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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 21:54

 

 

 

 

 

http://www.lefigaro.fr  Tanguy Berthemet  26/11/2013 à 20:02

 

Le pays s'est enfoncée dans l'anarchie depuis le renversement en mars du président François Bozizé par Michel Djotodia, le chef de la coalition rebelle Séléka qu'il a depuis dissoute sans pour autant réussir à rétablir l'ordre.

 

La Centrafrique n'en finit plus de s'enfoncer dans le chaos. L'ex-colonie française est livrée aux bandes de pillards armés et le pouvoir ne parvient qu'à contrôler le centre de la capitale, et encore à grand peine. Rares sont ceux qui, en décembre dernier, avaient prévu l'ampleur de la catastrophe.

 

La Séléka («alliance» en sango, la langue locale), la nouvelle insurrection, était alors aux portes de Bangui. «C'était un mouvement totalement inconnu, surgi de nulle part, avec pour unique programme de renverser le président Bozizé», souligne un ancien premier ministre centrafricain. Cette rébellion est en fait la fusion de quatre groupes du nord du pays, notamment la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP) et l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR). Elle avait conquis la Centrafrique en quelques semaines, chassant les Faca, l'armée officielle. L'élan de la Séléka, qui compte alors moins de 2000 hommes, se brise sur la force africaine, la Micopax, venue pour tenter de stabiliser le pays. La France n'intervient pas, se contentant d'envoyer 400 hommes à l'aéroport.

 

«Il ne s'agit plus d'une rébellion venue pour installer un nouveau régime : elle n'a ni programme ni ligne politique»

 

Un diplomate

 

Le 24 mars, en dépit d'un accord de paix entre les partis signé à Libreville, la Séléka relance son offensive et s'empare de Bangui sans combattre. François Bozizé prend la fuite et Michel Djotodia, le chef de la Séléka, prend la place. La ville est livrée à un vaste pillage qui dure trois jours. Des voitures volées partent vers le nord chargées d'électroménager, d'argent et de vêtements. Une véritable curée. Car le mouvement à, entre-temps, considérablement changé. «La Séléka s'est renforcée en recrutant n'importe qui. Des petits voyous trouvés sur les routes, mais surtout des soldats de fortune soudanais et tchadiens attirés par le bruit des armes», analyse un militaire africain de haut rang. Chaque groupe vit en autonomie sous les ordres d'un général autoproclamé qui règne sur un quartier, une rue ou une petite ville de province. Au bilan, la Séléka, coalition hétéroclite qui demandait déjà du doigté pour être dirigée, se révèle totalement rétive à toute hiérarchie. «Il ne s'agit en fait plus d'une rébellion venue pour installer un nouveau régime: elle n'a ni programme ni ligne politique. C'est une coalition de soldats, souvent étrangers, qui se livre à une gigantesque razzia à l'échelle d'un pays», remarque un diplomate.

 

Totale incompréhension

Entre les populations terrorisées et les «libérateurs» de la Séléka, qui ne parlent ni français ni sango, l'incompréhension est totale et la haine solide. Dans cette ville chrétienne, comme 85 % des Centrafricains, elle se cristallise sur l'islam, la religion des rebelles. Rapidement, les civils musulmans, souvent des commerçants, sont accusés de complicité avec les «pillards» et traité «d'étrangers». «Ils ne sont pas d'ici», entend-on. Mgr Nzapalainga, l'archevêque de Bangui, n'hésite pas à parler «d'occupation» de son pays.

 

Michel Djotodia, conscient de la dérive, a bien tenté de réagir. En septembre, il a fait publier un décret pour dissoudre la Séléka. Avec quelques résultats. Mais les désarmements promis restent lettre morte. Ces dernières semaines, les exactions ont donc repris. Le premier ministre de transition, Nicolas Tiangaye, nommé sous la pression internationale, est tout aussi impuissant. Quant aux quelque 3000 soldats africains de la Micopax, ils ne peuvent que parer au plus pressé, notamment dans les campagnes

 

Car hors Bangui, la situation est totalement hors de contrôle, le pays livré au bon-vouloir de l'ex-Séléka. Des milices se sont créées, les anti-Balaka, pour officiellement lutter contre la Séléka. Mais en fait, ces villageois, munis d'armes artisanales, s'en sont pris essentiellement aux civils musulmans. Puis redoutant les vengeances, ont fui en brousse, avec femmes et enfants, laissant les villages déserts. «Nous sommes au bord d'une confrontation religieuse sanglante», constate-t-on alors à l'Élysée. C'est fort de cette crainte et de la certitude que ni le pouvoir de Michel Djotodia ni la bonne volonté des troupes africaines ne pourront sortir la Centrafrique de l'ornière que la France s'est décidée à intervenir.

Lu pour vous : La Centrafrique a basculé dans le brigandage et la haine

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