Overblog
Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Sommaire

  • : centrafrique-presse
  • centrafrique-presse
  • : informations générales sur la république centrafricaine et l'Afrique centrale
  • Contact

Recherche

Liens

9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 14:14

 

 

 

 

http://www.45enord.ca   09/11/2013 à 0:0

 

«Armés et dangereux»: les rebelles de l’ex-Séléka, qui avaient chassé le président centrafricain Bozizé le printemps dernier, ne sont toujours pas rentrés «dans le rang» et multiplient violences et exactions.

 

Un enseignant a été tué le mois dernier par les forces de l’ex-Séléka, qui lui ont roulé dessus à plusieurs reprises avec un véhicule en raison de son soutien supposé à des milices adverses.

 

L’événement est survenu après que des milices d’autodéfense, connues sous le nom d’«anti-Balaka», ont attaqué et occupé Bouar, une ville située dans l’ouest du pays, près du Cameroun voisin. Cette attaque a déclenché des affrontements avec les forces issues de l’ex-Séléka, qui ont fait au moins 20 morts parmi les civils.

 

Au moins 10.000 personnes ont été déplacées par ces combats.

 

Loin de la normalisation, la RCA semble au bord d’un «cycle de violences incontrôlables», prévient l’ONU.

 

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a lancé vendredi 8 novembre une mise en garde contre le cycle d’attaques et de représailles violentes qui risque de faire plonger la République centrafricaine dans un nouveau conflit, rapporte le service d’information de l’ONU.

 

«Je suis profondément choquée par les meurtres et violations des droits de l’homme perpétrés en République centrafricaine», a déclaré la Haut Commissaire dans un communiqué de presse. «Ces incidents violents ont exacerbé les tensions entre les communautés et engendré des divisions confessionnelles. Ils pourraient déstabiliser encore davantage le pays.»

 

Mme Pillay a aussi déclaré que les rapports récents faisant état d’un massacre, principalement de femmes et d’enfants, dans un village près de Bouar, le 26 octobre, reflétaient le niveau de violence qui prévaut actuellement en RCA et le « manque absolu de considération pour la vie humaine » des combattants, en particulier les forces de l’ex-Séléka.

 

Des combats et violations des droits de l’homme ont également été observés dans d’autres parties du pays. À Bossangoa, une ville située elle aussi dans l’ouest du pays, les affrontements entre les deux groupes ont fait un nombre indéterminé de victimes depuis le mois de septembre et provoqué des déplacements de population à grande échelle.

 

Une équipe onusienne des droits de l’homme s’est récemment rendue sur place, où elle a reçu des informations faisant état de violations généralisées des droits de l’homme perpétrées par les deux parties, notamment des exécutions sommaires, des violences sexuelles ainsi que des cas d’arrestations et de détentions arbitraires.

 

Des centaines de civils, dont deux travailleurs humanitaires appartenant à l’ONG Aide à la Coopération Technique et au Développement (ACTED), auraient perdu la vie au cours des deux premières semaines de septembre.

 

«La population civile subit de plein fouet les conséquences de cette situation chaotique. Les civils sont clairement pris pour cible pour leur soutien supposé à un groupe ou pour leur appartenance religieuse», a dénoncé Navi Pillay. «Des villages entiers sont réduits en cendres et des pillages à grande échelle continuent, y compris du vol de bétail.»

 

Par ailleurs, la Haut-Commissaire a fait part de sa préoccupation devant les informations faisant état d’arrestations et de détentions illégales et de cas de tortures dans des centres de détention secrets à Bangui, la capitale centrafricaine.

 

«Il faut de toute urgence rétablir l’état de droit en RCA», a ajouté la Haut-Commissaire. «Si aucune action immédiate n’est entreprise, tant par les autorités que par la communauté internationale, il existe un risque réel de voir la situation dégénérer rapidement et inexorablement en un conflit ouvert, avec des répercussions terribles sur la population centrafricaine et pourrait le reste de la région.»

 

En outre, le Programme alimentaire mondial (PAM) a prévenu pour sa part le 8 novembre que 1,1 million de Centrafricains, soit près de 30% de la population vivant en dehors de la capitale Bangui, ne mangent pas à leur faim ou dépendent d’une aide alimentaire pour survivre.

 

Le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté jeudi 10 octobre une résolution prévoyant le déploiement éventuel dans plusieurs mois en République centrafricaine (RCA) de Casques bleus pour rétablir l’ordre dans le pays.

 

Fin octobre le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé l’envoi de 250 militaires pour protéger le personnel et les installations de l’ONU en République centrafricaine (RCA),

 

Dans un premier temps, ces 250 soldats, qui ne seront pas des Casques bleus, ont été déployés à Bangui. Au total, quelque 560 soldats pourraient être déployés, avec l’envoi d’autres hommes dans d’autres parties du pays.

 

La France quant à elle a déployé 450 hommes sur place pour sécuriser l’aéroport et protéger ses ressortissants, et a laissé entendre qu’elle pourrait porter, si nécessaire, cet effectif à 750 soldats.

 

Un conflit qui passe sous le radar

 

Pendant ce temps, les violences inter-religieuses ont chassé de leurs maisons environ 400.000 personnes.

 

«Des atrocités indescriptibles sont commises contre les civils par des groupes armés créant un climat de peur incroyable», affirmait déjà le mois dernier John Ging, le directeur des opérations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, mais les violences en Centrafrique passent en grande partie sous le rada médiatique.

Nalgré les appels de l’ONU et des humanitaires, le conflit en Centrafrique passe toutefois largement sous le radar.

 

Il y a deux mois déjà, Bruno Charbonneau, directeur de l’Observatoire sur les missions de paix et opérations humanitaires de la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM, écrivait sur 45eNord.ca «Entre les conflits au Mali et en Syrie, entre l’intervention militaire de la France dans le premier et l’hésitation des États-Unis dans le second, la crise humanitaire et sécuritaire en République centrafricaine (RCA) est plus ou moins passée inaperçue.»

 

Le professeur Charbonneau ajoutait: «Depuis le coup d’État, le gouvernement provisoire n’a démontré aucun réel pouvoir ou contrôle de la situation. Les rapports d’abus et de désordre se répètent et font craindre à certains la normalisation d’une situation sans État dans une région qui n’a nullement besoin d’une zone non gouvernée».

 

Il faut dire, comme le soulignait Bruno Charbonneau, que des six pays limitrophes à la République centrafricaine, quatre au moins (la RDC, le Soudan, le Soudan du Sud et le Tchad), sont eux-mêmes aux prises avec des conflits ou, tout au moins, des situations «de paix fragile».

 

Lu pour vous : RCA : armés et dangereux les rebelles de l’ex-Séléka sèment encore la terreur
Lu pour vous : RCA : armés et dangereux les rebelles de l’ex-Séléka sèment encore la terreur

Partager cet article

Centrafrique-Presse.com