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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 21:51

 

 

 

 

http://www.rue89.com

 

 

DÉCRYPTAGE  26/11/2013 à 15h46

 

 

Pierre Haski 

 

 

Pour la troisième fois cette année, François Hollande s’apprête à ordonner une intervention militaire à l’étranger. Après le Mali en janvier, la Syrie en septembre qui n’a finalement pas eu lieu pour les raisons que l’on connait, un millier de soldats français sont sur le point d’être envoyés en République centrafricaine.

 

François Hollande est donc solidement installé dans son rôle de Commandant en chef où on l’attendait le moins, faisant preuve de la détermination et de l’autorité dont l’opinion juge qu’elles lui font défaut dans les affaires nationales.

 

Au plus bas dans les sondages, le président ne peut attendre aucun « bénéfice » politique immédiat d’une telle opération militaire. Celle du Mali, globalement réussie même si les forces françaises sont contraintes de se maintenir plus longtemps que prévu, ne lui a apporté qu’une petite éclaircie d’image, mais n’a rien changé dans l’opinion.

 

Le retour de la France en Afrique

 


L’enjeu de cette intervention au cœur de l’Afrique est ailleurs : il est dans le « retour » de la France sur le continent noir, après des décennies d’ingérence(« Françafrique ») suivies d’une période de relative indifférence ou de profondes maladresses (« l’homme africain n’est pas entré dans l’histoire » - Sarkozy à Dakar en 2008).

 

Un choix stratégique visible sur le terrain militaire, mais pas seulement. Les 6 et 7 décembre, la France accueillera de nombreux chefs d’Etat africains pour un Sommet sur la sécurité, une invitation lancée par François Hollande au lendemain de l’opération au Mali, et qui tombera à pic avec les événements de Centrafrique.

 

Cela fait des années que l’idée d’une prise en charge par les Africains eux-mêmes de leurs enjeux de sécurité est discutée, sans que cela soit possible. Au Mali, l’armée française est intervenue en première ligne faute de capacités militaires africaines, un scénario qui se reproduit en Centrafrique.

 

La République centrafricaine, un non-Etat au cœur du continent, est en train de sombrer dans le chaos, entre rebelles et milices hors de contrôle et des dizaines de milliers d’habitants réfugiés dans les forêts, fuyant les massacres pour tomber dans la faim et la maladie. Les organisations humanitaires présentes, comme Médecins sans frontières ce mardi, appellent à l’aide.

 

Un « porte avions » au cœur de l’Afrique

 

La RCA n’a jamais réellement eu d’Etat depuis son accession à l’indépendance il y a un demi-siècle. La France n’a pas aidé, orchestrant les coups d’Etat comme les couronnements d’empereurs, pour protéger des bases militaires dans un pays considéré comme un « porte-avions » au centre de l’Afrique.

 

Cela a-t-il changé ? Il y a un an, le président centrafricain d’alors, François Bozize, arrivé au pouvoir par les armes, appelait la France au secours face à l’avance de la rébellion Seleka. François Hollande faisait la sourde oreille et les troupes françaises présentes à Bangui assistaient passivement à la victoire des rebelles et au pillage de la capitale, Bangui, quelques mois plus tard.

 

Un an après, la France s’apprête à intervenir, non pas pour soutenir un régime inexistant, mais pour stopper cette descente aux enfers, avant le renforcement espéré de la force africaine et onusienne. Elle va le faire de surcroit après le vote d’une résolution de l’ONU attendu dans les prochains jours (un feu vert dont elle était prête à se passer en Syrie, mais c’est un autre débat...).

 

Cette opération est à portée limitée – un millier d’hommes, six mois –, mais le pari français est hasardeux. Il part du principe que l’apparition de ces soldats européens calmera le jeu dans ce qui apparait plus comme des exactions de soudards incontrôlés que comme une véritable guerre. Cela reste à prouver...

 

Quant à la durée de l’opération, il faudrait un miracle pour que dans les six mois, les forces africaines soient prêts à prendre le relais et assurer à la Centrafrique la stabilité qui lui manque pour tenter de bâtir -enfin- un Etat digne de ce nom.

 

La France, un vague souvenir...

 

Pour l’heure, il y a urgence, même si l’emploi du mot « génocide » à Paris comme à New York crée un malaise : rien ne prouve, jusqu’ici, la volonté d’extermination d’un camp sur l’autre, qu’il soit ethnique ou religieux, comme ce fut le cas au Rwanda par exemple.

 

Si la France réussit cette mission centrafricaine, elle aura reconquis une bonne part de son influence singulièrement affaiblie sur le continent, se positionnement comme un partenaire indispensable là où elle risquait de devenir un vague souvenir...

 

Dans cette Afrique en devenir, qui a diversifié ses partenaires avec l’arrivée massive des Chinois, et l’intérêt accru des Etats-Unis, de l’Inde, du Brésil, etc., la France a tout à y gagner. A condition de ne pas retomber dans ses travers néo-coloniaux d’hier et encore un peu d’aujourd’hui : c’est peut-être le principal défi de François Hollande alors qu’il utilise le plus classique des outils d’influence, le para !

Lu pour vous : Pourquoi François Hollande envoie des troupes en Centrafrique

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