très visibles, en véhicules blindés ou à pied, sur les boulevards et les carrefours stratégiques de la capitale, témoigne un journaliste de l'AFP.

 

L'Etat-major fait état d'une certaine tension dans la ville, bien que les combattants aient presque disparu des rues. Les autorités locales ont abondé dans le sens de Paris. Le président par intérim, Michel Djotodia, lui-même issu de l'ancienne rébellion qu'il avait officiellement dissoute, a demandé à ses combattants de regagner rapidement les casernes. Il a souligné que ceux qui entreront dans les casernes ne seront pas désarmés, mais ceux qu'il considère comme des éléments "incontrôlés" le seront. "S'ils n'obtempèrent pas, nous allons utiliser des moyens durs, forts", a-t-il menacé.

 

"Nous savions que nous pouvions aller sur quelque chose de très dur, je crois qu'en face ils l'ont compris et que les choses se passent plutôt bien", a déclaré le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron."Sur certains points, les groupes armés ont décroché et sont rentrés dans leurs casernes, sur d'autres, ils ont déposé les armes", a-t-il souligné.

 

Cependant la tâche s'annonce plus difficile sur le terrain que sur le papier. Le ministre des Affaires étrangères l'a reconnu lundi matin : "Ce n'est pas un travail facile mais nos militaires sont très, très professionnels et préparés." Des échanges de tirs ont éclaté en fin de matinée près de l'aéroport de Bangui, ont sont basés les militaires français.

 

La nébuleuse des groupes armés

 

Première difficulté : reconnaître les groupes armés. Si l'attention est largement focalisée sur les rebelles de l'ex-Seleka, les soldats français font face à différents mouvements. Il y a, donc, les anciens rebelles de la Seleka, originaires du nord, hétéroclites et en majorité musulmans. A l'origine, le mouvement est organisé autour de trois groupes l'UFDR (Union des forces démocratiques pour le rassemblement), dont l'actuel président de transition est le fondateur, la CPJP (Convention des patriotes pour la justice et la paix) et la CPSK (Convention démocratique du salut du Kodro).

 

Ces trois groupes armés opéraient dans le nord-est du pays, leur fief, un territoire toujours déconsidéré par les régimes politiques successifs. Ils se sont alliés en décembre 2012 et revendiquaient notamment le respect des accords de paix de 2008, signés à Libreville. Pour atteindre leur objectifs, ils sont parvenus à contrôler plus de la moitié du territoire et enfin Bangui. Parmi ses combattants, on pouvait trouver des hommes politiques dissidents, mais aussi des personnes à la tête de groupes liés au banditisme social, convaincus qu'il fallait faire tomber l'ancien président François Bozizé. Ce qui fût fait en mars 2013. Malgré leur prise de pouvoir, ils ont continué à terroriser ceux qu'ils considéraient comme des fidèles à l'ancien président.

 

Face à eux, se sont développées des milices de défense, les "anti-balakas", en majorité chrétiens, pour répondre à la violence de l'ex-Seleka. Pour la première fois ces derniers ont pénétré dans Bangui la semaine dernière, provoquant des tueries qui ont fait plusieurs centaines de morts au total dans les deux camps.

 

Enfin, une multitude d'autres groupes, bandits des grands chemins, coupeurs de route, mercenaires ont profité du désordre. 

 

Une Seleka difficlement contrôlable

 

Face à la puissance de feu des militaires français, ces groupes armés ne font pas le poids. D'autant qu'ils sont peu structurés et peu motorisés. Les affrontements directs seront a priori largement évité, mais ne sont pas exclus. Cependant, ces milices sont relativement bien armées, éparpillées, se fondent très vite dans la nature et seront difficiles à saisir. Concentrés à Bangui et sur les axes routiers, les soldats français ne pourront pas forcément avoir accès aux zones reculées. Laurent Fabius a lui aussi souligné que "la difficulté c'est que beaucoup d'ex-Séléka ont enlevé leur treillis et se sont mis en civil (...) et il est difficile de reconnaître les individus"

 

Impopulaire, critiqué, décrié, par François Hollande lui-même, le président par intérim Michel Djotodia ne peut pas être un appui utile pour ramener l'ordre. Il est débordé par ses propres troupes. La France a, depuis le début de la crise, traité directement avec le Premier ministre, Nicolas Tiangaye. Un homme se dégage et exerce une légère influence : Nourredine Adam, ancien ministre de la sécurité, considéré comme le chef politique de l'ex-rébellion.

 

Sarah Diffalah - Le Nouvel Observateur

 

CENTRAFRIQUE : Désarmer les milices, l'épineuse mission des soldats français

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com